Réserve biologique intégrale du Pas de la Lauze, du ruisseau du Vialais et du ravin de Cadiol
Alerte : Canicule : risque d'incendie très sévère
Les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse sont en vigilance rouge avec un risque de feux de forêt et de végétation très élevé. - En savoir plus
La réserve biologique intégrale du Pas de la Lauze, du ruisseau du Vialais et du ravin de Cadiol se trouve au nord du département de l’Hérault, en bordure nord-est du massif de l’Espinouse, entre les Cévennes et la Montagne Noire.
La réserve est composée de trois sites :
- Le Pas de la Lauze constitue de loin le principal en termes de superficie (187,98 ha). Il comprend les versants de la vallée descendant vers le nord entre le Plo de Flamboyau et le Plo des Brus. Largement ouvert dans ses parties supérieures, le site s’encaisse de plus en plus entre les versants à mesure que l’altitude s’abaisse (de 940 à 580 m), pour se terminer vers l’aval en une gorge rarement ensoleillée.
- Le site du ruisseau de Vialais (3,33 ha) et celui du ravin de Cadiol (1,92 ha) sont deux petits satellites du Pas de la Lauze. Le premier correspond à un un petit tronçon boisé encaissé le long du ruisseau du même nom ; le second est situé dans une gorge étroite et profonde en bordure du plateau du Caroux, très difficile d’accès et donc épargné de longue date par les coupes.
La réserve fait partie du PNR du Haut-Languedoc. Elle est englobée dans la ZNIEFF de type 2 "Massif de l’Espinouse" et dans une ZICO. Le ruisseau du Vialais et le ravin de Cadiol sont par ailleurs concernés par la ZNIEFF de type 2 "Gorges d’Héric". Le Pas de la Lauze et le site du Vialais sont inclus dans le périmètre de la RNCFS du Caroux-Espinouse, ainsi que dans deux sites Natura 2000 (ZSC et ZPS). Enfin, le ravin de Cadiol fait partie du site classé "Massif du Caroux et gorges d’Héric".
©Nicolas Drapier / ONF
©Fabien Robert / ONF
Histoire
Avant la création de la RBI, ses trois sites faisaient partie d'une plus vaste réserve biologique dirigée (RBD) dite de l'Espinouse, créée en 1994. Il s'agit d'une réserve multi-sites et aux enjeux très variés puisque comportant quatre autres tènements composé de tourbières, de landes ou de forêts. Par la suite, il est apparu opportun d’individualiser le site du Pas de la Lauze en une RBI, agrandie par la même occasion. Les deux petits sites forestiers du ruisseau du Vialais et du ravin de Cadiol, également préexistants dans la réserve d'origine, ont été ajoutés à ce projet.
Jusqu'au milieu du XIXe siècle, les défrichements pour les cultures et le pastoralisme n'avaient laissé que des lambeaux de la couverture forestière originelle du massif de l'Espinouse. La forêt avait surtout été conservée sur des versants difficilement valorisables pour l'agriculture, à la différence des fonds de vallée et des plateaux sommitaux. Elle avait quand même été abondamment exploitée, en particulier pour la production de charbon de bois, activité dont le Pas de la Lauze conserve de traces (discrètes plateformes autrefois occupées par les charbonnières). Ainsi, les actuelles hêtraies de l'Espinouse restent souvent marquées par le traitement passé en taillis, celle du Pas de la Lauze mêlant futaie sur souche et arbres de franc-pied. Le peuplement, en tout cas, y est en grande partie inexploité depuis la fin du XIXe siècle et y a fortement gagné en maturité écologique et en naturalité.
Géologie - Pédologie
Il y a 280 millions d’années, à l'ère Primaire (Stéphanien), se sont formés le double dôme du Caroux et de l'Espinouse, ainsi que le synclinal de Rosis, avec la mise en place de gneiss et de granites. La zone du Pas de la Lauze est constituée de ces roches métamorphiques et granitiques.
