Compensation biodiversité : restaurer l’habitat de l’Agrion de Mercure

Reconnu pour son expertise dans la restauration de zones humides et la gestion de la végétation, l’ONF a été missionné par le syndicat du bassin versant de la Reyssouze (Ain). Objectif : restaurer la ripisylve du Devorah et du marais de la Chagne, qui abrite l’Agrion de Mercure, une espèce de libellule protégée au niveau national.
Agrion de Mercure. - ©ACD SYSTEMS

Opérateur du transport de gaz naturel en France, GRTgaz prévoit la construction d’une canalisation de 1,20 mètre de diamètre sur 190 kilomètres de long entre Etrez (Ain) et Voisines (Haute-Marne). Des mesures compensatoires sont engagées en faveur des espèces et habitats impactés par le chantier.

Le syndicat du bassin versant de la Reyssouze (SBVR) a proposé un projet de restauration de la ripisylve du Dévorah et du marais de la Chagne (à Bourg-en-Bresse et à Saint-Just), qui abrite de nombreuses espèces. L’Agrion de Mercure est l’une d’entre elles. Autrement dit, il s'agit de dégager le cours d’eau pour rétablir l’habitat naturel de la libellule

En lien avec le propriétaire des terrains Renault Trucks, le SBVR a sollicité l’expertise de l’ONF pour accompagner la mise en œuvre du projet et la réalisation des travaux.

L’Agrion de Mercure en trois points

  1. Cette libellule fréquente les eaux courantes fraîches et oxygénées, qui bénéficient d’une bonne exposition lumineuse et d’une riche végétation aquatique.
  2. Il s’agit d’une « espèce parapluie », c’est-à-dire que la restauration de son habitat bénéficie à de nombreuses espèces associées.
  3. L’Agrion de Mercure est principalement menacé par la pollution de l’eau, les drainages, les curages, et la fermeture du milieu.

Respecter les délais, limiter l'impact environnemental

©ONF

L'ONF a réalisé les travaux entre septembre et décembre 2018, dans un délai serré, afin de limiter au maximum l'impact sur les zones humides et les espèces protégées.

Les travaux, conduits par des équipes d'ouvriers sylviculteurs et d'élagueurs, ont principalement consisté à réouvrir les milieux :

  • débroussaillage mécanique des accès et des marais pour lutter contre l'envahissement des ronces ;
  • coupe sélective des arbres de la ripisylve pour favoriser l'apport de lumière à la rivière, avec sécurisation des abords de la rivière ;
  • suppression des embâcles (débris naturels obstruant le cours d'eau).

L'intervention de l'ONF s'est déroulée en quatre étapes-clés ; elle se prolongera avec l'entretien du site, pour maintenir les milieux ouverts :

Visite technique préalable
Abattage et débroussaillage
Évacuation des bois
Une partie des bois sera valorisée en bois énergie par une entreprise locale.
Réception des travaux
Entretien du site

Professionnalisme, respect des délais imposés, adaptation aux aléas du chantier... L'intervention des forestiers de l'ONF a été très appréciée. "

Dimitri Mercier, chargé de mission rivière du Syndicat du bassin versant de la Reyssouze (SBVR).

Réception des travaux par Jean-louis Favier, président du SBVR, et Bernard Bonnici, directeur d’agence ONF à Bourg-en-Bresse. - ©ONF

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