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La filière bois aujourd'hui

Grâce aux arbres que cultive le forestier, la forêt produit le bois, matériau unique, original et renouvelable. Le moment venu, il est récolté et transformé par la « filière bois », chaîne professionnelle qui intervient en forêt, jusqu’à la mise en œuvre du matériau bois dans le bâtiment. Cette filière représente un chiffre d’affaire annuel de 60 milliards d’euros et emploie 425.000 personnes.

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Qui décide de vendre le bois, pourquoi, comment ?

Les forestiers de l'ONF choisissent les arbres à mettre en vente suivant des critères sylvicoles
© Philippe Lacroix / ONF Les forestiers de l'ONF choisissent les arbres à mettre en vente suivant des critères sylvicoles

C'est le propriétaire qui prend cette décision, conformément au plan de gestion de sa forêt (« l'aménagement forestier » en forêt publique). Pour les forêts des communes, c'est donc le conseil municipal qui délibère ; pour les autres collectivités, l'assemblée habilitée à le faire ; en forêt domaniale, c'est le gestionnaire, c'est-à-dire l'ONF.

Vendre du bois contribue à la gestion durable de la forêt, soit en récoltant les arbres mûrs, soit en retirant des arbres en surnombre pour permettre un développement optimal des meilleurs sujets qui constitueront à terme à la fois la récolte définitive et surtout les parents de la nouvelle génération. Lorsque cette nouvelle génération ne peut pas être obtenue par les graines directement issues des vieux arbres (régénération naturelle), on procède alors à une plantation (régénération artificielle) qui est réalisée par le reboiseur dont c'est le métier.

L'abattage, la découpe, le débusquage, le débardage et le transport des bois sont les maillons successifs de la chaîne qui alimente toute valorisation du bois à destination d'un ou plusieurs usages.

Le bûcheron, premier maillon de la chaîne commerciale et industrielle

Le métier de bûcheron est difficile et à risques. Une solide formation est nécessaire
© Jean-Marc Péchart / ONF Le métier de bûcheron est difficile et à risques. Une solide formation est nécessaire

L'ouie de la cognée du Grand Maître des Eaux et Forêts Jean de Lafontaine n'est plus qu'un souvenir. Aujourd'hui le métier de bûcheron demande de solides connaissances techniques : abattre un arbre requiert à la fois coup d'œil pour déterminer la direction de chute sans blesser les autres arbres, et dextérité pour que l'arbre ne s'abîme pas en arrivant au sol. Le risque d'un sujet qui « dévisse » est réel et le bûcheron doit y être attentif en permanence. Lorsque l'arbre est abattu, le bûcheron sépare les branches (houppier) du tronc (grume) qu'il découpe éventuellement, en fonction des qualités, en billes et billons.

Lorsque les peuplements sont très homogènes, de qualité courante et en conditions topographiques faciles (c'est à dire en terrain plat ou de faible pente), on remplace de plus en plus la tronçonneuse par l'abatteuse. Cet engin de chantier ressemble à un gros tracteur et dispose à bord d'un petit ordinateur de cubage des bois. Son conducteur manœuvre un bras articulé qui tronçonne et découpe la pièce abattue (la bille), puis procède à un premier tri en fonction des qualités de bois recherchées (billons).

Le débardeur, où comment sortir les bois du bois

Cette belle grume de chêne est sortie de la parcelle tirée par le tracteur-débardeur
© Philippe Lacroix / ONF Cette belle grume de chêne est sortie de la parcelle tirée par le tracteur-débardeur

Lorsque l'abattage et les découpes sont réalisés, il faut procéder au débardage, c'est-à-dire rassembler les pièces de bois sur un emplacement accessible aux camions. Cette opération est réalisée dans la plupart des cas par les débardeurs à l'aide d'engins de chantier dits tracteurs de débardage.