Les types de sols les plus fréquents sous la forêt sont des sols brunifiés, le plus souvent acides et pauvres. Relativement profonds, ils deviennent squelettiques sur les pentes rocheuses.
Milieux naturels
La réserve est comprise dans les étages de végétation montagnard et supraméditerranéen.
Plus de la moitié du site du Pas de la Lauze est couverte par une hêtraie acidiphile atlantique (CB : 41.12 – N2000 : 9120), avec une abondance de grands et vieux arbres. Le ravin de Cadiol comporte aussi une hêtraie, et la Vialais un boisement de bas de versant et de bord de ruisseau.
La végétation des falaises (62.26 – 8220) occupe une surface conséquente au Pas de la Lauze et apporte une diversité supplémentaire à la réserve, de même que les landes acidiphiles montagnardes à Callune et Bruyère cendrée (31.2 – 4030), les landes montagnardes primaires à Genêt purgatif (31.8421 – 5120) et les pelouses à Nard raide (35.1 – 6230).
©Olivier Vinet / ONF
©Olivier Vinet / ONF
©Nicolas Drapier / ONF
©Nicolas Drapier / ONF
©Nicolas Drapier / ONF
Flore et fonge
La flore vasculaire de la réserve ne présente pas d'espèces remarquables, elle est surtout représentative de la diversité des habitats naturels présents.
Les bryophytes, lichens et champignons restent à étudier et pourraient davantage révéler la présence d’espèces rares, notamment en lien avec les vieux peuplements forestiers.
Faune
Dans les vieux peuplements forestiers, la quantité et la diversité des dendromicrohabitats (cavités, écorces décollées...) bénéficient à un cortège très varié d’espèces forestières. Cela se traduit notamment par de nombreuses espèces de coléoptères saproxyliques, dont la Rosalie des Alpes (PN, DH2 et 4).
Le Pic noir est présent dans les vieilles futaies. La quiétude du site du Pas de la Lauze, les parois rocheuses ou certains arbres, sont propices à la nidification de rapaces tels que l'Aigle royal, le Faucon pèlerin, le Circaète Jean-le-Blanc… Ces espèces sont protégées et inscrites à l'annexe 1 de la directive Oiseaux.
La site du ruisseau du Vialais, bien que fortement encaissé, présente des milieux propices à la chasse pour certaines espèces de chiroptères telles que la Barbastelle d’Europe, le Minioptère de Schreibers, le Murin à oreilles échancrées, ainsi que le Petit rhinolophe et le Grand rhinolophe (PN, DH 2 et 4).
©Sébastien Laguet / ONF
©Jean-Claude Auria / ONF
Gestion
L'objectif de la RBI du Pas de la Lauze, du ruisseau du Vialais et du ravin de Cadiol est la libre expression des processus d'évolution naturelle d'un complexe d'habitats représentatif des forêts du Haut-Languedoc, à des fins d'accroissement et de préservation de la naturalité forestière et de la diversité biologique associée. Les milieux ouverts (landes, pelouses) sont placés en libre évolution de la même façon que les habitats forestiers.
Le développement des connaissances scientifiques est l'autre objectif principal de la réserve, dans un contexte de confrontation d'une hêtraie méridionale au changement climatique. Plusieurs études ont déjà été réalisées par les réseaux naturalistes de l'ONF, notamment pour caractériser et cartographier les habitats naturels, inventorier les chiroptères et les coléoptères saproxyliques.
Les interventions humaines sont interdites, à l’exception principalement de la régulation des populations d’ongulés par la chasse, d'actions de défense des forêts contre les incendies et d’élimination d'éventuelles espèces non autochtones. Si le ravin du Vialais est emprunté par un sentier pédestre balisé imposant de sécuriser ses abords, de même que la route départementale passant en limite supérieure du pas de la Lauze, il et en revanche exclu d'ouvrir d'autres itinéraires dans la réserve. Actions de gestion de la réserve exceptées, la circulation dans les peuplements est d'ailleurs interdite par le règlement de la RNCFS.