Un hiver en forêt

En hiver, la forêt revêt son blanc manteau, les arbres dépourvus de leurs feuilles dévoilent leur structure et entrent en repos... Pour les agents de l’ONF, l’activité sylvicole ne s’arrête pas avec la chute des températures. L’hiver est en effet la saison privilégiée pour les travaux de coupes de bois. Pourquoi couper ? Coupe « d’éclaircies », coupes « d’amélioration », coupe « de régénération »... Quelle réalité derrière ces termes de spécialistes ?
©Nathalie Petrel / ONF

La coupe des bois

D'octobre à fin février, les ouvriers forestiers (de l'ONF et des entreprises locales partenaires) sont à pied d'œuvre en forêt. Ces agents, vous les croiserez peut-être lors de vos balades, ou les entendrez sûrement au loin le bruit de leurs machines. En sécurisant les chantiers, ils veillent à votre sécurité. Leur mission : couper les arbres préalablement marqués, au marteau ou à la peinture, par les techniciens forestiers territoriaux lors de l'opération de martelage.

©Frédéric Glon / Giada Connestari

Les raisons de cette coupe d'hiver ne sont pas laissées au hasard. À cette époque de l'année, la forêt est en sommeil, la sève n'alimente plus les branches des arbres, il n'y a plus de bourgeons, les feuilles tombent... C'est donc la période idéale pour agir tout en respectant le cycle naturel de l'arbre.

Au fait, pourquoi couper du bois ?

©Frédéric Glon / Giada Connestari

Une question simple en apparence. On coupe du bois, ressource écologique et renouvelable par excellence, pour répondre aux besoins de la société (bois de chauffage, maisons, parquets, emballages, papier) et ainsi alimenter une filière-bois porteuse d'emplois locaux... mais pas seulement ! En récoltant les bois, l'ONF assure aussi le renouvellement des forêts et leur vitalité. En récoltant les arbres mûrs, on en laisse d'autres se développer et ainsi devenir adultes à leur tour. Une opération de gestion des forêts cruciale et qualifiée de « durable » parce qu'elle s'exerce systématiquement dans le respect de l'accroissement naturel des forêts.

Le saviez-vous ? Il existe différents types de coupes en fonction de l'âge et de l'état des peuplements. Éclairage sur les coulisses de la gestion forestière :

Abatteuse sur une parcelle de jeune futaie feuillue - ©Nathalie Petrel / ONF

La coupe de première éclaircie

Pour grandir, les jeunes semis ont besoin d'espace et de lumière. Dans le cas d'un peuplement riche et trop serré, ces derniers ne peuvent plus se développer correctement. On pratique alors ce type de coupe pour réduire la densité des arbres et laisser les jeunes arbres respirer.

La coupe d'amélioration

Six à dix ans après la première éclaircie, les forestiers interviennent à nouveau pour favoriser la croissance des plus beaux arbres. En application du plan d'aménagement forestier, les forestiers choisissent les essences qu'ils souhaitent privilégier dans une parcelle et coupent les arbres qui freinent la croissance des plus beaux spécimens. En fonction des essences, la parcelle peut compter de 80 à 200 arbres par hectares.

La coupe de régénération

Arrivés à maturité (à partir de 60 ans pour le pin et jusqu'à 200 ans pour le chêne), les arbres sont récoltés : c'est la coupe de régénération. Cette intervention permet de valoriser économiquement les bois et de régénérer la forêt. En coupant les arbres mûrs, on apporte de la lumière au sol et on libère l'espace nécessaire au développement de jeunes semis. La relève est ainsi assurée !

La coupe sanitaire

Contaminés par la présence de champignons et autres parasites, l'écorce de certains arbres se décolore, se fragilise, le pied de l'arbre s'affaisse... Il est urgent d'agir ! L'enjeu pour les forestiers : garantir la sécurité des promeneurs en forêt et éviter la contamination sur les arbres voisins.

Et la biodiversité, dans tout ça ?

©Véronique Vinot / ONF

Pendant le martelage, le forestier s'assure que les espèces animales qui nichent dans les arbres ne soient pas mises en danger par l'intervention des bûcherons et ouvriers sylviculteurs. En présence d'un nid ou d'animaux dans les arbres, ils ont pour consigne de ne pas intervenir. Ils peuvent également marquer ces arbres à conserver pour la biodiversité.

©Frédéric Glon / Giada Connestari

Le bois façonné

Très prisé par les industriels, le bois façonné est l’un des deux modèles de vente proposés par l’ONF. De la coupe à la commercialisation du bois, l’ONF mobilise son savoir-faire au service de la production d’un matériau de qualité, qui répond aux exigences de ses clients.

Dans les forêts publiques gérées durablement par l’ONF, le bois peut être vendu "sur pied" ou "façonné". Le client fait exploiter lui-même les arbres qu’il a préalablement achetés. Le technicien forestier territorial (TFT) s’assurera seulement que l’ensemble des tiges achetées par le client a été exploité dans le respect de l’environnement et du reste du peuplement.

Pour le bois façonné, c’est une toute autre histoire. L’ONF exploite lui-même les bois avant de les commercialiser. Les équipes de l’ONF interviennent à chaque étape de l’exploitation, de l’encadrement des bûcherons jusqu’à la présentation des bois pour leur commercialisation.

©Nathalie Petrel / ONF

Qu'il soit destiné à faire du parquet, des panneaux ou une charpente, l'arbre ne sera pas coupé et façonné de la même manière par les équipes de l'ONF.

On découpe les bois selon les longueurs et diamètres précisés dans un cahier des charges établi par les commerciaux des services bois. Ensuite, on extrait les bois de la parcelle, puis on les dépose sur les places de dépôts, en bordure de route ou dans les parcs à grumes.

Tadeuz Paczkowski, responsable d'unité d'exploitation forestière en charge des coupes à l'ONF

Des « contrats d’approvisionnement » pour les entreprises

Si la vente de bois sur pied reste la forme de commercialisation encore majoritaire, celle du bois façonné attire de plus en plus les industriels français.

Pour s'approvisionner en bois façonné, deux possibilités s'offrent aux entreprises :

  • Les usines de transformation de bois peuvent négocier avec l'ONF « un contrat d'approvisionnement ». La contractualisation présente de multiples avantages. D'une part, elle offre une sécurité aux entreprises, qui bénéficient alors d'un approvisionnement en bois garanti, régulier et de bonne qualité. Environ 500 contrats d'approvisionnement sont négociés chaque année. Des chiffres en hausse, à la fois en raison d'une révision de certains contrats mais aussi avec l'arrivée de nouveaux clients.
  • L'ONF façonne d'abord les bois avant de les proposer à la vente. Cette méthode est réservée aux grumes de meilleures qualités. Les équipes de l'ONF confectionnent alors des lots de bois homogènes et de qualité. Ces lots sont ensuite regroupés dans un catalogue de vente puis proposés lors de ventes publiques où chaque client intéressé peut se positionner.