Face aux chenilles processionnaires du chêne, soyez vigilants !

Entre juin et mi-juillet, les chenilles de la processionnaire du chêne se développent dans les arbres des forêts et des parcs, notamment en Île-de-France. Leurs poils urticants représentent un risque pour la santé des Hommes et des animaux. L’Office national des forêts (ONF) invite les promeneurs à la prudence.

Les chenilles de la processionnaire du chêne sont les larves du papillon de nuit Thaumetopoea processionea. Cette espèce est commune et présente depuis la fin du XVIIIe siècle de l’ouest de l’Europe à la Turquie. En France, elle se manifeste régulièrement depuis l’Alsace et l’Ile-de-France jusqu’en Midi-Pyrénées. Les chênes des forêts et des parcs, la chaleur des villes, le transport d’arbres ou de terre favorisent la présence de cette espèce en Ile-de France.

Pondus en fin d'été, les œufs éclosent en avril. Vivant en colonies, le jour, les chenilles séjournent dans des nids soyeux grossissant avec l'âge et le nombre des chenilles. Ces nids sont plaqués sur le tronc ou sous les branches. Elles sortent en fin de journée, en procession, pour se nourrir des feuilles du chêne.

Chenille processionaire du chêne. - ©ONF

Quels dangers et comment se prémunir ?

Affiche de prévention ONF. - ©Renaud Trangosi /ONF

C’est la plus urticante des chenilles de nos régions. La protéine en cause est localisée dans des poils microscopiques qui apparaissent au 3e stade larvaire (fin avril, début mai). Ces poils restent urticants jusqu’à 2 à 3 ans après leur apparition qu’ils soient dans le nid, déposés par les mues ou qu’ils aient été "lâchés" par la chenille qui se sent agressée ou qui a été écrasée.

La processionnaire du chêne ne se déplace au sol qu’accidentellement puisqu‘elle s’alimente et se nymphose (transformation de larve en chenille) sur l’arbre. Par comparaison, on peut trouver la chenille de la processionnaire du pin au sol, car elle descend en procession en mars se nymphoser dans le sol.

Les allergies peuvent être très fortes. Chez les animaux, en cas d’ingestion, la langue peut se nécroser, les empêchant de s’alimenter. Sur l’Homme, la réaction peut être violemment allergique. Le contact génère des troubles parfois graves (choc anaphylactique, œdèmes, irritations, démangeaisons) dans les cas les plus fréquents, voire des réactions plus importantes chez les personnes sensibles nécessitant un recours médical.

La vigilance doit être de mise en évitant tout contact direct avec les chenilles, leur nid et les zones potentiellement infestées !

 

Quelques recommandations de prévention

En forêts ou en zones boisées urbaines franciliennes :

  • Eviter les arbres porteurs de nids, éloigner les enfants et les animaux de compagnie ;
  • Ne jamais toucher les chenilles vivantes ou mortes, les nids récents ou vieux ;
  • Eviter de se frotter les yeux en cas d’exposition ;
  • Par grand vent ne pas faire sécher son linge à l’exterieur près des arbres atteints.

Au retour de forêt :

  • En cas de doute, prendre une douche tiède et changer de vêtements
  • Si des problèmes subsistent, consulter un médecin traitant. Si des réactions sont visibles sur un animal de compagnie, consulter rapidement un vétérinaire.

Quels dégâts pour les arbres ? Comment lutter ?

Une fois la processionnaire installée, elle va se nourrir la nuit des feuilles des chênes et les premiers signes sur l’arbre seront visibles : parties desséchées, pertes de feuillage qui augmentent avec l’appétit des chenilles... Si l’arbre ne meurt pas - sauf dans le cas d’infestation extrême -, il est affaibli. La perte de feuillage (ou défoliation) diminue la capacité de photosynthèse, ce qui entraîne le ralentissement de la croissance. Il devient ainsi plus sensible aux maladies et aux autres ravageurs.

En forêt domaniale, l’ONF n’applique pas de traitement insecticide qui pourrait s’avérer dangereux pour d’autres espèces. La diversification des essences forestières ralentit la progression de la chenille processionnaire. Les travaux en forêt peuvent être reportés en cas de pullulation pour protéger les personnels. Les promeneurs sont invités à éviter les zones où la pullulation est importante.

De nombreuses espèces de papillons sont protégées en Ile-de-France. Apprendre à les connaître, respecter leur présence et ne pas les détruire ! Les particuliers et les communes peuvent utiliser divers moyens de lutte avec les précautions d’usage, en consultant des professionnels agréés.

Une alliée précieuse : la mésange

Mésange charbonnière - ©ONF

Sédentaire sur notre territoire, la mésange charbonnière est la "mangeuse de chenilles processionnaires" par excellence, avec une consommation familiale de 500 chenilles par jour. Poser des nichoirs à mésanges près des zones infestées, ou préventivement dans votre jardin, peut s’avérer efficace. Le nichoir, avec une ouverture de 32 millimètres, doit être installé entre 2,5 à 3,5 mètres de hauteur sur le tronc et doit être exposé au sud-est à l'abri des vents dominants. Les chauves-souris, les araignées, le coucou gris sont aussi consommateurs des papillons ou des chenilles des processionnaires.

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