Boisement forestier sur une carrière de roche massive

Dans le cadre de la réhabilitation de son site carrier situé à Germiny (Meurthe-et-Moselle), la société SCL a pris contact avec l’agence locale de l’ONF. L’objectif ? Sélectionner les espèces les plus appropriées au site, avant d’entamer des travaux de préparation du terrain et de plantation.

Reconstituer un écosystème forestier

©ONF

L’évolution climatique - imposant des températures élevées, des fortes amplitudes thermiques ainsi qu’un manque d’eau en période végétative - associé à la faible teneur en matière organique dans les terres de remblais redéposées pour une végétalisation sont des indicateurs à prendre en compte sur ce type de projet. Au-devant de ces conditions, l’ONF a permis la sélection d’espèces adaptées. Une intervention qui fait suite à la réalisation d’une étude préliminaire, validée par arrêté préfectoral.

Quelles espèces privilégier ?

L’implantation d’espèces végétales doit être pensée sur le court et le long terme. En effet, l’évolution naturelle ou « successions écologiques » permet à certaines espèces de croître au détriment des autres. Aussi, l’étude du mélange végétal à préconiser doit prendre en compte les caractéristiques physico-chimique du sol, ainsi que les particularités de chaque espèce (besoins nutritifs et en eau, développement, optimum de profondeur racinaire, résistance à la lumière…

Réhabilitation des carrières : évolutions du cadre réglementaire

Si la législation actuelle impose aux exploitants de carrières de granulats un réaménagement au fur et à mesure de l’exploitation, cela n’a pas toujours été le cas. Jusqu’en 1971, les carrières qui fermaient ne faisaient l’objet d’aucune obligation et les premiers réaménagements datent des années 1980. Il faudra attendre la loi n° 93-3 du 4 janvier 1993 pour qu’un cadre réglementaire complet impose un réaménagement systématique des carrières, dorénavant classées en « Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ».

Intervention de l’ONF : étapes et réalisation

L’intervention de l’ONF s’est déroulée en 4 étapes clés :

Analyse, diagnostic et détermination des espèces végétales
Une étude préalable a permis de déterminer les espèces végétales compatibles avec la terre de remblais apportée. Cette dernière a favorisé la compréhension des mélanges phytosociologiques à adopter et permis d’optimiser les travaux.
Préparation du terrain
Afin de favoriser l’adaptation des espèces végétales, des fosses d’1 m3 ont été mises en place sur la zone à reboiser. Ces dernières ont permis un apport de terre plus riche en matière organique, indispensable à la nutrition des végétaux.
Travaux implantation d’essences et enrichissement
Les travaux ont été réalisés sur deux parcelles distinctes, sur lesquelles deux schémas de végétalisation ont été mis en place :

1/ Plantation d’espèces pionnières (bouleau verruqueux) bi-pionnières (érable sycomore) et de climax (alisiers, chêne et hêtre) sur une base de 800 unités par hectare

2/ Plantation d’un mélange d’aulne et de robinier faux acacia. Ces essences ont la particularité de fixer l’azote atmosphérique pour en produire des substances nutritives à partir de bactéries spécifiques formant des nodules racinaires. Aussi, ces espèces sont adaptées pour dynamiser une activité microbienne affaiblie sur des sols compactés comme ceux des sites carriers.
Suivi des travaux
Le suivi, réalisé sur une période de trois ans après la plantation, assure au maître d’ouvrage une cohérence active « sol/racine ». Ceci permettant de garantir la reprise des végétaux mis en place, ce qui conditionne une potentialité de croissance durable (sauf événement exceptionnel : conditions météorologiques, dégâts par animaux…).

Qu’est-ce que la mycorhization ?

Dans la nature, les racines de 80 % des plantes sont associées à des champignons. Il se forme alors un organe symbiotique appelé mycorhize. Ces champignons sont souvent essentiels au développement des plantes en leur apportant des nutriments. Un exemple de mycorhize est l’association truffe/chêne.