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Communiqué de Presse Lézard occelé en Pays de la Loire : l'ONF signale sa présence, observée la dernière fois il y a plus de 40 ans !

Office national des forêts
2018 4 10

L'ONF participe activement à la conservation de la biodiversité, tant dans la gestion forestière courante que par des actions spécifiques en faveur des espèces et des milieux de grande valeur écologique. C'est à l'occasion d'un suivi sur les oiseaux que Vincent Boissonneau, forestier de l'ONF en Vendée, membre du réseau Avifaune de l'établissement, a fait une découverte inattendue. Il a pu observer la présence en forêt domaniale du Pays de Monts du plus grand lézard de France, le Lézard ocellé, une espèce qui n'avait pas été signalée en Pays de la Loire depuis les années 80.

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Le Lézard ocellé, une espèce protégée à l’échelle nationale et européenne © Cédric Baudran / ONF

Une espèce menacée

Plus grand lézard vivant en métropole, le Lézard ocellé (nom latin : Timon lepidus) est classé vulnérable dans la liste des espèces menacées de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Il est protégé en France, comme tous les reptiles autochtones et fait l'objet d'un Plan national d'action lancé par le Ministère en charge de l'écologie et piloté par la Société herpétologique de France.

Cela fait partie des plus grands plaisirs naturalistes que de trouver une espèce qui n'a jamais été observée à un endroit, comme un moment privilégié ! Ayant terminé son point d'écoute du Suivi temporel des oiseaux communs (STOC), Vincent Boissonneau en profite pour s'attarder sur ce qui l'entoure...en quête d'une espèce potentiellement cachée. Comme il se trouve à proximité d'un dispositif de détection des lézards et des serpents, mis en place par ses collègues, il en profite pour jeter un coup d'oeil... et se retrouve face à une magnifique femelle de Lézard ocellé, encore endormie par le froid de ce début de printemps. Les ocelles bleus sur les flancs et la taille du spécimen ne laissent aucun doute à Vincent qui connaît bien l'espèce. Il fait remonter l'information au plus vite au réseau Herpétofaune de l'ONF pour partager sa découverte.

Suivi et protocole du réseau Herpétofaune

Lézard occelé femelle
Lézard occelé femelle © V. Boissoneau / ONF
La première réponse à apporter est de savoir s'il s'agit d'un individu isolé, qui aurait été relâché, ou d'une réelle population qui serait passée inaperçue jusqu'à présent. Le réseau Herpétofaune ONF et les techniciens locaux vont utiliser la méthode de détection mise en place dans les régions où le Lézard ocellé est présent. Cette méthode est issue du Plan interrégional d'action (PIRA) Lézard ocellé animé par le Conservatoire d'espaces naturels de PACA.

Elle consiste, pour résumer, en l'observation assidue d'une zone d'1 ha en 30 minutes en relevant tous les indices de présence de l'espèce (individu, traces, fécès, mues...) et ce, 3 fois, d'avril à juin. Une fois cette étape réalisée, et si l'hypothèse d'une population cachée se confirme, il conviendra d'étendre les recherches dans cette forêt mais aussi le long du littoral vendéen y compris la forêt domaniale d'Olonne où l'espèce avait été vue il y a presque 40 ans.

L'ONF, au service de la biodiversité

Ces réseaux naturalistes nouent au quotidien de nombreux partenariats, locaux et nationaux, avec des associations, organismes et acteurs reconnus dans le domaine de la conservation de la nature et de la recherche. Des conventions cadres sont notamment signées chaque année avec la Société Herpétologique de France, la LPO, l'Office pour la protection des insectes, le Museum national d'histoire naturelle, le CNRS...

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© ONF

Le lézard occelé en Pays de la Loire

La station la plus au nord de l'aire de répartition du Lézard ocellé se trouve sur l'île d'Oléron. Sa répartition est principalement ibérique avec de belles populations sur le pourtour méditerranéen ainsi que sur le sud de la façade atlantique. Les seules mentions d'individus de cette espèce dans la région des Pays de la Loire remontent aux années 80 en forêt domaniale d'Olonne. L'espèce n'a plus été vue depuis.

Aujourd'hui c'est plusieurs dizaines de kilomètres au nord qu'un individu a été retrouvé, cette découverte est donc exceptionnelle pour les naturalistes !

ONF : 230 forestiers naturalistes

On protège bien ce que l'on connait bien... C'est pourquoi l'ONF a développé, depuis dix ans, six réseaux naturalistes dédiés respectivement aux oiseaux, aux insectes, aux amphibiens et reptiles, mammifères, champignons et aux habitats et à la flore.

Au sein de ces réseaux, ces 230 experts forestiers naturalistes, dont Vincent Boissonneau fait partie, s'emploient à observer, mieux connaître et caractériser la biodiversité forestière.

Ce travail de recherche et de terrain se traduit notamment par une participation à divers plans nationaux d'actions sur les espèces menacées ou encore la réalisation de nombreux inventaires et suivis écologiques. Il permet aujourd'hui de disposer de
400 000 données de référence portant sur plus de
6 000 espèces.

Ces données recueillies constituent un appui essentiel à la gestion forestière. Une gestion qui intègre par exemple la définition de périmètres définis selon des prescriptions environnementales.

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