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Entretien avec... Guy Landmann, président du comité de pilotage scientifique RENECOFOR

Directeur adjoint du groupement d'intérêt public ECOFOR, vous avez été nommé en 2015 président du comité scientifique RENECOFOR, animé par l'ONF. Quelle vision portez-vous sur ce dispositif ?

Guy Landmann : RENECOFOR, avec ses 102 placettes mises en place il y a 25 ans sur un ensemble de massifs forestiers caractéristiques français, offre une vision globale du fonctionnement de la forêt en s'attachant à mesurer un ensemble de données relatives à la croissance des arbres, mais aussi au sol et à la litière, à la flore, à l'atmosphère...

Cette multiplicité des paramètres réunis est unique en son genre car, contrairement à d'autres réseaux, il y a ici un juste croisement entre un nombre important de placettes et des mesures extrêmement précises. Ce croisement permet de fournir des résultats particulièrement éclairants sur le suivi des écosystèmes forestiers.

RENECOFOR est donc non seulement un réseau utile, mais indispensable.


Quels sont les résultats les plus significatifs observés ?

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© Nathalie Petrel / ONF

GL : Tout le monde pensait, par exemple, que l'augmentation de la température allait conduire à une diminution de la quantité de carbone dans les sols, et c'est le contraire qui s'est produit.

Sur l'aspect nutrition, les chercheurs étaient très focalisés sur une hypothèse de baisse en teneur en calcium et en magnésium, alors que personne n'avait jusque-là envisagé une forte détérioration en phosphore !

RENECOFOR joue donc un double rôle, à la fois de modérateur face à certaines idées préconçues, et également de lanceur d'alerte en détectant des tendances imprévues.

Que deviennent ensuite ces données ?

GL : On s'aperçoit que les données écologiques prélevées, que nous rendons accessibles gratuitement, sont utilisées dans le monde de la recherche par une communauté bien plus large, française et européenne, que les seuls acteurs gravitant autour du réseau.

Ce constat prouve la valeur du travail effectué et ouvre de nombreuses perspectives de recherche-développement, y compris sur des sujets que nous n'investissons pas.

Par ailleurs, un grand nombre d'observations - je pense notamment ici aux éléments nutritifs - viennent directement alimenter un certain nombre de travaux, modèles et outils testés par le département RDI de l'ONF.

Cela veut-il dire que ces observations influencent les travaux de recherche sur les modes de gestion forestière ?

GL : RENECOFOR n'a pas été conçu pour être un outil pour l'action, c'est avant tout un thermomètre mesurant l'état de fonctionnement des écosystèmes forestiers.

Mais le monde sylvicole a certainement beaucoup à apprendre de l'observation des impacts, notamment de ceux du changement climatique. Cette réflexion s'applique en fait à tous les autres réseaux - Département de la santé des forêts, Inventaire forestier... - travaillant au suivi des forêts.

Des évolutions sont certainement à envisager, notamment en misant sur une plus grande articulation et analyse croisée entre ces différents outils et un investissement plus fort sur l'enjeu "Climat". Si l'adaptation au changement climatique est devenue, à juste titre, une priorité, préserver des outils tels que RENECOFOR et développer le lien entre "observation" et "action" me semblent essentiels, y compris pour infléchir les expérimentations qui seront engagées en faveur de l'adaptation des forêts.

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