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La lutte contre le changement climatique

Le Protocole de Kyoto engage les Etats dans la lutte contre le changement climatique. La place centrale des écosystèmes forestiers dans la régulation du climat en fait un élément majeur de la lutte contre le réchauffement climatique, comme l’a souligné le groupe III du GIEC (Groupe international d’experts sur le climat) en mai 2007 : « les activités d’atténuation dans le secteur forestier peuvent réduire considérablement les émissions des sources et augmenter l’absorption du CO2 par les puits pour des coûts faibles. »

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Les trois mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto

Afin d'atteindre l'objectif de réduction des gaz à effet de serre, le Protocole de Kyoto prévoit pour les pays industrialisés qui ont une obligation de résultats, des mécanismes…Plus sur: Les trois mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto

L’alerte climatique donnée par la communauté scientifique

La variation du climat affecte la faune de manières très diverses
© Lilian Micas / ONF La variation du climat affecte la faune de manières très diverses

De nombreux événements météorologiques récents relatés par l'Organisation météorologique mondiale ont illustré malheureusement la pertinence des prévisions données par le GIEC. La question n'est plus de savoir s'il y aura ou pas réchauffement de la planète, mais d'évaluer son intensité.

Afin de limiter l'aggravation de ces phénomènes, les émissions globales doivent être réduites en dessous de leur niveau de 1990, et ce bien avant la fin de ce siècle, de manière à stabiliser la concentration en CO2 autour de 450 ppm (parties par million en volume).

Le problème étant posé, reste à y apporter les réponses à l'échelle adéquate. Une étape importante a été franchie en 1997 avec l'adoption du Protocole de Kyoto sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre.

De Rio à Kyoto

En 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio, 150 Etats ont signé la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Son article 2 stipule que les signataires s'engagent à « stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique ».

Cette convention trouvera son application cinq ans plus tard avec la signature du Protocole de Kyoto puis son entrée en vigueur le 16 février 2005 après sa ratification par 55 pays industrialisés représentant au moins 55% des émissions de CO2.

L'accord porte sur la réduction de 5,2% des émissions des six principaux gaz à effet de serre entre 2008 et 2012 par rapport au niveau de 1990. L'atmosphère étant pareillement impactée quelque soit le lieu des émissions ou des absorptions, le Protocole inclut des mécanismes de flexibilité (lire l'encadré) pour gagner en souplesse et optimiser les coûts des actions menées, en particulier via la réalisation de projets qui peuvent se tenir dans les pays signataires du Protocole, pays développés ou en voie de développement.

La forêt dans Kyoto et les limites du système actuel

La forêt participe dans des proportions très significatives au bilan des échanges de gaz à effet de serre (GES) au niveau planétaire. Malgré la contribution de la déforestation à hauteur de 20% du total des émissions de GES, c'est l'effet puits de carbone qui prime : le bilan est largement positif, les forêts fixent autour de 0,7 Gt C/an. Ce résultat s'explique pour partie par le fait que les boisements et la gestion durable permettent d'optimiser le rôle des forêts dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Le rapport 2007 du groupe III du GIEC a résumé ainsi la situation du secteur forestier au travers du « système Kyoto » actuel :

« La foresterie peut apporter une contribution très significative à l'atténuation du changement climatique pour des coûts faibles, en synergie avec l'adaptation et le développement durable. [...] Pourtant cette opportunité est perdue dans le contexte institutionnel actuel et le manque de volonté politique, ce qui a conduit à la réalisation d'une très faible partie de ce potentiel jusqu'à présent. »

Malgré ce rôle central et une contribution qui pourrait être importante, la prise en compte de la forêt dans le Protocole de Kyoto est limitée. Des négociations internationales complexes ont abouti à un traitement différencié entre pays industrialisés et pays en développement signataires du protocole (lire ci-contre Repères - La prise en compte de la forêt dans le protocole de Kyoto). Les règles établies par les pays signataires limitent la mise en œuvre de projets concrets. Par exemple, seuls les projets de boisement sont considérés dans les pays en développement pour l'instant. Par ailleurs, le système actuel présente des lacunes importantes. Il ne permet pas de prendre en compte l'effet de séquestration du carbone dans les matériaux bois et ne traite pas de la question de la lutte contre la déforestation, source de 20% des émissions de GES dans le monde. Ces questions sont en cours de discussion dans le cadre de l'élaboration du système international qui sera mis en place en 2012, soit après la première période d'engagement « Kyoto ».

Préparer l’après-Kyoto

Que deviendra cette forêt de Cyprès de Californie dans 50 ans ?
© Thierry Lamant / ONF Que deviendra cette forêt de Cyprès de Californie dans 50 ans ?

Lors de la Conférence de Montréal sur le climat, fin 2005, les pays signataires du Protocole ont décidé de négocier son prolongement au-delà de 2012. L'objectif est de rallier, dans le cadre de ce système post 2012, des pays tels que les Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié Kyoto, bien qu'ils soient d'importants émetteurs de CO2. Les membres du G8 réunis à Heiligendamm - qui représentent à eux seuls 40% des émissions totales de GES de la planète - ont reconnu, en juin 2007, que leurs émissions devaient « cesser d'augmenter et ensuite être réduites de façon substantielle ».

Maîtriser l'effet de serre de manière à limiter l'élévation des températures à 2°C revient à diviser par plus de 2 les émissions globales vers la moitié de ce siècle, c'est-à-dire, compte tenu des écarts dans les émissions par habitant, par 3 à 5 celles des pays industrialisés. Etant donné la croissance prévisible des demandes énergétiques dans les pays en développement, les seules substitutions énergétiques ne permettraient sans doute que de stabiliser les émissions mondiales au niveau actuel.

La priorité doit porter sur la réduction des émissions des GES, mais toutes les voies de réduction et de stockage doivent être explorées. Le rapport Stern, publié fin 2006, estime que les écosystèmes terrestres, via notamment la réduction des émissions dues à la déforestation, pourraient fournir 15% à 30% des réductions d'émissions nécessaires pour rester d'ici 2050 sous le seuil des 550 ppm éq. CO2, soit une hausse de température contenue sous un seuil de + 3°C.

L'ONF et sa filière ONFI s'impliquent depuis de nombreuses années sur la scène internationale dans le cadre de de la participation du secteur forestier à la lutte contre le réchauffement de climatique.

Pour conclure, la prise en compte tardive de la forêt dans le dispositif de lutte contre le réchauffement climatique s'est révélée complexe. Cependant des avancées conséquentes se sont produites depuis 1997, tant au niveau de l'appréhension scientifique des phénomènes, des méthodologies de comptabilisation des flux de carbone, que de l'invention de solutions techniques pour prendre en compte les spécificités de la séquestration biologique dans le marché du carbone. La forêt et les produits bois sont devenus l'un des grands enjeux des négociations internationales sur la lutte contre le changement climatique.

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