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L'homme chasseur : l’évolution d’une pratique ancestrale

Forêt et chasse sont des termes que l’on associe très fréquemment. Mais les raisons, les méthodes et les personnes qui pratiquent cette activité ont beaucoup varié au cours du temps, marquant notre culture et l’histoire de la forêt.

Gaston III (1331-1391), comte de Foix

La chasse a été le loisir préféré de la noblesse jusqu'à la Révolution. Les grands seigneurs s'y livraient d'une manière parfois effrénée. Les forêts résonnaient des hurlements… Plus sur: Gaston III (1331-1391), comte de Foix

L'homme chasse depuis qu'il est capable de fabriquer des outils lui servant d'armes, soit depuis plus d'un million d'années. Durant toute la Préhistoire, la chasse lui sera indispensable pour se nourrir car son alimentation carnée est pendant longtemps très importante.

A partir du Néolithique (environ - 5500 av. J-C en France), l'homme devient agriculteur et éleveur. La part de la chasse dans ses activités va se réduire progressivement. Il continuera toutefois à la pratiquer pour s'alimenter, se protéger des bêtes sauvages et défendre son habitat, ses troupeaux et ses champs.

Pendant l'Antiquité, la chasse est libre et peut être pratiquée par tous. Mais durant le Moyen Age, elle sera limitée puis réservée exclusivement au roi et à ses vassaux. Les roturiers, le clergé et les paysans ont interdiction de chasser : rien ne doit les détourner de leur travail !

Chasse à courre (à pied ou à cheval) et chasse au vol (fauconnerie) deviennent un sport, un loisir réservé à la noblesse. Cela permet au chasseur de développer son habileté, de prouver sa valeur, et lui offre un entraînement à la guerre. Cette passion entraînera également le développement de structures que l'on connaît depuis l'Antiquité comme les garennes (pour les lapins) et les parcs à gibier (espaces clos pouvant atteindre plusieurs centaines d'hectares et qui servent de réserves de faune et de chasse).

La grande vénerie (chasse à courre du grand gibier) sera très développée par les rois de France, notamment par François Ier, et laissera des marques dans le paysage actuel de ces forêts domaniales anciennement royales : grandes allées droites, carrefours en étoile...

Ce droit de chasse, qui rappelle la puissance du souverain, sera réglementé par de nombreuses ordonnances et décrets à partir de la fin du Moyen Age et pendant tout l'Ancien Régime. Très tôt il sera géré par la maîtrise des Eaux et Forêts (gestion des dégâts du gibier, des clôtures, des délits de chasse et braconnage) et sera puni sévèrement lorsqu'il est enfreint, généralement par des amendes plus ou moins élevées, des peines corporelles et parfois la peine de mort.

Les populations ont pourtant besoin de protéger leurs troupeaux des prédateurs (loup, renard, ours...). Lutter contre ces prédateurs (les loups en particulier) a d'ailleurs nécessité la création très tôt - IXe siècle - d'un ordre particulier, la louveterie. Or seuls les louvetiers agréés par le seigneur disposent de ce droit. De même, certains animaux peuvent occasionner des dégâts aux récoltes (cervidés, sangliers, lapins...). Les délits seront donc fréquents, tout comme le braconnage : les paysans vont chasser le petit gibier, à l'aide de pièges ou collets, pour se protéger, se nourrir ou commercialiser la viande et les peaux.

Ce n'est qu'à la Révolution que le droit de chasse sous cette forme sera aboli et que la chasse pourra de nouveau être pratiquée par tous, sans discrimination sociale.

Chasse au vol - Moralia in Job - Gregorius
Chasse au vol - Moralia in Job - Gregorius © Dijon BM - ms.0173
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