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L'homme défricheur : un besoin d’espaces et de bois

Il y a environ 7.000 ans, l’homme a commencé à défricher la forêt dans nos régions. Il a en effet besoin de bois comme ressource et d’espaces pour développer ses activités. Depuis ce temps, les défrichements ne cesseront pas véritablement, sans pour autant qu’ils soient continus, réguliers et croissants au cours des différentes périodes de notre histoire.

L’influence de l’homme sur le milieu forestier est faible durant tout le Néolithique

La forêt était un espace de nourriture pour les animaux, des troupeaux entiers la parcouraient
La forêt était un espace de nourriture pour les animaux, des troupeaux entiers la parcouraient © ONF

Vers - 10000 av. J-C débute l'Holocène, interglaciaire dans lequel nous nous trouvons encore actuellement. Le réchauffement climatique qui suit la fin de la période glaciaire entraîne une modification dans le couvert végétal qui se traduit par une reconquête progressive de la forêt. Celle-ci passera par différents stades de végétation avant d'arriver à une chênaie-hêtraie aux Ve et IVe millénaires avant notre ère

Au Néolithique (environ - 5500 av. J-C en France), période qui est aussi celle des débuts de l'agriculture et de l'élevage, l'homme va se sédentariser. Il commence à défricher car il a besoin de bois comme ressource (construction de maisons, énergie) et a également besoin d'espaces (habitat, cultures, pâtures). Cependant, les changements apportés par la néolithisation (sédentarisation, agriculture, élevage) sont très longs à se mettre en place et la densité des populations est encore peu élevée. Les diagrammes palynologiques montrent que, même s'il y a des signes d'occupations humaines et de cultures de céréales, l'influence de l'homme sur le milieu forestier reste faible durant tout le Néolithique.

Jusqu’au Ve siècle, la déforestation est importante, mais fluctuante

L'aqueduc du pont du Gard témoigne encore de la présence des romains dans notre paysage
L'aqueduc du pont du Gard témoigne encore de la présence des romains dans notre paysage © Peter Breman / ONF

Il faut attendre l'Age du Bronze (environ - 1800 / - 800 av. J-C) et plus particulièrement la fin de cette période, pour percevoir un véritable impact de l'homme sur la forêt. Les causes en sont vraisemblablement multiples : augmentation démographique, structuration de la société et des espaces, premières proto-industries (céramique, métal).

Pendant toute la Protohistoire (jusqu'à l'arrivée des romains en - 52 av. J-C), la déforestation est importante. Lorsque les Romains arrivent en Gaule « chevelue », le paysage est donc largement ouvert. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas eux qui déboisent toute la Gaule. Si dans certaines régions le milieu continue à s'ouvrir, dans d'autres les Romains se contentent de restructurer le territoire sans élargir les zones ouvertes. Enfin certaines autres régions semblent même subir une déprise agricole et le milieu se referme.

Dès le IIIe siècle après J-C, on constate dans certaines régions un certain retour de zones ouvertes à la friche et à la forêt.

Aux IVe et Ve siècles, l'instabilité politique et les grandes invasions barbares entraînent la chute de l'empire romain. Avec pour conséquence une déstructuration de la société et de la gestion des espaces, généralisant une forte déprise agricole, un retour à la friche et une reforestation importante.

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