Ce métier à haute technicité requière des compétences multiples : de forestier pour faire le premier tri des bois abattus et, de plus en plus dans les jeunes peuplements, faire le choix des sujets à abattre en fonction des objectifs de sylviculture fixés par l'aménagement de la forêt ; de mécanicien pour l'entretien de la machine ; en passant bien évidemment par la conduite de l'engin.

Les tracteurs de débardage ont l'obligation d'utiliser des itinéraires prévus par le gestionnaire de la forêt à l'intérieur du peuplement. Il s'agit de faciliter les opérations de débardage et surtout de protéger les sols. Ces itinéraires comportent des « cloisonnements d'exploitation », chemins régulièrement répartis et espacés de telle sorte que toutes les pièces de bois puissent être évacuées en les empruntant. Ils débouchent sur des pistes ou des routes forestières.

Dans le cas des petits bois qui sont donc en général moins lourds et volumineux, on peut utiliser un débusqueur, engin beaucoup plus petit et facile à manier.

Dans tous les cas, les engins modernes sont équipés de pneus basse pression qui contribuent à réduire les risques de tassement du sol.

Dans certaines conditions particulières, d'autres méthodes peuvent être utilisées : le cheval, notamment dans les zones à forte sensibilité écologique ; le câble, dans le cas de fortes pentes en montagne ou sur terrain plat en plaine pour favoriser le respect des sols, dont il faut rappeler que c'est l'essentiel du capital production de la forêt.

Le transport du bois en grumes et billons

En forêt, la "place de dépôt" sert au stockage provisoire des bois. Ici, la remorque d'un camion grumier est en cours de chargement
© Philippe Lacroix / ONF En forêt, la "place de dépôt" sert au stockage provisoire des bois. Ici, la remorque d'un camion grumier est en cours de chargement

Les bords des routes forestières sont régulièrement équipés d'espaces appelés « places de dépôt » : les bois peuvent y être provisoirement entreposés avant qu'un camion ne vienne les chercher.

C'est l'opération de transport à l'aide du grumier. Ces camions sont équipés d'une grue munie à son extrémité d'une pince qui permet de saisir la grume et de la ranger sur la remorque. Lorsqu'il s'agit de billons, leur longueur (2 m en général) permet de les ranger sur le travers de la remorque. La pince permet alors d'en saisir plusieurs à la fois.

Un grumier chargé emmène quelques trente m3 de bois rond et pèse plus de 50 tonnes, dont une trentaine de bois. Une conduite délicate jusqu'à la scierie, compte tenu à la fois du tonnage et de l'encombrement de l'engin.

La plaquette forestière

La plaquette forestière (éclats de bois déchiquetés) valorise les éléments complémentaires de l'arbre récolté (branches, surbilles...)
© Philippe Lacroix / ONF La plaquette forestière (éclats de bois déchiquetés) valorise les éléments complémentaires de l'arbre récolté (branches, surbilles...)

Les bois de petit diamètre et les houppiers peuvent bénéficier d'un conditionnement spécifique directement en forêt qui permet d'améliorer leurs conditions de transport. Une déchiqueteuse, généralement montée sur un engin de traction qui permet son transport, les transforme en copeaux, appelés plaquettes forestières. Ces plaquettes sont destinées aux papeteries, aux usines de panneaux ou encore utilisées sous forme de bois énergie.

Ce broyeur auto-tracté déchiquete en forêt branchages et surbilles pour les transformer en plaquettes forestières
© Phillippe Lacroix / ONF Ce broyeur auto-tracté déchiquete en forêt branchages et surbilles pour les transformer en plaquettes forestières

Fabriquer de la plaquette suppose de veiller à ne pas broyer les branches fines et les feuilles (appelés rémanents) qui concentrent 90% des sels minéraux prélevés par les arbres au sol. Leur abandon par dispersion sur le lieu de coupe permet ainsi de ne pas appauvrir les sols et d'en conserver la fertilité. Cet acte majeur de gestion durable est tout à fait fondamental pour la préservation du seul vrai capital de la forêt qu'est son sol. 

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