Rameau de genévrier sous la pluie – ©Dominique Amon-Moreau / ONF

Réserve biologique dirigée de Baudelut

La réserve biologique dirigée (RBD) de Baudelut se trouve en forêt domaniale des Trois Pignons (77).

Localisation

  • forêt : forêt domaniale des Trois Pignons
  • commune : Arbonne-la-Forêt
  • département : Seine-et-Marne (77)
  • région : Ile-de-France

Identité

  • date de création : 06/01/1983
  • surface : 13,08 ha
  • catégorie UICN d'aire protégée : 4
  • code national INPN : FR2300049
  • code international Protected planet : 62763

Gestion

  • direction territoriale ONF : Seine-Nord
  • agence territoriale : Ile-de-France Est

La réserve biologique dirigée de Baudelut est la première RBD créée en 1983 dans la forêt domaniale des Trois Pignons.  Elle complète les sept RBD créées en 1953 en forêt domaniale de Fontainebleau. 

La création de la réserve de Baudelut a été motivée par la présence d’une population de Genévrier commun, dont certains individus seraient plus que centenaires. Ce type de milieu est le témoin d’anciennes activités pastorales, disparues du massif bellifontain à l’aube du XXe siècle.

La réserve est concernée par la vaste ZNIEFF de type 1 "Massif de Fontainebleau" qui englobe toute la forêt domaniale et à laquelle sont superposées une ZSC et une ZPS.

Le massif des Trois Pignons, qui forme une pointe à l’ouest du vaste ensemble forestier de Fontainebleau, est classé en site inscrit pour les paysages. Il fait partie du PNR du Gâtinais français. Les forêts domaniales de Fontainebleau, des Trois Pignons et de la Commanderie constituent la plus grande partie de l'aire centrale de la réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais, créée en 1998. Pour une protection maximale contre diverses pressions foncières, le massif a été classé en forêt de protection en 2002. Enfin, il a reçu le label Forêt d'Exception en 2012.

Histoire

Le site était occupé au XIIIe siècle par les Templiers, qui y avaient une commanderie : la maison de Baudelu, qui fut reprises par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem au XIVpuis tomba en désuétude.

Pratiquement en ruine, le domaine fut cédé en 1608 à Henri Clausse, chevalier, seigneur de Fleury et grand-maître des eaux et forêts. Il est resté attaché au château de Fleury jusqu’au XXe siècle.

Le maintien du site en un milieu ouvert a été dû aux activités pastorales, puis aux activités militaires aux XIXe et XXe siècles. 

Par la suite, la zone de la future réserve a fait l’objet d’un bail emphytéotique consenti à la Société des Amis de la Forêt de Fontainebleau. La propriété a ensuite été intégrée à la forêt domaniale des Trois Pignons, qui a été constituée par acquisitions au cours de la deuxième moitié du XXe siècle.

Géologie - Pédologie

La réserve se trouve dans la plaine de Baudelut, une "vallée sèche" (selon la terminologie en usage dans le massif de Fontainebleau) au pied d’une butte constituée essentiellement de sables et grès de Fontainebleau. La réserve elle-même a une topographie très plane et repose sur une assise de grèves calcaires, recouvertes par des limons des plateaux, constitués principalement de sables remaniés par le vent lors de la dernière période glaciaire.

Sur ce type de matériau, les sols sont acides et lessivés. Sur sables, les sols sont aérés, à faible réserve hydrique, également très pauvres en éléments nutritifs et présentent une forte tendance au phénomène de podzolisation. La présence du calcaire à quelque profondeur est parfois signalée par certaines espèces végétales (Erable champêtre, Troène...).

Milieux naturels

Sur la première carte d'état-major du début du XIXe siècle, le domaine de Baudelut apparaît en partie boisé (on peut donc considérer que la réserve est partiellement constituée de forêt ancienne), au milieu d'espaces déboisés de longue date pour l'agriculture. De nos jours, reconquis par les pins, bouleaux et autres feuillus, le site a majoritairement retrouvé un état boisé. Au milieu du XXe siècle, il était encore largement constitué de landes piquetées d'arbres et d'arbustes, dont les fameux genévriers. Mais aussi, jusque dans les années 1950 et le développement de la myxomatose, les milieux ouverts étaient entretenus par une population importante de lapins de garenne.

Ce sont les milieux ouverts ou semi-ouverts relictuels qui représentent l’enjeu de conservation principal du site. Ils forment une mosaïque d’habitats dont les plus importants sont :

  • les formations arbustives acidiphiles à Genévrier commun et Bourdaine (CB : 31.882 - N2000 : 5130)
  • les landes atlantiques sèches acidiphiles à Callune et Bruyère cendrée (31.224 - 4030).

Comme habitat forestier, on trouve la chênaie sessiliflore acidiphile, avec ses sylvofaciès ou phases dynamiques à Pin, Bouleau et Chêne pédonculé. Le Hêtre est également présent mais, entre contraintes stationnelles et changement climatique, il est douteux que la forêt puisse évoluer jusqu'à une hêtraie-chênaie.

Flore et fonge

L’intérêt floristique du site réside principalement dans la présence du Genévrier commun, et surtout dans la formation végétale originale que constitue cette junipéraie. La flore vasculaire, au demeurant, est plutôt commune. 101 espèces ont été trouvées lors d'une étude du Conservatoire botanique national du Bassin Parisien en 2015, dont aucune n'est protégée.

Cette même étude a recensé 37 espèces de bryophytes, communes et en grande partie liées au Genévrier, notamment aux vieux sujets dont les troncs sont porteurs de mousses.

Les lichens sont largement représentés, les champignons également avec 187 espèces trouvées lors d'un inventaire réalisé par le réseau Mycologie de l'ONF et la Société mycologique de France.

Faune

Les milieux ouverts, même s'ils sont devenus  minoritaires, sont propices à certains cortèges d'insectes. Ainsi, un inventaires des orthoptéroïdes (criquets et sauterelles, grillons, mantes) réalisé en 2015 et 2017 par l'Office pour les insectes et leur environnement (OPIE)  a mis en évidence 9 espèces. C'est peu en comparaison d'autres RBD du massif, où les milieux ouverts sont plus développés.

Dans les boisements, on a trouvé le Richard du Thuya et la Cétoine marbrée, coléoptères saproxyliques protégés au niveau régional.

Parmi les oiseaux, on a recensé l’Engoulevent d’Europe, la Fauvette pitchou, le Pic mar et le Pic noir, espèces inscrites à l’annexe 1 de la directive Oiseaux. Les deux premières sont typiques des landes, et les deux autres le sont des boisements.

Gestion

Avec l'abandon déjà ancien des pratiques pastorales et la disparition des lapins depuis plus d'un demi-siècle, la lande à Genévrier a progressivement été menacée de disparition, étant envahie par les arbres pionniers (Bouleau, Pin sylvestre, Peuplier tremble) qui ne sont plus contenus par l'herbivorie. Le Robinier faux acacia est également très envahissant par endroits. Autre espèce exotique envahissante (EEE), le Raisin d'Amérique est présent en sous-bois dans la chênaie. 

La réserve a fait l’objet d’opérations de gestion conservatoire depuis les années 1990, pour maintenir voire restaurer les milieux ouverts : coupe de pins et de bouleaux, arrachage de leurs semis, débroussaillage, travaux de dégagement des genévriers, plantation de jeunes sujets issus de graines récoltées sur le site par le Conservatoire botanique.

Ressources