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En savoir plus Pourquoi les arbres sont marqués en forêt ?

Chaque année, du mois d’octobre au mois d’avril, les forestiers de l’ONF mènent des opérations de martelage. L’objectif : déterminer les arbres qui seront conservés et ceux appelés à être prochainement prélevés. Un travail de récolte indispensable pour répondre aux besoins de la société, mais aussi pour assurer la conservation et le renouvellement des forêts françaises, gérées depuis plusieurs siècles par des générations de forestiers.

Tout ce que vous devez savoir le "martelage"

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© Frédéric Glon / Giada Connestari

Compas, marteaux, bombes de peinture, compteurs et équipements de protection… Comme partout ailleurs dans les forêts publiques françaises, une équipe de forestiers de l’unité territoriale Val-de-Seine se prépare aujourd’hui pour une opération saisonnière essentielle : le "martelage". L’enjeu ? Il s’agit de marquer, au marteau ou à la bombe,  les arbres qui seront récoltés prochainement pour alimenter la filière bois, mais aussi prélevés au profit des plus beaux "spécimens" qui eux, seront conservés. Grâce à ce "plan de coupe", déterminé dans le cadre d’un plan d’aménagement forestier établi sur 20 ans, les plus beaux arbres identifiés bénéficieront ainsi de plus de lumière et d’espace pour se déployer pleinement, avant de venir nourrir à leur tour des secteurs clés tels que l’ameublement et la construction.

Un déplacement "en virée" dans les parcelles forestières

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© Frédéric Glon / Giada Connestari

Avant de démarrer l’opération, Rudy Porté, responsable de la forêt de Sourdun, rappelle à ses équipes les caractéristiques de la parcelle et les consignes. Objectif : fixer une stratégie de martelage qui permette l’exploitation rationnelle de cette parcelle de chênes sessiles, tout en assurant sa conservation et sa régénération. Pour choisir les arbres, les forestiers se déplacent "en virée" dans la parcelle. "Chacun est espacé en couloirs de 24 mètres environ, légèrement décalé de façon à voir le périmètre géré par son voisin", explique Rudy Porté. Ainsi, aucun arbre n’échappe à l’attention des forestiers, qui peuvent dès lors procéder au martelage selon des critères bien précis.

"Donner une valeur sylvicole plus intéressante aux peuplements"

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© Frédéric Glon / Giada Connestari

Les forestiers identifient alors les essences les moins adaptées de la parcelle. Les arbres vieillissants, sur lesquels une "descente de cime" est observée, sont martelés. "Le prochain martelage n'ayant pas lieu avant plusieurs années, il vaut mieux récolter ces arbres avant qu'ils ne s'effondrent", indique le responsable de la forêt de Sourdun.

Une marque leur est donc appliquée au marteau et à la peinture rouge. La première est sur le tronc, à "hauteur d'homme", tandis que l'autre est "au pied", afin de s'assurer, après récolte, que seuls les arbres identifiés seront prélevés par les bûcherons et les entreprises de travaux forestiers, partenaires de l'ONF. "L'objectif est d'améliorer la parcelle, de donner une valeur sylvicole plus intéressante aux peuplements voisins". Les effets de concurrence sont donc pris en compte. Lorsque les arbres poussent à proximité les uns des autres, le forestier va évaluer l'état de chacun, ses défauts et son potentiel, afin de récolter le moins résistant, au profit du plus résistant.

Des arbres "bio" pour préserver la biodiversité

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© Frédéric Glon / Giada Connestari

Les techniciens forestiers territoriaux marquent également les essences à conserver pour leur valeur biologique ou pour leur capacité d’adaptation aux conditions écologiques. "On entoure d’un anneau de peinture couleur chamois les arbres de qualité pour que les bûcherons n’y touchent pas,  détaille Matthieu Augery, responsable de l’UT Val-de-Seine. On utilise également cette peinture pour les arbres "bio" que l’on veut maintenir sur pied". Les arbres "bio", dépérissant, voire secs, creux ou présentant des nids, serviront ainsi à maintenir la biodiversité du site.

Le martelage est un véritable travail d’appréciation. "Trouver un équilibre entre espace et lumière n’est pas anodin et nécessite un savoir-faire technique qui s’affine avec le temps", souligne Arnaud Lacomme, forestier de l’UT Val-de-Seine. Car s’il faut certes prélever, une récolte mal jaugée pourrait à l’inverse apporter trop de lumière. Les ronces se développeraient et risqueraient d’étouffer les nouvelles tiges et d’empêcher la régénération naturelle… Aucun doute pour Arnaud : "C’est l’expérience qui fait le sylviculteur !"

Les atouts du bois pour la société, en quelques chiffres-clés

  • L'ONF est à l'origine de près de 40% du bois mis sur le marché ;
  • Environ 14 millions de m3 sont récoltés chaque année :
  • Dont 3,6 millions de m3 pour la construction ;
  • 3 millions de m3 pour l'ameublement ;
  • 3,82 millions de m3 panneaux, papier, cartons ;
  • 2,78 millions de m3 de bois-énergie.

L'ONF