Vers des espaces de dialogue adaptés pour tisser le lien forêt-société
L’Ile-de-France, une région forestière ? Si elle n’en a pas l’identité, ni la réputation, 23% de sa superficie est pourtant couverte par la forêt, soit presque autant que la moyenne nationale qui s’établit à 26%. Ces chiffres sont également ceux de la Seine-et-Marne.
Les forêts publiques présentent en Ile-de-France une fréquentation hétérogène depuis la forêt de Fontainebleau à la renommée internationale, jusqu’à la forêt de Notre-Dame, poumon vert enclavé au sein de l’urbanisation de la petite couronne et des forêts plus rurales. Dans un contexte de changement climatique, les attentes envers la forêt augmentent, que ce soit de la part des élus, des associations ou simplement des usagers. Le dialogue forêt-société prend alors toute sa place, quel que soit le propriétaire ou le gestionnaire.
C’est pourquoi l’Office national des forêts (ONF), Ile-de-France nature, le Centre national de la propriété forestière (CNPF) d’Ile-de-France, Fibois Ile-de-France, le Département de Seine-et-Marne, les Collectivités forestières d’Ile-de-France, la Fédération départementale des chasseurs de Seine-et-Marne et Seine-et-Marne environnement ont souhaité s’allier au sein d’un consortium pour travailler sur cette question.
Ce projet a été financé et soutenu par le ministère chargé de l’agriculture et le ministère chargé de l'écologie dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt qui a suivi les assises de la forêt et du bois de 2022. Ce projet a également reçu l'appui financier d'Ile-de-France Nature.
Cette étude, réalisée entre janvier 2024 et juillet 2025, vise à étudier l’opportunité ou non de mettre en place des instances de concertation sur les forêts du nord et de l’est de la Seine-et-Marne, qu’il s’agisse de forêts publiques ou privées.
Des ateliers concrets sur le terrain
Une forêt, mille regards : comprendre pour mieux concerter
L’objectif de cette étude est de préciser les conditions dans lesquelles la concertation doit être engagée, d’identifier les interlocuteurs clés, et de définir les méthodes et les cadres adaptés pour un dialogue efficace.
Un des enjeux majeurs est de mieux connaître les différents usagers de la forêt et leurs attentes. Bien que très divers, ces acteurs partagent un attachement fort à la forêt. Chacun l’observe à travers son propre prisme, défendant une vision parfois perçue comme incompatible avec celle des autres.
Accompagner le dialogue avec l’aide d’outils pratiques et applicables
Dans le cadre de l’étude menée sur le dialogue forêt-société, deux expérimentations ont été développées pour tester de nouvelles approches de concertation adaptées aux réalités des territoires forestiers. La première, intitulée boussole du dialogue, propose une démarche outillée permettant de réaliser un état des lieux régulier des relations et des usages dans les massifs, d’anticiper les événements marquants à venir en partageant leur lecture avec les acteurs clés du territoire, et de construire une feuille de route des actions à mener. Cette feuille de route intègre des actions ponctuelles, des dispositifs récurrents ou encore un soin porté aux relations partenariales, en s’appuyant sur les ressources déjà existantes.
La seconde expérimentation porte sur la refonte des comités usagers. Elle vise à concevoir un format de dialogue plus engageant avec les parties prenantes d’un massif, en croisant les regards sur l’état actuel et futur de la forêt, en favorisant l’engagement actif des acteurs et en identifiant des actions collectives à mener. L’objectif est de dépasser les formats descendants pour créer une dynamique autour de la gestion forestière.
Le dialogue forêt-société repose sur la capacité à créer un espace d’échange où les points de vue peuvent se confronter de manière constructive. Il permet de transformer les divergences en opportunités de compréhension mutuelle, afin de co-construire un programme d’actions partagé.
Après une phase d’immersion et l’organisation de plusieurs ateliers dans différents massifs forestiers de l’étude, la phase de conception a permis de déterminer qu’il n’existe pas une forme d’instance de concertation mais de multiples formes de dialogue quand cela est nécessaire. Chaque forêt ayant sa propre identité, cela nécessite d’adapter le dialogue forêt-société à chaque contexte, en fonction des enjeux et de l’implication des acteurs.