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Les forêts départementalo-domaniales

Ce réservoir de biodiversité de 9.720 ha, au cœur de la Martinique, abrite une grande partie des différents milieux forestiers de l'île. Les enjeux sont donc nombreux et importants.

Pourquoi départementalo-domaniale ?

A la création du Département de la Martinique en 1946, les massifs forestiers concernés avaient pris le statut de forêt domaniale (décret du 6 novembre 1947).

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Deux grands massifs au nord et plusieurs petits massifs au sud

Châtaignier en FDD des Pitons du Carbet
Châtaigi²ner en FDD des Pitons du Carbet © ONF Martinique

Dans la moitié Nord de l'île, les Pitons du Carbet (6.943 ha) et la Montagne Pelée (2.315 ha) représentent 95% de la surface totale des forêts départementalo- domaniales.  Ils appartenaient au domaine royal jusqu'en 1825 et ont été intégrés au domaine colonial suite à l'ordonnance du 17 août 1825.

Les massifs au Sud de l'île proviennent d'acquisitions de propriétés agricoles par la colonie au début du XXème siècle. Ces propriétés ont été morcelées par lots pour être données à de petits agriculteurs, ainsi qu'à des sinistrés de l'éruption volcanique de la Montagne Pelée de 1902. Certaines parties boisées ou à reboiser y ont été réservées et confiées à l'Administration des eaux et forêts : la FDD Sud (214 ha), la FDD de la Discorde (109 ha), la FDD des Anglais (109 ha), la FDD de Pointe Savane (27 ha) et la FDD de la Philippe (8 ha).

Une végétation très riche et parfois miraculeusement conservée

Futaie de Mahoganys en FDD de Montravail
Futaie de Mahoganys en FDD de Montravail © ONF Martinique

85% des forêts départementalo-domaniales abritent des formations forestières naturelles, depuis les forêts plutôt sèches jusqu'aux végétations basses d'altitudes rencontrées sur les hauts sommets de la Montagne Pelée et des Pitons du Carbet, avec une forte représentation des forêts à tendance humide.

Beaucoup de ces forêts sont des formations secondaires issues de la recolonisation de terrains abandonnés. Mais on trouve, au cœur de ces massifs, des poches miraculeusement conservées de forêts anciennes matures, reliques de l'époque pré-colombienne, qui constituent des témoignages précieux de la situation originelle.

Le reste de la surface est majoritairement occupé par des plantations de production, dont l'essence principale est le Mahogany grandes feuilles (Swietenia macrophylla), couvrant près de 1.500 ha et quasi exclusivement sur les Pitons du Carbet en périphérie des zones dites "naturelles". Des surfaces beaucoup moins importantes abritent aussi des plantations d'hibiscus ou mahot bleu (Hibiscus elatus), de Pin Caraïbe (Pinus caribea) et d'essences locales diverses (Poirier pays, Bois d'inde, Courbaril, Bois noyer, etc.).

Les plus anciennes plantations datent du début du XXème siècle. Les FDD du Sud, quant à elles, présentent des "peuplements mixtes" constitués d'un mélange d'essences.

Une gestion attentive

Second refuge de la Montagne Pelée (FDD de la Montagne Pelée)
Second refuge de la Montagne Pelée (FDD de la Montagne Pelée)

Nos objectifs de gestion, définis dans les documents d'aménagement forestiers consistent à :

  • Veiller à la fonction générale de protection des sols, des milieux et des paysages : grâce à la pérennisation du couvert forestier, il s’agit à la fois de maintenir les sols en place (érosion, glissements de terrain), préserver les paysages et la qualité de l’eau (protection des berges et des bassins versants).
  • Conserver les milieux et les espèces rares : les secteurs de forêts qui présentent une maturité avancée et une biodiversité très importante seront incorporés dans le réseau de réserves biologiques. Ces zones à la fois de haute valeur écologique (endémisme important, présence d’espèces rares et menacées) et patrimoniale (réservoir de biodiversité mondial) seront ainsi préservées mais également mieux connues par le biais de suivis scientifiques.
  • Produire du bois d’œuvre de qualité : les parcelles de production déjà existantes doivent permettre d’alimenter au mieux la filière bois martiniquaise.
  • Tenir à la disposition du public des sites aménagés dans un cadre forestier ainsi que des équipements de découverte de ces milieux : valorisation des sentiers de randonnée en maintenant des espaces ouverts, des points de vue et en pratiquant une sylviculture adaptée à leurs abords ; entretien voire rénovation des zones d’accueil existantes ; enfin, création de sentiers pédagogiques.
  • Veiller à la maîtrise foncière : par la recherche et la matérialisation des limites.
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