Chasse à courre : bilan de l'expérimentation suite à l'installation en forêt domaniale de Dreux d'un rideau souple

Un dispositif BOMA - rideau souple destiné à éviter les débordements du gibier vers les zones habitées ou les routes lors des chasses à courre - a été expérimenté en forêt domaniale de Dreux, à la demande d'une société de vénerie et avec l'aval de l'Office français de la biodiversité (OFB) et de l'ONF.Le bilan a conduit l'ONF à ne pas renouveler l'expérience, le dispositif s'avérant peu compatible avec la diversité des usages de la forêt. Il a depuis été démonté.

Pourquoi cette expérimentation ?

L’équipage de vénerie qui chasse à courre en forêt de Dreux a proposé d’expérimenter un dispositif pour réduire les conflits de voisinage avec des riverains sur une partie du périmètre de la forêt où des difficultés avaient été constatées les années précédentes. L’ONF avait accepté cette expérimentation sur 15 journées de chasse après consultation et avis favorable de l’Office français de la biodiversité (OFB) et après avoir vérifié la légalité de ce test 

Éviter les débordements de grand gibier qui peuvent générer des risques pour les riverains et la circulation : telle est la raison qui a incité un équipage de vénerie à solliciter, en forêt de Dreux, la mise en place d’un dispositif de canalisation temporaire.

Validée sur le plan juridique par  puis autorisée à titre expérimental par l’ONF, cette démarche vise à orienter les déplacements des cerfs, chevreuils et sangliers afin de sécuriser les secteurs sensibles du massif, tout en préservant la libre circulation des animaux dans la forêt.

Comment ça marche ?

Concrètement, l’aménagement consiste en des rideaux souples totalisant 1 700 mètres linéaires, suspendus à un câble à 3 mètres de hauteur sur un axe précis de la forêt domaniale de Dreux. Le dispositif n’est déployé que les jours de chasse à courre – 20 journées entre le 15 novembre et le 31 mars – et est replié en fin de journée par les veneurs pour restituer le paysage forestier. Sa faible emprise (moins de 4 % du périmètre concerné) limite l’impact sur le milieu ; il est installé sur une portion restreinte le long de certains axes du massif.

L’avis de l’OFB

Selon l’avis d’expertise de l’OFB, ce rideau n’est ni un piège ni une fermeture de la forêt : il ne capture pas les animaux et n’entrave pas leur mobilité. Son rôle est strictement visuel et temporaire : canaliser les trajectoires pour écarter le gibier des routes et des habitations pendant les opérations.

Un dispositif strictement encadré

Sur le plan juridique, le dispositif mis en place est conforme à l’article L.372‑1 du Code de l’environnement, qui définit les modes et moyens de chasse autorisés. À ce titre, il relève d’un aménagement temporaire de gestion cynégétique et ne peut en aucun cas être assimilé à un piège au sens de la réglementation.

Un aménagement testé à titre expérimental

Le dispositif a été autorisé à titre expérimental, afin de mesurer objectivement ses effets sur la gestion des populations de grands ongulés, sur le comportement de la faune, mais aussi sur son acceptabilité sociale auprès des usagers et acteurs du territoire.

Cette évaluation s’appuiera sur plusieurs critères :

  • l’efficacité du dispositif au regard des objectifs fixés ;
  •  les impacts observés sur les déplacements et comportements des cervidés ;
  •  les retours des usagers et des différents acteurs de la forêt ;
  •  la compatibilité de l’installation avec les autres usages du massif forestier.

Les résultats attendus permettront d’alimenter la réflexion sur l’évolution des pratiques de gestion cynégétique en forêt domaniale.

Une expérimentation qui ne sera pas reconduite

À l'issue de cette saison d'expérimentation, un retour d’expérience a été réalisé. Au terme de ce bilan, l'ONF a décidé de ne pas reconduire le dispositif en forêt domaniale de Dreux. Cette décision repose sur une évaluation objective, qui constate l'efficacité technique du dispositif mais aussi sa faible compatibilité avec la pluralité des usages de la forêt et les attentes des usagers.

Nous nous étions engagés à tirer un bilan de cette expérimentation. Ce que nous avons fait à l’issue de la saison de chasse. Le dispositif montre des résultats intéressants sur le plan technique, mais il soulève des questions sur le partage des usages de la forêt. Le recours à la pose, même temporaire, d’une bâche, est perçue comme une forme d’artificialisation de la forêt qui n’est pas satisfaisante.

Christophe Poupat, directeur de l'ONF en Val de Loire

La chasse à courre, une pratique encadrée

La chasse à courre constitue l'un des modes de chasse traditionnels pratiqués en France et une pratique réglementée par le Code de l'environnement. Les équipages de vénerie opèrent dans le cadre des autorisations et des plans de chasse établis en concertation avec l'ONF pour la forêt domaniale.

L'ONF, garant de l'équilibre forestier

En tant que gestionnaire des forêts domaniales, l'ONF veille à la conciliation des différents usages de la forêt et au respect des réglementations en vigueur sur le domaine forestier. L'ONF assure un suivi de l’aménagement et de ses éventuels impacts sur le milieu forestier. Un dialogue est maintenu avec l’ensemble des usagers du massif forestier. Dans ce cadre, l’ONF a informé les élus locaux sur les objectifs de cette expérimentation.