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Retour sur... Les dégâts causés par la tempête Diwa en 2006, avec Jean-Luc Fontanel de l'ONF Réunion

Deux épisodes de pluies se sont succédés à deux semaines d’intervalle en mars 2006 et ont provoqué des dégâts par une imbibition initiale du sol, suivie d’un ruissellement très important. La tempête DIWA a constitué, entre le 4 et le 7 mars, le point d’orgue avec des pluviométries cumulées sur 72 heures qui la situent de ce point de vue en deuxième position après le cyclone Hyacinthe de 1980.

Que s’est il passé au juste ?

Le réseau routier est perturbé par les pluies abondantes
Le réseau routier est perturbé par les pluies abondantes © Météo France

Jean-Luc Fontanel : Des hauteurs d'eau supérieures à 2,5 m ont été relevées dans le cirque de Salazie, jusqu'à 3,24 m à Grand Ilet en 72 heures. Des hauteurs voisines attestent d'un événement exceptionnel sur les hauteurs du Piton de la Fournaise et dans le cirque de Mafate. Par exemple, au niveau de la récente passerelle qui permet de relier par tous temps les deux rives de la Rivière des Galets, la hauteur d'eau se situait, au plus haut, à moins de 2 m du tablier de l'ouvrage ! Nous n'avions pas vu ça depuis au moins 20 ans.

Résultat, en certains points de l'île, les dégâts ont surtout concerné les routes forestières et les sentiers pour des montants considérables, parfois supérieurs à ceux observés lors du cyclone DINA de 2002. Ce qui a pu provoquer leur fermeture prolongée.

Parlez nous des dégâts aux routes forestières…

J-L F : Globalement, les routes forestières ont plutôt bien résisté, grâce aux investissements consentis ces dernières années dans le cadre du Fonds d'investissement routier et des transports (FIRT) géré par la Région. Certaines zones fortement touchées autrefois de manière régulière, l'ont très peu été grâce aux revêtements de chaussée, revers d'eau et fossés bétonnés. Par exemple les voies du massif de Bélouve et de l'axe principal y donnant accès, au départ de la Petite Plaine puis à travers Bébour.

Même si des petits éboulements et des chutes localisées de branchages et d'arbres ont pu obstruer les voies, leur remise en état de viabilité a pu s'exercer dans des délais brefs. Seules certaines voies dans les massifs du Volcan et du cirque de Salazie ont nécessité des opérations plus lourdes. Des expertises approfondies ont alors été menées avec l'appui du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

Les dégâts les plus notables ont concerné les voies non revêtues et insuffisamment équipées de dispositifs d'évacuation des eaux de ruissellement, comme dans les hauteurs du Piton de la Fournaise. Dans d'autres cas, les dégâts étaient liés à des effondrements de talus et à des mouvements de terrain sous jacents à la voie, comme pour la route forestière du Haut Mafate, dans le cirque de Salazie. Les dégâts évalués dans ces deux zones représentent pratiquement les trois quarts du total.

Les sentiers forestiers ont beaucoup souffert ?

Cryptomérias décapités en forêt de Bras-Sec
Cryptomérias décapités en forêt de Bras-Sec © ONF

J-L F : Là encore, les zones les plus touchées se situent dans les trois cirques, plus spécialement dans ceux de Mafate et de Salazie. Les dégâts ont été tout à fait considérables, même si de récentes opérations de consolidation menées grâce à des moyens d'investissement ont démontré leur efficacité par une meilleure résistance aux agents érosifs.

Nous avons eu à déplorer, sur les plates-formes (partie du sentier sur laquelle l'on peut marcher), des éboulis et chutes de blocs et cailloux, des obstructions par des masses végétales, voir des dégradations par disparition localisée de la plateforme, qu'il a fallu recréer en totalité ou en partie. Heureusement, peu de destructions complètes de sections d'itinéraires ont été constatées, ni d'atteinte directe aux ouvrages, comme les passerelles.

Comment s’est passée la remise en état ?

J-L F : Face à de pareils dégâts, les budgets habituels ne suffisent bien sûr pas. Pour les routes, les dégâts ont été chiffrés à plus de 1.270.000 € HT, alors que les moyens d'entretien habituellement consacrés par le Département sont de l'ordre de 450.000 €. Pour les sentiers, c'est 1.280.000 € HT, à comparer à 800.000 € de budget annuel.

Grâce aux efforts consentis par nos partenaires, le Département, la Région, l'Europe et l'Etat, les remises en état ont pu être engagées tout au long de l'année 2006 et se sont poursuivis en 2007.

Nous savons que cela n'a pas été facile, par exemple pour les Mafatais de La Nouvelle ou de Marla. Mais nous avons eu à coeur de satisfaire le plus vite possible les besoins de la population et préparer l'accueil dans les meilleures conditions des touristes. Même si des itinéraires sont restés provisoirement fermés jusque fin octobre 2006, et que 100 km de sentiers ont été réouverts dans des conditions encore rustiques.

L'objectif de remise en état visait à un achèvement des travaux avant la saison des pluies 2006/2007. Cela n'a malheureusement pas été possible et la survenance du cyclone Gamède entre le 23 et le 28 février 2007 nous a replongé dans une campagne active d'inventaire et de remise en état. Nous avions bon espoir d'aboutir avant fin 2007. Nous savons que cela n'a pas été facile pour les habitants du cirque de Mafate, La Nouvelle et Marla tout spécialement dont les déplacements ont été entravés par le mauvais état des sentiers.

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