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La première transformation du bois

Cette branche professionnelle des métiers du bois est organisée autour des métiers de la scierie.

L’arrivée du bois en scierie

Les boiis transportés de la forêt sont déchargés sur le parc à grumes de la scierie
Les boiis transportés de la forêt sont déchargés sur le parc à grumes de la scierie © Philippe Lacroix / ONF

Arrivé à la scierie, le bois est déchargé du grumier pour être stocké en tas sur le parc à grumes situé à l'entrée de la chaîne de sciage.

Le moment venu, les manutentionnaires du parc reprennent le bois à l'aide d'un chariot élévateur ou d'un portique. Ils procèdent à l'écorçage des grumes puis au tri des bois par classe d'usage dites de qualité, et effectuent éventuellement les purges (parties plus ou moins dégradées du bois). Les volumes restants sont mesurés et dits « volumes entrée usine ».

Cette succession d'opérations est souvent automatisée : écorçage par une écorceuse, entièrement automatisée ; puis tri et cubage par la cubeuse, informatisée et pilotée par le technicien classeur qui oriente les bois vers une scie de tête en fonction des commandes à satisfaire.

Le volume de bois disponible est donc connu et peut être suivi tout au long de la chaîne de sciage.

Les écorces et les purges sont valorisées par un usage énergétique.

La scie de tête, première opération de transformation

La scie kanter transforme en une fois la grume de résineux. On obtient de belles planches régulières et les parties périphériques (dosses et écorces) sont évacuées
La scie kanter transforme en une fois la grume de résineux. On obtient de belles planches régulières et les parties périphériques (dosses et écorces) sont évacuées © Philippe Lacroix / ONF

Vient le moment de tronçonner la grume en débits, c'est-à-dire en pièces de bois d'une épaisseur standard et d'une largeur qui peut être, soit fixée au préalable, soit être de la largeur totale de la grume.

L'opérateur chargé de piloter la machine optimise les débits, c'est à dire les différents morceaux retirés de la grume. Objectif : avoir le moins de chutes possibles et valoriser au mieux la qualité du bois.

Le bois scié : est-ce une planche ou pas ?

Sciées en plateaux, les grumes de grande qualité sont séchées lentement à l'air libre. Des tasseaux intermédiaires favorisent la ventilation naturelle
Sciées en plateaux, les grumes de grande qualité sont séchées lentement à l'air libre. Des tasseaux intermédiaires favorisent la ventilation naturelle © Philippe Lacroix / ONF

Lorsque les débits successifs portent sur la totalité de l'épaisseur de la grume - généralement pour des bois de grande qualité -, on reconstitue ensuite l'équivalent du tronc en séparant chaque « planche » obtenue par des tasseaux qui permettent à l'air de circuler, facilitant ainsi le séchage. Cette opération s'appelle constituer un « plot ».

Dans les autres cas, la largeur de la pièce de bois est ajustée sur une machine appelée déligneuse qui élimine toute partie qui comporte encore de l'écorce ou de l'aubier. Les pièces de bois ainsi obtenues constituent le débit brut : madrier ou bastaing pour les grosses sections carrées ou rectangulaires ; fermette pour les petites sections ; avivé lorsque c'est une planche.

Les chutes sont généralement valorisées en les utilisant pour produire de la chaleur.

Du bois brut au bois sec

Les planches mises en séchoir perdent rapidement leur humidité. Le bois séché peut alors être utilisé directement en menuiserie et ébénisterie
Les planches mises en séchoir perdent rapidement leur humidité. Le bois séché peut alors être utilisé directement en menuiserie et ébénisterie © Philippe Lacroix / ONF

L'opération suivante consiste à raboter le bois sur une ou plusieurs faces en fonction de la commande. On parle alors d'un raboté une, deux, trois ou quatre faces.

Puis vient le temps du séchage. A l'air libre, un bois met beaucoup de temps pour sécher (une à plusieurs années sont souvent nécessaires). Les techniques de séchage actuelles permettent d'accélérer le processus naturel en réduisant le taux d'humidité du bois à son état minimum, qui doit être inférieur à 20%.

Mettre en œuvre du bois sec ou du bois vert ?

