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L'homme promeneur : la naissance des loisirs en forêt

Au milieu du XIXe siècle, de nouvelles pratiques de loisir se développent dans les forêts proches de Paris, en même temps que naît le tourisme moderne.

Les forêts s’ouvrent à de nouveaux visiteurs

Les sentiers tracés par Dénécourt au XIXe siècle à Fontainebleau constituent une mise en scène de la forêt
Les sentiers tracés par Dénécourt au XIXe siècle à Fontainebleau constituent une mise en scène de la forêt © Anne-Marie Granet / ONF

La chasse, activité aristocratique, se pratique certes depuis bien longtemps dans les forêts, mais c'est l'arrivée du chemin de fer dans les villes proches de Paris qui va donner une nouvelle dimension aux usages de loisir en forêt.

L'exemple de Fontainebleau est tout à fait représentatif. En 1849, le train permet à la bourgeoisie parisienne d'accéder en une heure à un massif forestier que les peintres de Barbizon et les intellectuels de l'époque contribuent à faire connaître.

Simultanément, Claude-François Denecourt, ancien soldat de l'armée napoléonienne, épris de Fontainebleau, va y créer des parcours balisés de flèches bleues, « mettre en scène » la forêt pour faire découvrir aux visiteurs les endroits les plus pittoresques : sentiers sinueux tracés entre les rochers, points de vue, grottes et tunnels aménagés. Il va jusqu'à donner des noms évocateurs à certains sites : « Roche éponge », « Caverne des Brigands »...

Même si les choix de Denecourt sont critiqués par quelques intellectuels, les guides qu'il publie ont beaucoup de succès et font l'objet de nombreuses rééditions.

Ces aménagements se rapprochent de ceux effectués à la même époque dans les parcs parisiens (Buttes Chaumont, Parc Montsouris) sous la houlette de Alphand, dans l'esprit du courant hygiéniste de l'époque (les pratiques d'hygiène recommandées incluent une activité physique dans un environnement « sain »). Les Bois de Boulogne et de Vincennes sont aménagés sur le modèle des parcs urbains anglais avec des installations telles que « chalets » et buvettes.

La forêt contribue aussi à l’attrait des montagnes

La montagne fascine aujourd'hui, elle est pourtant une découverte récente
La montagne fascine aujourd'hui, elle est pourtant une découverte récente © Alain Blumet / ONF

Certains voyageurs quittent ces sites devenus trop familiers pour se lancer à la découverte de nouveaux espaces : ainsi prend naissance le tourisme de montagne au moment où la politique de reboisement, initiée par les forestiers, bat son plein.

Des associations telles que le Club alpin français ou le Touring club de France sont créées. Elles s'engagent aux côtés des forestiers en faveur des reboisements réalisés dans le cadre des lois de restauration des terrains en montagne (RTM) et du développement du tourisme.

Dans cette optique, la forêt participe largement à l'attrait des sites, soit sur un modèle plutôt urbain à proximité des stations avec la création de sentiers de promenades bien équipés (bancs, aménagement de cascades et belvédères...), soit comme élément indissociable d'un paysage montagnard décrit et pérennisé dans les guides touristiques.

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