Isolée dans l’immense bloc forestier guyanais, la réserve naturelle de la Trinité demeure très peu connue du grand public. Pourtant, s’étalant sur près de 76 000 ha, elle est la troisième plus grande réserve terrestre de France juste après la réserve naturelle des Nouragues et la réserve naturelle des Marais de Kaw-Roura.
Située à plus de 50 km à vol d’oiseaux des premières infrastructures routières, la Trinité demeure sans doute la réserve française la plus difficile d’accès. Hormis l’hélicoptère, qui constitue en Guyane le moyen de transport privilégié vers les zones isolées, les fleuves et “criques” (rivières) représentent les seules voies d’accès vers l’intérieur.
Atouts et contraintes
La mise en eau de la retenue du barrage hydroélectrique de Petit Saut, en 1994, a noyé les nombreux “sauts” qui jalonnaient le fleuve Sinnamary.
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Le contrôle du “flux de visiteurs” (sans doute 2 ou 3 “aventuriers” par an) est totalement utopique et la difficulté d’accès est considérée comme l’atout principal pour la conservation de cette région.
Pourtant, les menaces sont bien présentes : en juillet 2000, le passage d’un groupe d’orpailleurs clandestins a été signalé par un biologiste : il s’agissait d’un layon quasi indiscernable, signalé par des branchettes brisées. Trois jours plus tard, les clandestins passaient en sens inverse… Plus inquiétant encore : les missions héliportées de surveillance de l’ONF ont mis à jour, en 2002 puis en 2005, l’installation de chantiers d’orpaillage illégaux face à la réserve… Ces chantiers ont été désactivés, mais la menace d’une nouvelle vague d’atteinte à la réserve pèse de plus en plus lourd dans le contexte d’envolée du prix de l’or.
Du coup, le principal atout de la réserve de la Trinité, son isolement, devient une contrainte majeure : la surveillance héliportée et les déplacements des forces de gendarmerie sont en effet très coûteux…
Toutes ces menaces n’empêchent pas, fort heureusement, le bon déroulement des études scientifiques, qui depuis la mise en réserve naturelle, et sous la responsabilité de l’Office National des Forêts, se succèdent au rythme de 3 à 4 missions annuelles.
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Au 1er janvier 2006, les missions botaniques ont permis d’inventorier 1 269 espèces de plantes. A ce jour, 85 espèces de mammifères (dont 46 espèces de chauves-souris) et 336 espèces d’oiseaux ont été inventoriées dans la réserve. 68 espèces de reptiles, 71 espèces d’amphibiens et 46 espèces de poissons complètent les données d’inventaire sur les vertébrés. Les captures d’insectes ont également permis d’élargir notre connaissance sur la répartition de plusieurs centaines d’espèces de papillons, de longicornes, de fulgores… Dotée depuis 2001 d’un plan de gestion approuvé par le CNPN, la réserve de la Trinité s’engage en 2006 dans son deuxième plan de gestion. D’ici 2011, une zone d’étude située au pied d’un inselberg remarquable, la roche bénitier, sera étudiée méticuleusement. Les inventaires de faune et de flore vont s’y succéder à compter de la fin de l’année 2006. De nombreux naturalistes et scientifiques se relayeront dans cette région totalement préservée avec toujours l’espoir de tomber nez à nez avec un jaguar ou de découvrir une nouvelle espèce… |