Mettre en œuvre du bois de construction, notamment en charpentes, suppose qu'il soit bien sec. Il est en effet indispensable qu'il conserve ses qualités après sa mise en place.

Mettre en œuvre du bois vert (par opposition au bois sec) ne présente toutefois aucun inconvénient pour la stabilité et la solidité d'un bâtiment. Il faut par contre, pour des caractéristiques de résistance équivalentes, prévoir des sections un peu supérieures qui tiennent compte du retrait lié au séchage sur place. Le consommateur devra aussi accepter que la structure soit « vivante » et que le bois « craque », en créant parfois des fentes que l'on appelle fentes de retrait.

Par contre, il ne faut pas mélanger bois secs et bois verts dans un même montage.

Bois tranchés, bois déroulés

Cette mince feuille (1 mm) de chêne tranché sera utilisée en placage d'ameublement
Cette mince feuille (1 mm) de chêne tranché sera utilisée en placage d'ameublement © Philippe Lacroix / ONF

En ameublement ou pour la décoration, on peut avoir besoin de bois en très fines épaisseurs qui seront collées sur d'autres supports, des panneaux par exemple.

L'opération de première transformation du bois consiste alors à découper la grume en tronçons de 1,50 à 2,50 m ; puis à la débiter soit en feuilles (c'est le tranchage), soit en bandes (c'est le déroulage).

Trancher un bois consiste à transformer la pièce cylindrique, préalablement écorcée, en une forme rectangulaire, ou plutôt hexa ou octogonale placée sur une trancheuse. Cette machine est constituée d'un bâti horizontal sur lequel est fixé sur toute la longueur un couteau. A chaque mouvement, le couteau ôte une tranche de bois d'une épaisseur convenue (quelques millimètres). Les bois tranchés sont plutôt des bois à veine qui permettent de rendre un effet décoratif comme le chêne, les fruitiers ou le frêne.

Dérouler un bois consiste à fixer la pièce cylindrique sur un axe rotatif à l'aide de griffes. Un couteau déroule le bois à mesure que l'axe tourne, à la manière d'un gros rouleau de papier. Généralement on déroule des bois de structure homogène, assez tendre comme le hêtre, ou tendre comme le bouleau ou le peuplier. Il est possible de régler la machine sur des épaisseurs supérieures à la trancheuse, notamment pour les usages de l'emballage.

On ne tranche ni ne déroule les bois résineux.

Bois fendus

Un billon de 1,30m est fendu mécaniquement pour obtenir les merrains qui composeront la forme ronde des tonneaux
Un billon de 1,30m est fendu mécaniquement pour obtenir les merrains qui composeront la forme ronde des tonneaux © Philippe Lacroix / ONF

Pour l'usage de tonnellerie principalement, on utilise du chêne de très grande qualité, préalablement débité en cylindres de moins de 1,30 m de hauteur.

Chaque cylindre est ensuite partagé dans le sens vertical suivant des arcs de cercle d'une longueur constante. La pièce de bois ainsi tracée est placée sur une machine - la fendeuse - pour être d'abord partagée en deux sur un diamètre.

Ensuite, chaque arc de cercle repéré est lui-même fendu en suivant un rayon du demi-cercle.

La pièce en longueur et de section triangulaire ainsi obtenue sera ensuite refendue toujours dans le sens vertical, mais cette fois perpendiculairement au rayon du cercle de départ pour obtenir des lattes de bois épaisses appelées « merrains ».

On dit que les bois ainsi débités sont « dans le sens du fil ».

Bois déchiquetés

Les résidus de scierie sont déchiquetés pour être recyclés en éclats de bois ou plaquettes
Les résidus de scierie sont déchiquetés pour être recyclés en éclats de bois ou plaquettes © Philippe Lacroix / ONF

Tout comme en forêt, on peut fabriquer en usine des plaquettes de bois déchiquetés en usine.

Le bois livré en billons ou en rondins est tout d'abord écorcé, puis broyé dans une machine qui le transforme en plaquettes aptes à être valorisées pour fabriquer des panneaux de fibres ou de particules, ou pour entrer dans le processus de fabrication du papier.