Débardage à cheval au Mont Noir : une technique douce pour préserver un milieu sensible

Le massif du Mont Noir (Flandres) a accueilli une opération de débardage à cheval orchestrée par l’ONF et le Département du Nord du 23 au 26 février 2026. Objectif : extraire le bois récemment coupé tout en préservant les sols, les paysages et la biodiversité de ce site très fréquenté.

Sur les hauteurs du Mont Noir, la topographie exigeante et la quasi‑absence de desserte forestière rendaient l’intervention d’engins mécaniques inadaptée. Le recours au débardage à cheval s’est donc imposé pour mener à bien l’extraction du bois dans les meilleures conditions environnementales.

Durant quatre jours, sept chevaux de trait – percherons, comtois, trait du Nord et bretons – ont œuvré sur un secteur pentu et boueux, au cœur d’un espace très fréquenté du massif. Cette technique ancestrale permet d’atteindre des zones inaccessibles aux engins tout en limitant fortement l’impact sur les sols et la végétation.

La prestation a été réalisée par la société SMDA (Soins modernes des arbres), à la demande du Département, propriétaire du site, et sous pilotage de l’ONF, gestionnaire du massif.

Préserver un milieu naturel fréquenté et sensible

©Jean Ayello / ONF

Le Mont Noir est géré en futaie irrégulière, une méthode qui maintient un équilibre entre les différentes classes d’âges et favorise la diversité des essences. L’intervention a porté principalement sur le châtaignier, essence dominante du secteur.

Cette coupe s’inscrit dans une logique de gestion durable visant à :

  • diversifier les essences présentes sur la parcelle ;
  • favoriser la bonne venue du chêne et du hêtre, plus minoritaires ;
  • limiter la progression du châtaignier, trop compétitif à cet endroit.

À terme, l’ouverture du couvert forestier offrira davantage de lumière au sentier menant à l’entrée principale du parc, pour le confort des usagers et la vitalité de la végétation.

Un savoir faire traditionnel au service de la gestion durable

Au-delà de l’intérêt écologique, l’opération contribue aussi à la valorisation des races de trait françaises et des métiers liés au débardage à cheval. Cette technique répond pleinement aux enjeux du Mont Noir : discrétion, précision dans les déplacements, respect du sol et du paysage.

Les bois façonnés seront ensuite évacués hors du massif. Une partie pourra être utilisée directement par le Département grâce à une scierie mobile prévue sur site, notamment pour fournir des piquets ou d’autres usages techniques.

Nous intervenons ici dans une logique de gestion de rattrapage : la parcelle n’avait pas été exploitée depuis longtemps. Le débardage à cheval était la solution la plus adaptée pour travailler dans ce milieu fragile, tout en préservant au maximum les sols. Cette opération permettra de redonner de la lumière et de favoriser la diversité des essences, notamment le Chêne et le Hêtre.

Jean Ayello, technicien forestier à l'ONF