Chêne de la forêt de Tronçais – ©Christèle Gernigon / ONF

Tronçais, Forêt d'Exception® : une chênaie prestigieuse au cœur du territoire

Tronçais est considérée comme l’une des plus belles futaies de chênes d’Europe. Elle est un exemple vivant de la forêt façonnée par l’homme. Renommée pour la qualité de son bois dont on fabrique des tonneaux, elle rayonne aussi pour la richesse de son patrimoine naturel.

Un contexte favorable

Située dans la région naturelle du bocage bourbonnais, au nord-ouest du département de l'Allier, la forêt de Tronçais constitue un massif dense de 10 583 hectares. La forêt domaniale qui regroupe quatre massifs, se situe au cœur géographique de la France.

Le paysage y est façonné par l'omniprésence du chêne, parfois en mélange avec le hêtre et le charme. Cinq unités paysagères forgent "l'esprit des lieux" de Tronçais : le val d'Aumance avec ses versants doux, les étangs, puis au centre les jeunes futaies et les lisières et enfin, les vieilles futaies qui font la renommée du massif.

Un chêne de la forêt de Tronçais - ©Christèle Gernigon / ONF

L'histoire d'une sylviculture d'excellence

Des chênes de diamètre impressionnant... - ©Evelyne Acquenin / ONF

Quand au XVIIe siècle, Tronçais est une futaie dégradée par l'usage du bois par les habitants, le ministre Colbert engage alors une grande réforme et édicte la première grande loi forestière de 1669. Elle établit les premières règles sylvicoles, et détermine des objectifs à long terme de production de hautes futaies qui s'appliquent alors à Tronçais. Au XVIIIe siècle, les maîtres de forges s'installent, moyennant l'engagement d'ensemencer des parcelles. L'une d'entre elles est la futaie Buffévent souvent visitée.

Après de multiples dégradations subies par la forêt, l'aménagement de la forêt de Tronçais est rédigé par Buffévent en 1832, préconisant de nouvelles méthodes de coupes, de reboisement en s'appuyant sur l'observation et la technique. C'est le point de départ de l'amélioration continue du massif et de la futaie régulière.

La forêt d'aujourd'hui est le fruit d'une constance de traitements appliqués depuis lors. Qui donne les bois d'exception de renommée mondiale.

Des bois de tonnellerie de renommée mondiale

Grumes de chêne - ©Christèle Gernigon / ONF

Le patrimoine forestier de Tronçais fait l'objet d'une gestion durable, raisonnée, afin de garder un équilibre global des classes d'âge de peuplements forestiers. Cette gestion conduit à réaliser des éclaircies et à régénérer naturellement des peuplements. Le renouvellement de ces futaies adultes produit ainsi des bois exceptionnels. Aujourd'hui, leur usage le plus noble est celui de la tonnellerie. Les merrains correspondent aux bois de chênes dont les caractéristiques les rendent propres à la production de douelles, éléments constitutifs des tonneaux.

La qualité du bois produit une alchimie dont bénéficient les meilleurs vins. La merranderie constitue un élément économique majeur dans l'Allier et au-delà. Le tonneau français est un produit de haute technologie qui nourrit une filière économique en essor.

Un cœur de biodiversité

Outre les zones Natura 2000, Tronçais compte deux réserves biologiques, conçues pour suivre les processus d'évolution naturelle de la forêt, et la conservation d'espèces associées aux vieux peuplements. Les vieilles futaies hébergent de nombreuses espèces d'insectes, d'oiseaux et de chauves-souris. Des étangs, prairies et landes parcourent la forêt et abritent une diversité écologique importante.

©Christèle Gernigon / ONF

Orientations de la démarche territoriale

Le massif de Tronçais est ancré dans le territoire avec une forte identité. Les deux communes principales sont Ainay-le-Château et Cérilly. L'intercommunalité du Pays de Tronçais rassemble 16 communes, à l'emblème de la feuille de chêne : Tronçais rassemble le territoire.

Basées sur la concertation, le contrat de projet fixe trois grandes orientations qui fédèrent les partenaires : découvrir une forêt reliée à son territoire, gérer un patrimoine unique, appliquer une sylviculture pour un bois d'exception.

Une forêt ouverte au public, tout en préservant une biodiversité riche et un patrimoine économique majeur - ©Véronique Vinot / ONF

Des aménagements adaptés pour accueillir le public en forêt

De nombreux équipements d'accueil existent depuis longtemps dans ce massif très fréquenté. En 2010 une charte partenariale a été signée entre l'ONF et la Communauté de communes à horizon 2020, pour donner toute sa place au tourisme dans cet espace naturel. Le tourisme est actif et les projets se développent autour du patrimoine forestier et au-delà de son périmètre.

Un plan paysage opérationnel

L'analyse paysagère initiée en 2014 a mis en œuvre, dès 2017, des actions liées à la sylviculture, au patrimoine identitaire de la forêt comme le sont les "ronds" ou carrefours qui jalonnent le massif ainsi qu'aux transitions entre entrée, forêt et routes.

Les routes forestières, objet de concertation

Pour permettre la gestion forestière, un vaste réseau de routes existe en forêt de Tronçais. Le plan de circulation a pour objectifs de limiter l'accès aux véhicules motorisés pour préserver les espaces naturels et la tranquillité, améliorer les circulations douces, et limiter les coûts de gestion.

Favoriser l’activité économique locale grâce au bois

Débardage en forêt - ©Véronique Vinot / ONF

L'ONF mobilise 50 à 60 000 m3 de bois chaque année. L'économie de la forêt et du bois est donc importante, pour les entreprises de travaux forestiers, de première et de deuxième transformation du bois. L'accent est mis par les acteurs locaux notamment par l'investissement dans une plate-forme commune de stockage des bois.

Cultiver l’excellence environnementale

A Tronçais, la gestion en futaie régulière actuellement menée permet d'avoir une diversité d'habitats très intéressante à l'échelle de la forêt, tant en âge de peuplements qu'en diversité des structures verticales. Par exemple, un vieux peuplement forestier représente un habitat potentiel intéressant pour de nombreuses espèces de vieilles futaies (pics, insectes, chauves-souris). A l'inverse, une parcelle en cours de régénération représente un habitat très intéressant pour des espèces comme les lépidoptères ou certains oiseaux.

Dans un contexte où le réchauffement climatique a également des impacts sur les chênaies ligériennes, de nombreuses actions de sylviculture permettent de cultiver la diversité et de préserver les milieux. Les actions sont continues pour améliorer la connaissance, grâce à des études réalisées par les associations naturalistes locales ou les experts naturalistes de l'ONF.