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La forêt, un fragile équilibre en perpétuel mouvement

Que ce soit à travers les âges ou d’une région à l’autre, l’espace couvert par les forêts varie au gré des besoins des populations.

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On distingue quatre types de forêts

La forêt primaire

Elle n’est pas modifiée par l’intervention de l’homme, son évolution dépend de facteurs naturels. Aucune trace d’activité humaine n’est visible et les processus…Plus sur: On distingue quatre types de forêts

La forêt a beau occuper une place importante dans l'imaginaire de l'homme, celui-ci peut tout à la fois être son gardien ou son ennemi : exploitation économique, pression démographique ou emprise des infrastructures ne vont pas toujours de pair avec une gestion durable des espaces forestiers.

Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), les forêts occupent 30% de la surface totale des terres (de l'ordre de 4 milliards d'ha) avec, cependant, une répartition très inégale : en moyenne, la forêt couvre 0,62 ha par habitant, mais dans 64 pays dont la population représente deux milliards d'habitants, le ratio tombe à 0,1 ha !

Autre statistique significative : dix pays atteignent à eux seuls les deux tiers de la superficie forestière mondiale (dans l'ordre : Fédération de Russie, Brésil, Canada, États-Unis, Chine, Australie, République démocratique du Congo, Indonésie, Pérou, Inde).

Disparités d’un continent à l’autre

La forêt tropicale représente une bonne partie de la forêt mondiale. Elle demande une attention particulière
© Gabriel / ONF La forêt tropicale représente une bonne partie de la forêt mondiale. Elle demande une attention particulière

L'emprise de la forêt n'est pas figée.

Déforestation et, à l'inverse, plantation ou extension naturelle en modifient en permanence les contours (lire l'encadré).

Toujours selon la FAO, la déforestation (essentiellement à des fins agricoles) est d'environ 13 millions d'ha par an, compensée en partie seulement : pour la période 2000-2005, la perte nette annuelle est estimée à 7,3 millions d'ha, contre 8,9 millions d'ha durant la décennie 1990/2000.

L'Afrique et l'Amérique du Sud sont les espaces où la forêt recule le plus, alors qu'elle progresse en Europe et en Asie (mais dans ce cas, avec d'importantes disparités par pays).

Dépendante à la fois des conditions climatiques et des comportements de l'homme, mais essentielle pour son rôle dans l'environnement et son capital économique, la forêt est entrée progressivement dans les préoccupations des États : en France, la politique forestière remonte à 1669, sous l'impulsion de Colbert ; aux États-Unis, la Division des forêts (organisme fédéral) date de 1886.

Surface doublée en deux siècles en France

Avec la déprise agricole, la forêt réoccupe des territoires qui ne sont plus exploités
© Alain Blumet / ONF Avec la déprise agricole, la forêt réoccupe des territoires qui ne sont plus exploités

Un survol statistique du patrimoine forestier français illustre les évolutions d'une période à l'autre.

À la fin du XVIIIe siècle, les forêts ne couvraient plus que 8 millions d'ha, mais 10 millions en 1910 grâce à un effort de reboisement et 15,5 millions aujourd'hui, selon les statistiques de l'Inventaire forestier national (28,2% du territoire métropolitain).

Par contre, si les forêts intertropicales couvrent encore 1.700 millions d'ha (40% de la surface des pays de cette zone), elles perdent actuellement de l'ordre de 40 ha par minute du fait essentiellement du défrichement.

Ce conflit d'occupation des espaces entre l'homme et la forêt est la traduction de poussées démographiques, du besoin de nouvelles terres agricoles, ou la conséquence de la construction d'infrastructures (routes, lignes ferroviaires, implantations industrielles...) qui, non seulement peuvent amputer la surface forestière, mais aussi la fragmenter.

Exploiter sans surexploiter

Le paysage forestier a évolué tout au long de l'histoire
© Patrick Barré / ONF Le paysage forestier a évolué tout au long de l'histoire

Le conflit n'est pas uniquement spatial, il est aussi dans l'exploitation des ressources de la forêt : le bois d'œuvre, en premier lieu, mais également de chauffage, surtout en Afrique où 50% du bois prélevé sont destinés à cet usage.

Là encore, les conséquences diffèrent d'un continent à l'autre. En 2005, par exemple, on a extrait environ trois milliards de m3 de bois au niveau mondial. Si on a enregistré un léger déclin en Asie, par contre on a constaté une nouvelle augmentation des prélèvements en Afrique.

Autre exemple avec les surfaces agricoles : du fait de l'amélioration des rendements, celles-ci sont en régression dans les pays développés. À l'échelle de l'Europe, les surfaces abandonnées se chiffrent en milliers d'ha... qui sont en partie regagnées par la forêt. Par contre, en Afrique, le défrichement se poursuit pour développer des cultures vivrières ou d'exportation.

Conflits d’intérêt

La gestion de ces conflits d'intérêt n'a pas simplement une implication locale.

La forêt, outre sa fonction protectrice dans la conservation des sols et des eaux, la protection contre les avalanches ou la lutte contre la désertification ou la qualité de l'air, fournit aussi des produits non ligneux qui permettent à l'homme de se nourrir ou de se soigner.

La diversité de ses ressources en font un réservoir mondial de la biodiversité biologique, notamment dans les zones intertropicales.

L'impact sur l'environnement et la biodiversité de la gestion des forêts est un enjeu majeur pour toute la planète : 170 pays ont signé la Convention internationale de 1992 sur la diversité biologique.

Cela ne met pas un terme à l'exploitation anarchique du bois d'œuvre ou de chauffage, au déboisement au bénéfice de surfaces agricoles ou au pacage abusif dans certaines régions, mais on peut y déceler une nécessaire prise de conscience.

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