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Les super-pouvoirs de la forêt

« La forêt n’a pas besoin de nous, laissez-la tranquille. » Cette idée revient parfois lorsqu’il est question de gestion forestière. La réalité est pourtant bien plus complexe. Dans cette vidéo, l’ONF et Marie Triebert invitent à nuancer ce regard. Car si la forêt n’a pas besoin de nous, nous les humains, sommes entièrement dépendants d’elle et des interactions entre les espèces qui l’habitent et fondent cet écosystème. Dans ce contexte, les forestiers apparaissent comme les gardiens de cet équilibre, chargés de l’accompagner et de le préserver.
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FAQ

La forêt peut-elle se passer de nous ?

Oui, elle peut exister sans nous, mais nous dépendons entièrement d’elle. Elle régule le climat en stockant le carbone, filtre et purifie l’eau, protège les sols et abrite une immense biodiversité. Fragilisée par les sécheresses, les incendies, les maladies et le réchauffement climatique, la forêt est aujourd’hui menacée et avec elle, notre équilibre.

Les forêts françaises sont-elles vraiment naturelles ?

Non, pas totalement. Les forêts françaises sont façonnées par l’homme depuis le Néolithique. Après une longue période de défrichements agricoles, d’exploitation du bois et d’urbanisation qui transforment progressivement les paysages, la notion de gestion durable émerge au Moyen Âge, avant de se structurer et de se généraliser à grande échelle au XIXᵉ siècle. Elles couvrent aujourd’hui environ un tiers du territoire et restent largement aménagées par l’homme.

Quels sont les super-pouvoirs de la forêt ?

La forêt remplit de nombreux rôles essentiels. Elle régule le climat, filtre l’eau, stocke le carbone et produit du bois. Elle rafraîchit l’air en période de chaleur, abrite une grande partie de la biodiversité et protège les sols contre les risques naturels.

  • L’air et le climat :

La forêt joue un rôle majeur dans la régulation du climat en captant le dioxyde de carbone et en stockant du carbone dans les arbres et les sols. Ce mécanisme, lié à la photosynthèse, est aujourd’hui fragilisé. Les épisodes de sécheresse, les maladies et la mortalité des arbres réduisent cette capacité, et certaines forêts deviennent même ponctuellement émettrices de CO₂. Cela montre à quel point leur état de santé influence directement l’équilibre climatique mondial.

  • L’eau et les ressources en eau potable :

Quand il pleut en forêt, l’eau traverse la canopée, les mousses et les sols riches en matière organique. Ce cheminement lent agit comme un filtre naturel qui retient les particules, purifie l’eau et régule les écoulements. Il permet aussi la recharge des nappes phréatiques. En France, environ un tiers de l’eau potable provient des zones forestières, ce qui en fait un acteur discret mais essentiel de notre quotidien.

  • Le climat local et les vagues de chaleur :

En période de forte chaleur, la forêt agit comme un régulateur naturel. Les arbres créent de l’ombre, libèrent de l’humidité et rafraîchissent l’air grâce à l’évapotranspiration. Ce phénomène peut faire baisser localement la température de plusieurs degrés et offre des zones de fraîcheur de plus en plus précieuses face aux épisodes de canicule.

  • La biodiversité :

La forêt abrite près de 80 % de la biodiversité terrestre. Mais cette richesse ne se limite pas aux arbres visibles. Elle repose aussi sur un monde invisible composé de champignons, bactéries, insectes et micro-organismes présents dans les sols. Cet ensemble fonctionne comme un réseau d’interactions où chaque espèce joue un rôle. Quand cet équilibre se fragilise, c’est tout l’écosystème qui est touché, avec des conséquences directes sur la fertilité des sols, l’agriculture et notre alimentation.

  • La protection contre les risques naturels :

La forêt joue aussi un rôle de protection. En montagne, elle limite les éboulements et stabilise les sols. Sur le littoral, elle fixe les dunes et freine l’érosion. Dans certains territoires, elle a également permis d’assainir des zones humides et de réduire certains risques sanitaires. Elle agit ainsi comme une infrastructure naturelle de protection des territoires.

  • Le bois et la décarbonation :

La forêt permet également l’accès au bois, une ressource naturelle et renouvelable essentielle utilisée dans la construction, l’ameublement et la production d’énergie. Ce matériau peut se substituer à des alternatives plus émettrices de CO₂ et contribuer à la décarbonation de certains secteurs. Il participe aussi au stockage du carbone tout au long de son cycle de vie.

Pourquoi couper des arbres si la forêt est si importante ?

Dans les forêts françaises, la coupe d’arbres ne signifie pas destruction, mais gestion. En forêt publique, des arbres arrivés à un niveau de maturité sont récoltés pour favoriser la croissance des plus jeunes, diversifier les essences et adapter la forêt au climat futur. Une fois récolté et transformé (construction, charpente, mobilier), le bois continue de stocker ce carbone et se substitue à des matériaux plus émetteurs. Chaque intervention s’inscrit dans un plan de gestion établi pour environ vingt ans, qui fixe les objectifs en matière de production de bois, de biodiversité, d’accueil du public et de protection des sols et de l’eau.

Pourquoi le changement climatique est-il un défi pour les forêts ?

Le changement climatique est un défi majeur car il évolue très vite et les arbres n’ont pas la capacité de s’adapter naturellement à ces changements brutaux. En un siècle, la température a déjà augmenté de +1,5 °C, et jusqu’à +4 °C sont possibles d’ici 2100. En France, plus de 670 000 hectares de forêts sont touchés, avec une mortalité des arbres en hausse, des parasites et de maladies (scolytes…) qui prolifèrent et des aléas climatiques plus destructeurs. Les conséquences dépassent la vie seule des forêts : quand elles souffrent, elles stockent moins de carbone, en relâchent désormais parfois, filtrent moins bien l’eau et abritent moins de biodiversité. C’est un déséquilibre global qui s’installe qui a des conséquences directes sur nos vies.

Quel est le rôle des forestiers de l’ONF ?

Les forestiers de l’ONF accompagnent le vivant et guident l’évolution des forêts. Ils choisissent les arbres à récolter, ceux à conserver et favorisent la diversité des essences et des structures. Ils veillent aussi à la biodiversité et au bon équilibre des écosytèmes. Face au changement climatique, ils agissent pour limiter les effets de la sécheresse, des maladies et du dépérissement des arbres. Leur travail s’inscrit dans le long terme, les décisions d’aujourd’hui auront des effets dans plusieurs décennies, parfois un siècle. Les forêts de demain dépendent des choix faits maintenant.