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De la forêt au bois

Le bois accompagne l’homme depuis toujours. Quand les premières populations humaines sont apparues, de grandes forêts couvraient déjà la planète. Pour comprendre la diversité actuelle des essences, il faut remonter aux origines des arbres, eux-mêmes issus de la lente évolution des végétaux. Il y a un long chemin jusqu’à notre forêt actuelle, gérée.

Sorties de l’eau où la vie est apparue, les plantes ont évolué dans le milieu terrestre en subissant les contraintes de la gravité.

La sélection a favorisé le développement de stratégies pour utiliser au mieux la lumière permettant la photosynthèse.

Un élément clé est l’apparition de la lignine : ce constituant confère leur rigidité aux plantes et leur a permis de développer des architectures complexes. Sans lignine, pas de bois !

Les fougères sont ainsi les premiers végétaux à avoir possédé une tige, c’est-à-dire un axe aérien et des vaisseaux pour faire circuler la sève. Leur transformation a donné le charbon encore exploité de nos jours. C’est chez de lointains ancêtres des palmiers actuels que l’on trouve les premiers troncs, mais il faut attendre le tournant décisif des plantes à fleurs pour qu’apparaissent de véritables arbres.

Conifères puis feuillus

Les conifères constituent la grande famille d'origine des arbres
Les conifères constituent la grande famille d'origine des arbres © Philippe Lacroix / ONF

Les tout premiers arbres qui viennent jeter leurs ombres sur la planète sont des conifères.

Leurs graines sont qualifiées de « nues » : l'ovule est protégé par une écaille. Les arbres à feuilles sont arrivés plus tard dans l'évolution. Leur ovule est caché dans un ovaire. Cet ovaire fécondé se transforme en un fruit qui n'existe pas chez les conifères.

L'évolution des arbres est intimement liée au climat et au type de sol qui ont joué un grand rôle dans la sélection et la répartition des espèces pour aboutir à la situation actuelle.

Une diversité de familles et de bois

Le hêtre (fagus sylvatica) est un membre de la famille des fagus, présents sur toute la planète
Le hêtre (fagus sylvatica) est un membre de la famille des fagus, présents sur toute la planète © Patrice Delgado / ONF

Certaines plantes telles les fougères arborescentes, les palmiers ou encore les bambous, produisent également du bois, mais ne sont pas pour autant considérées comme des arbres.

De plus les arbres que nous connaissons dérivent de nombreuses familles de plantes plus ou moins évoluées qui n'ont pas d'ancêtre commun. Cette richesse dans les origines explique la variété des milieux arborés et la grande diversité de bois que l'on rencontre.

La forêt : un écosystème aujourd’hui géré

Dominée par les arbres qui façonnent sa physionomie, la forêt est un écosystème complexe.

C'est un milieu dont les nombreuses espèces végétales et animales interagissent entre elles dans un équilibre complexe.

En Europe, l'homme utilise la forêt depuis des temps très anciens à travers la cueillette et la chasse mais également l'abattage d'arbres pour en tirer du bois.

Face à la beauté sauvage de certaines forêts françaises, on a du mal à croire qu'il n'y a plus aujourd'hui, en France, de forêts strictement naturelles. Pour autant, la forêt française est en extension : depuis deux siècles sa superficie a doublé pour couvrir aujourd'hui plus d'un quart du territoire français métropolitain.

Le forestier : un gestionnaire de la biodiversité

La sylviculture est l'art de gérer la ressource forestière.

Selon l'objectif recherché (produire des arbres exploitables, aménager un espace d'accueil, assurer une retenue de sols en pente, etc.), le forestier choisit une stratégie de culture.

Il doit pour cela tenir compte des conditions locales (climat et sol) et trouver un équilibre parmi les essences adaptées, celles destinées à la production de bois, celles participant à la diversité et à la richesse du milieu, ces options n'étant pas contradictoires.

La sylviculture contemporaine cherche à privilégier une biodiversité maximale avec une structure de peuplement stable : ni trop régulière, ni trop irrégulière. On distingue en effet les « peuplements réguliers », dont les arbres dominants sont à peu près de même âge, des « peuplements irréguliers », constitués d'arbres d'âges et donc de tailles différentes.

Au moins 25 ans de travail avant la première récolte

Pour parvenir à ses objectifs, le forestier va accompagner l'arbre tout au long de son développement.

Il veille tout d'abord à ce que les semis bénéficient de suffisamment de lumière.

Il dégage ensuite les jeunes arbres avant de sélectionner plus tard les espèces qui l'intéressent. Seuls les plus beaux spécimens en qualité et diversité resteront après des coupes d'éclaircie qui permettent de réduire la densité et favoriser le développement de certains.

La première récolte partielle du bois ne débute ainsi qu'après environ 25 ans de développement. Ce bois sera utilisé pour fabriquer de la pâte à papier, des panneaux ou comme bois de chauffage.

Au-delà d'un diamètre de 25 à 30 cm, les troncs seront sciés pour de la menuiserie et de la charpente. Les plus beaux arbres ne seront exploités qu'après l'âge de 100 ans, voire 150 ans pour les chênes. Mais le forestier aura déjà préparé la nouvelle génération pour la relève.

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