Nos conseils en cas d'urgence

Qu’on se rassure : la forêt n’a rien d’hostile. Mais un promeneur averti en vaut deux ! Brume, orage, nid de frelons ou rencontre impromptue avec des sangliers, les éléments et les animaux peuvent vous surprendre. Dans l’adversité, bon sens et sang-froid seront vos meilleurs alliés ! Pour parfaire vos réflexes, voici les conseils du forestier.

La météo, le principal danger en forêt

La brume est sans doute notre pire ennemie en forêt, car elle fait perdre ses repères au point de ne plus savoir où l'on se trouve. On a l'impression que tout se ressemble. On pense avoir beaucoup avancé, alors que l'on a parcouru seulement quelques mètres... Quand on se sent perdu, car il ne s'agit que d'une sensation, il faut retrouver des repères, éventuellement retourner sur ses pas, et surtout ne pas paniquer !

Le vent est aussi très dangereux. On n'est jamais à l'abri de chutes de branches, voire de l'effondrement d'un arbre mort ! Beaucoup trouvent du charme à une promenade dans les bois par grand vent, sans mesurer l'ampleur du risque.

Et puis il y a l'orage bien sûr. La foudre tombe rarement sur la forêt. Deux choses essentielles sont à savoir : il ne faut jamais se mettre sous un arbre dominant, c'est-à-dire dont la cime dépasse celle des autres, pas non plus sous un arbre isolé dans une clairière.

©Felix Vigne IMAGEO / ONF

Nos sens qui se brouillent

Quand on ne connaît pas le coin, mieux vaut emprunter un parcours balisé. Le balisage est généralement bien fait et prémunit des erreurs d'itinéraires. Il faut aussi se méfier des plans qui datent de quelques années : ils peuvent différer de la réalité, car la forêt change ! Enfin, mieux vaut éviter de couper à travers les sous-bois.

Très peu de promeneurs se perdent en forêt, à part en montagne, où cela peut arriver à cause de changement brusque du temps, en plaine c'est très rare. Il s'agit plus de simples pertes de repères, que l'on retrouve finalement assez vite. Cela peut arriver par exemple lorsqu'on ramasse des champignons. C'est typique : on avance courbé, on tourne sur nous-même, on revient en arrière, tout ça sans décoller le nez du sol. Quand on a terminé sa cueillette, on met parfois quelques minutes avant de retrouver d'où l'on vient !

La nuit aussi peut faire perdre ses repères. C'est pour cela qu'il faut anticiper la tombée de la nuit avec un réflexe tout simple : regarder sa montre de temps en temps. C'est tout bête, mais quand on se promène on n'y pense pas toujours et à l'abri sous les arbres on ne voit pas le soleil qui se couche. Si on est rattrapé par la nuit, il ne faut pas céder à la panique. Sauf s'il fait nuit noire, on voit dans l'obscurité. Nos yeux savent s'adapter. 

©ONF

Animaux, incendies, accidents...

A priori, les animaux ne sont pas agressifs. Sauvages, ils se sauvent ou se cachent à l'approche de l'homme. Vous trouvez un animal à terre, manifestement blessé : s'il est jeune ne le touchez pas, car imprégné de votre odeur, ses parents l'abandonneront. S'il s'agit d'un adulte, ses réactions, surtout s'il est vulnérable, sont imprévisibles et potentiellement dangereuses.

Que faire quand on sent un feu qui s’approche ? Déterminer d'où vient le vent et courir dans le même sens car le feu avance avec le vent. Mais, à part dans les régions méridionales sinistrées par des incendies, les feux de forêt d'une grande ampleur sont rares.

En cas d’accident, si une personne se blesse ou fait une mauvaise chute il y a deux cas de figure. Quand elle peut marcher, mieux vaut la ramener à votre véhicule. Si elle ne peut se déplacer, quelques précautions sont à prendre avant de la laisser pour prévenir des secours ou aller chercher la voiture quand la voie le permet : bien la couvrir, l'isoler du sol, ne serait-ce qu'avec un tapis de feuilles et bien repérer l'endroit où elle se trouve. Il ne faut pas hésiter à se faire des repères.

Attention, les téléphones portables fonctionnent rarement en forêt.

©Manon Genin / ONF

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