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Le bois énergie

Dans le contexte actuel de crise énergétique et de prise de conscience de la nécessité de préserver notre environnement, le bois énergie s’impose. Son faible coût ne peut qu’accentuer la tendance vers la généralisation de son emploi.

Face à la raréfaction annoncée des énergies fossiles, pétrole et gaz, et à la montée de leurs prix, le bois est une source d'énergie renouvelable qui possède des atouts décisifs.

Dans l'Europe des 25, sans considérer l'énergie solaire passive, c'est la première source d'énergie primaire renouvelable.

Et la France tient la première place de producteur européen de bois-énergie avec 9,18 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2004, principalement dans le chauffage domestique (7,4 Mtep).

Aujourd'hui plus de 5 millions de particuliers possèdent un chauffage au bois et une part croissance de collectivités s'équipe.

Recyclage et valorisation

Les houppiers (ici, de résineux) non utilisés en bois d'œuvre sont prêts à être broyés en forêt
Les houppiers (ici, de résineux) non utilisés en bois d'œuvre sont prêts à être broyés en forêt © Philippe Lacroix / ONF

Le bois-énergie est issu en partie des produits non valorisés par les exploitations et les sylvicultures (cimes, houppiers, branches...) et de bois de faible valeur marchande.

C'est aussi un moyen de recycler les sous-produits de l'exploitation forestière et des travaux d'entretien des parcs, haies et jardins. L'industrie du bois produit également de nombreux sous-produits qui peuvent être employés comme combustibles. C'est une première forme de recyclage à laquelle s'ajoute l'utilisation des bois de rebut (palettes, cageots, vieux meubles...).

Un des intérêts du bois-énergie est ainsi économique : il permet de valoriser les sous-produits du bois. C'est également ce qui explique son faible coût. Les combustibles bois vont des bûches aux copeaux, en passant par les plaquettes, les écorces ainsi que les briquettes et les granulés.

Plus le combustible est calibré et sec, plus son prix à l'achat sera élevé, mais il reste toujours inférieur à ceux du gaz et du fioul.
Des engins mobiles permettent de procéder au broyage sur place
Des engins mobiles permettent de procéder au broyage sur place © Jean-Marc Péchart / ONF

Une énergie « verte »

Les plaquettes forestières sont ensuite facilement stockables sous hangar ouvert
Les plaquettes forestières sont ensuite facilement stockables sous hangar ouvert © Philippe Lacroix / ONF

L'énergie-bois est une énergie renouvelable : contrairement aux énergies fossiles, les stocks de bois sont renouvelés en quelques dizaines d'années.

De plus son utilisation permet de réduire les émissions de CO2 dans l'atmosphère et ainsi de ne pas contribuer à l'effet de serre.

On considère en effet que son bilan en CO2 est neutre car celui qu'il produit est réutilisé par la croissance des arbres replantés. C'est par ailleurs une manière de stimuler l'entretien et la valorisation du patrimoine forestier et de favoriser l'emploi local.

La dimension locale est également importante en termes d'indépendance énergétique dans le contexte international actuel.

Des mesures incitatives

Ce sont autant de raisons qui ont amené l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) à soutenir l'utilisation du bois énergie depuis 1994.

Plus récemment, un programme bois-énergie 2000-2006 a été mis en place, accompagné de mesures incitatives, notamment un crédit d'impôt de 50% afin de favoriser le renouvellement et l'équipement des foyers en appareils de chauffage à bois à haut rendement.

Les nouveaux produits permettent en effet d'atteindre des rendements dépassant les 65% (jusque 90% pour certaines nouvelles chaudières) alors que la moyenne des équipements utilisés est comprise entre 40 et 50%.

A titre de comparaison, le rendement d'une cheminée n'est que de 10% ! L'Ademe a de plus subventionné la construction de 1.400 chaufferies collectives ou tertiaires et près de 500 installations dans l'industrie.

Une ressource pleine de potentiel

Les plaquettes sont brûlées dans des chaudières adaptées
Les plaquettes sont brûlées dans des chaudières adaptées © Philippe Lacroix / ONF

Les projets se multiplient, motivés par une volonté de protection de l'environnement et les économies que de telles installations permettent de réaliser.

Un nouveau plan Etat-Ademe devrait conforter la tendance par de nouvelles mesures incitatives.

Quant à la question de la ressource, pas d'inquiétude à avoir : le potentiel reste important en France. Une étude commanditée par l'Ademe estime en effet la ressource disponible à autant que ce qui est exploité actuellement.