Expérimentation : anticiper la ressource en genêt pour protéger le littoral
Une expérimentation nécessaire
Face à l’intensification des érosions éoliennes liées aux tempêtes sur le littoral, le genêt constitue aujourd’hui un matériau essentiel de couverture végétale pour stabiliser les dunes. Or, cette ressource devient progressivement plus difficile à mobiliser : augmentation des besoins, contraintes d’exploitation forestière, éloignement des zones d’approvisionnement et évolution des pratiques sylvicoles.
Pour répondre à cet enjeu, l’ONF lance une expérimentation de "culture du genêt" dans le sud des Landes, à Lit-et-Mixe. Cette expérimentation est réalisée sur des parcelles affectées par l’armillaire, un champignon pathogène limitant la production de pin maritime. Elle permettra ainsi de valoriser des espaces forestiers peu propices à la sylviculture traditionnelle.
Deux méthodes testées
Deux méthodes seront comparées. La première, mise en œuvre en 2025, consiste à semer directement des graines de genêt sur une parcelle forestière. Après préparation du sol, les graines récoltées localement ont été semées puis légèrement enfouies afin de favoriser leur germination.
La seconde méthode, programmée en 2027, repose sur la coupe de branchages porteurs de graines matures qui seront ensuite étalés au sol selon différentes densités de couverture. Cette technique vise à reproduire naturellement les conditions de dissémination des graines, tout en évaluant l’impact de la densité de pose sur la levée des semis.
Avant / Après d'une parcelle concernée - de novembre 2025 à avril 2026
Des résultats encourageants
Un premier suivi de la reprise des semis de genêt a été réalisé en juin 2026, sur la base du protocole REGENAT : le nombre de genêts a été relevé dans une quarantaine de placettes de suivis d’environ 6 m². Les premiers résultats indiquent une bonne reprise des semis (densité élevée) malgré des disparités dans l’ensemble de la zone liées possiblement à divers facteurs (biais lors de l’opération de semis, conditions climatiques, dégâts liés à la faune…).
D’autres suivis sont prévus pour l’automne 2026 : la comparaison des deux relevés permettra d’affiner le taux de reprise du genêt mais aussi les effets de la pression exercée par la faune (sanglier et cervidés).
Enfin, les retours d’expériences des deux méthodes permettront de déterminer si l’une ou l’autre est plus efficaces (mise en place de placettes, comptages, suivi photo...). Un comparatif du temps passé et du coût sera également mené.
A suivre...