MIG Dunes : l'ONF dresse le bilan de l'hiver 2025/2026
Dans le cadre de la convention-cadre, le ministère en charge des forêts a confié à l'ONF la Mission d'intérêt général de contrôle et de protection des dunes littorales du domaine forestier privé de l'Etat (MIG Dunes). Pour les équipes de l'ONF, il s'agit notamment de maitriser la dynamique éolienne par des travaux de génie écologique, et de préserver la biodiversité des habitats naturels par des actions de canalisation du public.
350 kilomètres de cordon dunaire
- 186 km sur le littorale aquitain ;
- 82 km en Poitou-Charentes ;
- 65 km en Pays de la Loire ;
- 15 km en Bretagne ;
- 2 km dans le Nord-Pas-de-Calais.
Les tempêtes de l’automne et hiver dernier ont fortement perturbé les dunes
A noter, dès l’automne, la tempête Benjamin le 23 octobre 2025, avec des vents forts sur l’ensemble de l’arc atlantique (150 km/h en Normandie et jusque dans les Landes), avec des houles de 8 mètres (pic à 14 m au Cap Ferret).
Puis des enchainements de tempêtes de plus faible intensité (Claudia en novembre, Emilia et Francis en décembre) débouchant sur la tempête majeure Goretti le 6 janvier 2026, avec des vents dépassant les 150 km/h en Manche et Bretagne, et des vagues de plus de 8 m.
Une nouvelle succession de tempêtes de plus faible intensité va fragiliser les plages (Ingrid, Joseph) avant une série majeure : d’abord Kristin fin janvier, qui impacte fortement la péninsule ibérique et génère des houles de plus de 7 m sur le golfe de Gascogne ; puis, début février, Leonardo qui apporte là encore des houles atlantiques de plus de 6 m ; et pour finir Nils, le 12 février, qui balaye les côtes atlantiques avec des houles de plus de 10 m et des vents de 130 à 160 km/h.
Heureusement que l’accalmie vient ensuite, sinon cet hiver aurait été le plus catastrophique enregistré, au delà de l’hiver de référence 2013-2014.
Ces évènements ont évidemment entrainé des déstabilisations généralisées des pieds de dune sur les secteurs atlantiques. Mais certains secteurs ont été plus fortement touchés et ont connu des reculs plus significatifs du trait de côte. Les érosions les plus marquées sont situées dans les Landes et en Gironde.
Maintenir et favoriser la formation des dunes domaniales
L'ONF s'appuie sur quatre techniques pour restaurer et préserver les dunes :
- Les couvertures qui combinent des branchages fins disposés manuellement (genêt, bruyère à balais...) et plus grossiers, mis en place mécaniquement (Pin maritime, Chêne vert...) afin de créer des conditions favorables à la végétalisation, notamment en limitant l’action du vent et en facilitant la germination des graines présentes.
- Les brise-vents qui sont des obstacles verticaux dont la hauteur et la perméabilité varient selon les besoins. Réalisés généralement en ganivelles de Châtaignier ou à partir de filets en fibres végétales, ils ont pour fonction de ralentir la vitesse du vent au niveau du sol, ce qui limite la déflation éolienne et encourage le dépôt du sable transporté.
- Les plantations donc limitées tant en surface qu’en diversité d’espèces. Sur les dunes régulièrement entretenues et peu soumises à la surfréquentation, la dynamique végétale naturelle suffit généralement à assurer une couverture végétale satisfaisante. L’Oyat est l’espèce la plus couramment utilisée pour la revégétalisation et la stabilisation des dunes, car est parfaitement adaptée aux milieux sableux littoraux grâce à sa forte résistance à l’ensablement.
- Les écrêtages : ils consistent à supprimer les buttes végétalisées résiduelles afin d’éviter les fortes turbulences dues au vent. Cette intervention permet au sable de se répartir de manière plus homogène et aérodynamique, contribuant ainsi à reconstituer le profil dunaire souhaité. Ces travaux sont souvent complétés par la mise en place de couvertures de branchages pour aider à la stabilisation des zones concernées.
En 2025/2026, l’ONF a mis en place :
de brise-vents pour piéger les sables et combler les siffle vents
de couvertures de branchages, pour fixer les sables
de plantations de végétaux, pour aider à la reprise végétale
de clôtures posées ou entretenues, pour canaliser le public vers les plages
d'écrêtages de corniches et remodelages localisés, pour redonner plus rapidement une forme aérodynamique à la dune
Ces techniques conservent et recréent des conditions favorables au développement de la végétation naturelle. C’est ce qu’on appelle la « gestion souple » : utiliser les processus naturels (vent, dynamique végétale) pour piéger le sable et accompagner la dune littorale dans son évolution, tout en maintenant une mosaïque d’habitats naturels.
Chaque année, en moyenne, 2 millions d'euros sont investis dans les travaux de gestion dunaire et leur pilotage.
©Jérémy Lempin / ONF
©Jérémy Lempin / ONF
©Loic Gouget / ONF
En plus de ces travaux dunaires, l’Etat demande à l’ONF de participer à la sensibilisation et l’information du public au sujet de la fragilité des dunes, et de coopérer avec les scientifiques pour améliorer la connaissance de la dynamique des cordons dunaires, tout en évaluant les risques littoraux.
Les dunes sont un réservoir de biodiversité que l'ONF étudie régulièrement pour mieux comprendre et protéger sa richesse et préserver les services écosystémiques qu’elle renferme (piège à sable, barrière sableuse jouant un rôle de réduction des aléas littoraux, paysages remarquables et attractivité touristique…).