La responsabilité sociale, pilier de la gestion durable de l'ONF
Sur le long terme, une stratégie de gestion durable des forêts génère les bénéfices d’atténuation maximum. L’ONF s’inscrit clairement dans cette perspective et cherche à la fois à optimiser le stockage de carbone en forêt, à développer la mobilisation de bois d’œuvre (stockage de carbone dans les produits à base de bois) et celle de bois énergie (substitution d’énergies fossiles).
Amplifier l’effet "pompe à carbone" de la forêt
Grâce à la photosynthèse, les arbres captent du CO2 dans l'atmosphère et le fixent dans le bois sous forme de composés carbonés. Une forêt en croissance séquestre donc du CO2. C'est le cas de la forêt française qui stocke chaque année environ 65 millions de tonnes de CO2, soit 12% du total des émissions nationales de gaz à effet de serre (en équivalent CO2).
Toutefois, sur le plan national, les projets forestiers de séquestration - les puits de carbone - ne sont pas encore éligibles aux mécanismes de "projets domestiques" rémunérés, via des crédits carbone, dans le cadre du protocole de Kyoto. L'ONF s'est investi dans le choix de sites pilotes, avec l'association France Forêts, pour faire progresser les réflexions sur ce thème.
Sur le plan international, l'ONF, via Eustafor (association qui regroupe les gestionnaires des forêts d'Etat au sein de l'Union européenne), a plaidé pour une modification de la directive 2003/87 afin de permettre l'accès des crédits carbone forestiers au marché européen. Cela permettrait de stimuler des projets de séquestration, soit en optimisant la gestion forestière, soit en créant de nouveaux boisements.
Dans les pays en développement, ONF International a acquis un véritable savoir-faire sur les prestations de conseils, d'expertise et d'ingénierie en matière de séquestration de carbone biologique, en relation avec des partenaires institutionnels ou privés. Avec l'expérience de plusieurs projets en Amérique Latine (Brésil, Colombie, Chili, Argentine...) et notamment un important "puits de carbone" au Brésil réalisé avec le concours du groupe PSA Peugeot Citroën, ONFI a su acquérir une position aujourd'hui reconnue sur ce marché en plein développement.
Le bois dans la construction : un matériau renouvelable à consommer sans modération
Le Grenelle de l'environnement a fixé des objectifs ambitieux dans le domaine de la lutte contre l'effet de serre et de la réduction de la consommation énergétique, notamment dans le domaine du bâtiment. Le recours au bois matériau peut significativement contribuer à atteindre ces objectifs.
À partir des estimations de la ressource disponible, les travaux des Assises de la forêt indiquent ainsi qu'il serait possible de mobiliser 9 millions de m3 de bois d'œuvre et 12 millions de m3 de bois énergie supplémentaires à l'horizon 2020. Ce scénario s'inscrit résolument en rupture par rapport à la tendance des dernières décennies en matière de récolte.
L'ONF, qui met en marché 40% du volume commercialisé en France, s'inscrit résolument dans cet objectif de mobilisation de bois d'œuvre et de bois énergie supplémentaire, dans le cadre de gestion durable du Régime forestier. En outre, l'ONF s'engage dans les campagnes de sensibilisation visant à développer les emplois du bois matériau et privilégie l'emploi du bois pour ses constructions neuves ou les chantiers de rénovation.
Le développement du bois énergie : une nécessité pour la France
L'objectif de 20% d'énergie renouvelables en 2020 ne peut être atteint qu'en faisant massivement appel à la capacité de la forêt à produire du bois, matériau et énergie renouvelables. C'est la seule ressource pouvant être à coup sûr développée rapidement compte tenu de la sous-exploitation globale de la forêt et des possibilités ouvertes par de nouvelles technologies (plaquettes forestières, pellets, carburants de deuxième génération).
Afin de participer à la structuration et au développement de ce marché, l'ONF et la FNCofor ont créé en 2006 une filiale commune, la société ONF Energie, qui propose la vente de plaquettes forestières :
- pour l'alimentation des chaufferies communales, en particulier dans le cadre du projet "1.000 chaufferies en milieu rural", porté par la FNCofor
- pour l'alimentation des équipements de chauffage industriel et des réseaux de chaleur
- enfin, en fonction des décisions du ministre en charge de l'énergie, afin de contribuer à l'approvisionnement des unités industrielles de la co-génération retenues dans le cadre de l'appel d'offres réalisé sous l'égide de la Commission de régulation de l'énergie.
Des synergies ont été recherchées avec le secteur de la coopération par la conclusion d'un protocole d'accord avec le Groupe coopération forestière (GCF) en 2006. Une marque "Forêt Energie®" a été déposée par GCF et un protocole en autorise l'usage commun avec ONF Energie. Cet accord permet régulièrement aux deux structures de présenter des offres communes aux appels à la concurrence les plus importants des collectivités, en offrant un produit spécifiquement forestier, provenant de forêts gérées durablement et de qualité contrôlée.
A l'issue de son premier exercice social, ONF Energie a contractualisé 66.000 tonnes de plaquettes forestières au profit d'une grande diversité de clients, tant publics que privés. Elle a ainsi conquis dès ses débuts une part significative du marché de la plaquette forestière estimé à environ 200.000 tonnes par an en France. Et ce malgré un contexte économique marqué par de fortes tensions sur les prix et une politique de qualité des produits qui rencontre encore trop peu d'échos.

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