Réserve biologique intégrale des Buronnières
La réserve biologique intégrale des Buronnières se trouve dans la région naturelle de la Brie, à une trentaine de kilomètres à l'est de Paris, dans une forêt acquise par la Région Ile-de-France au début des années 1970.
L'ensemble de la forêt de Ferrières fait partie de la ZNIEFF de type 2 "Forêts d’Armainvilliers et de Ferrières".
©Dominique Amon-Moreau / ONF
Histoire
Le nom de la forêt de Ferrières rappelle les nombreuses forges de fer qui existaient au Moyen-Âge.
Jadis propriété de communautés religieuses puis de la famille de Rothschild, la forêt de Ferrières est devenue forêt régionale en 1973.
Du fait de l'historique particulier de gestion de la forêt, utilisée pour les forges puis comme territoire de chasse dans lequel la fonction de production de bois était devenue très secondaire, les peuplements forestiers de la réserve se présentent principalement sous la forme de taillis sous futaie vieilli à gros ou très gros bois de chênes accompagnés de Hêtre et de feuillus divers.
©Nicolas Drapier / ONF
Géologie - Pédologie
La RBI des Buronnières repose sur des formations géologiques datant du tertiaire (Oligocène) qui constituent le plateau de Brie. Elles sont recouvertes de formations superficielles dites "limons de plateau" qui sont des dépôts hétérogènes d’argiles, de limons éoliens et de sables quartzeux, avec des concrétions calcaires. Au nord-est de la réserve, ces formations recouvrent les sables de Fontainebleau.
©Dominique Amon-Moreau / ONF
Milieux naturels
Les habitats naturels de la RBI des Buronnières sont presque entièrement forestiers.
La réserve est constituée aux trois quarts, sur les sols les mieux drainés naturellement, par une hêtraie-chênaie neutrophile à Mélique uniflore (CB 41.131 - N2000 : 9130). La strate arborescente y est dominée par le Chêne sessile et le Hêtre puis le Bouleau, le Tremble et le Charme.
En situation plus humide, la forêt est composée d'une chênaie pédonculée-frênaie-charmaie neutrophile à Primevère élevée (41.23 - 9160) ; la physionomie est celle d'un peuplement de gros à très gros bois de Chêne pédonculé, de Frêne ou d’Aulne glutineux.
Les berges du ru des Buronnières sont occupées par un étroit liseré d'aulnaie-frênaie à Laîche espacée (44.31 - 91E0) ; l’Aulne y domine.
La quantité de bois mort au sol, essentielle pour la biodiversité forestière, a été estimée à 29 m3/ha, ce qui représente un volume déjà conséquent et appelé à se développer.
Il existe également trois mares, d’origine anthropique. Il pourrait s'agir d'anciennes cressonnières.
©Nicolas Drapier / ONF
©Dominique Amon-Moreau / ONF
©Nicolas Drapier / ONF
©Nicolas Drapier / ONF
Flore
68 espèces de la flore vasculaire indigène ont été recensées dans la RBI. Il s'agit essentiellement d'espèces communes, typique des habitats forestiers présents.
C’est au printemps que la flore du sous-bois s’exprime le plus, avec la floraison de la Jacinthe des bois, du Bugle rampant, de l'Ail des ours, de la Primevère élevée...
une espèce commune typique de la chênaie pédonculée
©Dominique Amon-Moreau / ONFFaune
La RBI des Buronnières est riche de plus de 180 espèces de coléoptères saproxyliques, dont 46 considérées comme remarquables, ce qui lui confère un niveau d'intérêt régional à national. Parmi ces espèces très discrètes figure notamment Dermestoides sanguinicollis, qui se développe dans les chênes morts sur pied ou tombés au sol, notamment ceux attaqués par le Grand capricorne (Cerambyx cerdo).
Avec sa richesse en gros et vieux arbres, la réserve héberge également de nombreux oiseaux cavicoles, parmi lesquelles trois espèces de pics dont le Pic mar et le Pic noir (DO1), le Rouge-queue à front blanc, le Gobemouche gris et le Pigeon colombin.
©H. Bouyon / INPN
Gestion
Les peuplements forestiers et l'ensemble de la RBI (mares comprises) sont laissés en libre évolution. Seules des actions de sécurisation des peuplements sont conduites au niveau des chemins et routes qui longent la réserve.
L'accès à l'intérieur de la réserve est interdit, principalement pour des raisons de sécurité du fait de l'abondance d'arbres morts et du risque de chute de branches. Une signalétique a été mise en place en bordure.
En dehors des actions de sécurisation, importantes dans le contexte d'un massif fréquenté, la gestion de la RBI consiste essentiellement en études : suivi des peuplements forestiers, inventaires naturalistes.
La chasse au petit gibier est interdite mais la régulation des ongulés est maintenue, en l'absence de prédateurs naturels. Quelques chemins en terrain naturel sont conservés pour ce motif, les autres sont abandonnés.
©Nicolas Drapier / ONF