Réserve biologique dirigée du Mont Merle
La réserve du Mont Merle fait partie des sept premières réserves biologiques dirigées créées dès 1953 en forêt domaniale de Fontainebleau.
Elle est concernée par la vaste ZNIEFF de type 1 "Massif de Fontainebleau" qui englobe toute la forêt domaniale et à laquelle sont superposées au titre de Natura 2000 une ZSC et une ZPS.
Depuis 1965, la forêt de Fontainebleau est un site classé au titre de la loi sur les sites et paysages de 1930. Les forêts domaniales de Fontainebleau, des Trois Pignons et de la Commanderie constituent la plus grande partie de la zone centrale de la réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais, créée en 1998. Pour une protection maximale contre diverses pressions foncières, le massif a été classé en forêt de protection en 2002. Enfin, il a reçu le label Forêt d'Exception en 2012.
La RBD du Mont Merle est en cours d'extension pour porter sa surface à plus de 130 ha.
Histoire
La réserve biologique du Mont Merle, comme sa voisine du Petit Mont Chauvet, a été marquée par le passé militaire de la ville de Fontainebleau et de cette partie de la forêt domaniale. En 1855, un champ de tir à la cible a été créé en limite nord-ouest (à l'extérieur) de la future réserve. En 1905, le terrain militaire a été étendu pour englober tout le Mont Merle, jusqu'au Rocher Fourceau inclus au sud et jusqu'à l'emprise du viaduc souterrain de la Vanne au nord. Le terrain militaire, tout en restant partie intégrante de la forêt domaniale - et incluant la RBD au passage - n'a été supprimé qu'à la fin du XXe siècle.
Cette péripétie historique mise à part, le site de la réserve biologique a connu un état boisé continu depuis plus de deux siècles et peut donc être considéré comme de la forêt ancienne.
Géologie - Pédologie
Le Mont Merle, comme d'autres "monts" du massif de Fontainebleau dont l'étendue va de la colline (Mont Morillon) à un plus ou moins vaste plateau (Monts de Fay), a son dessus aplati qui est constitué de calcaire d'Etampes (du Stampien supérieur). Celui-ci surmonte le grès de Fontainebleau, qui affleure en rebord de plateau et surmonte lui-même le sable de Fontainebleau (tous deux du Stampien moyen). Le sable forme les versants qui descendent jusqu'aux fonds plats qui sont recouverts de limons éoliens (qu'on peut aussi trouver sur les monts, soufflés par-dessus le calcaire) ou de grèze, cailloutis calcaire mélangé de sable. Les versants peuvent être recouverts de chaos de blocs forés par l'écroulement de la platière.
Située à l'extrémité sud-ouest du Mont Merle, la RBD reprend ce schéma classique, à l'exception de l'absence d'affleurement d'une platière et donc aussi des blocs sur le versant. De fait, c'est le calcaire qui marque principalement les sols et la flore de la réserve, d'autant plus qu'il est combiné à une exposition au sud.
Sur calcaire affleurant ou épandu sur le haut du versant, les sols peuvent être carbonatés dès la surface. Sur sables, ils sont plus acides.
©ONF
©Dominique Amon-Moreau / ONF
Milieux naturels
Le site du Mont Merle présente un intérêt particulier car il héberge des habitats calcicoles mésoxérophiles et xérophiles plutôt rares en Île-de-France et même au sein du massif de Fontainebleau .
Ainsi, la réserve présente un intérêt par la présence de chênaie pubescente (CB : 41.71), le Chêne pubescent étant une essence méridionale qui est rare dans le nord de la France. Le bord du plateau est occupé par une hêtraie calcicole mésoxérophile (41.16 - 9150) qui est dépérissante (mais y gagne en intérêt pour certains cortèges d'espèces). Le Pin sylvestre et plus ou moins mêlé à ces feuillus.
Le versant exposé au sud présente des pelouses calcicoles (34.3 - 6210) mais qui sont très envahies par des graminées sociales "banalisantes" (Brachypode) ; seules quelques tâches de pelouses ouvertes et intéressantes demeurent.
à sous-bois de végétation herbacée calcicole
©Dominique Amon-Moreau / ONF©Dominique Amon-Moreau / ONF
Flore
La réserve biologique du Mont Merle abrite un cortège intéressant d'espèces rares et protégées au niveau régional, liées aux milieux calcaires ou sablo-calcaires : Aspérule des teinturiers, Céphalanthère pourpre, Hélianthème en ombelle, Trinie glauque, Potentille des montagnes...
En revanche, la station de Sabline à grande fleur, principale raison du classement en RBD en 1953, est éteinte depuis 2006. La réintroduction de cette espèce par le Conservatoire botanique national du Bassin parisien n’a pas abouti, la dynamique des graminées étant apparemment trop forte.
©Dominique Amon-Moreau / ONF
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Faune
L’imbrication des pelouses, landes et prés bois thermophiles offre des habitats de choix notamment pour l’avifaune et les insectes.
Pour les insectes, les principales raretés sont inventoriées chez les orthoptères : Ephippigère des vignes, Œdipode turquoise, Gomphocère tacheté. On trouve aussi des espèces patrimoniales chez les lépidoptères : Petite Violette, Hespérie Echiquier, Petit Collier argenté, Cloporte, Ecaille marbrée... Les espèces de coléoptères sont également nombreuses (Petite biche, Lepture tachetée, Lepture abeille, Lepture à poils durs...), avec quelques espèces qui sont considérées comme localisées et jamais abondantes : Alleluca morio, Carabe des arbres, Bostryche lichen, Lamie écorce de hêtre.
Parmi les oiseaux inscrits à l'annexe 1 de la directive Oiseaux, associés aux milieux ouverts ou aux boisements, on compte la Bondrée apivore, l’Engoulevent d’Europe, le Pic noir et le Pic mar.
©Dominique Amon-Moreau / ONF
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Gestion
Les principales actions de gestion visent la restauration des milieux ouverts que sont les pelouses et landes concurrencées par les résineux, et l'entretien des pelouses grâce au pâturage.
Ces actions sont appelés à prendre une ampleur supplémentaire avec l'extension de la réserve, qui s'accompagnera aussi d'une vocation de libre évolution pour une part importante de peuplements forestiers.
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