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Des éléments remarquables

Arbres uniques au sein d’une société d’arbres, ils sont un patrimoine naturel et culturel des forêts publiques. Arbres exceptionnels de par leur histoire, leur dimension ou encore leur forme, souvent connus depuis des générations, parfois entourés de légendes, ce sont les « arbres remarquables ». Une richesse à connaître, préserver et mettre en valeur.

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Le label « Arbre Remarquable de France »

Depuis plus de 10 ans maintenant, l’association Arbres (Arbres remarquables : bilan, recherche, études et sauvegarde) œuvre au plan national en faveur des arbres…Plus sur: Le label « Arbre Remarquable de France »

De l’allure par-dessus tout

De nombreux arbres remarquables le sont par leur forme ou leur dimension et incarnent une force et une beauté végétale qui nous dépassent. Les plus hauts flirtent avec les 60 m, ce sont des résineux : douglas, épicéas ou sapins.

Chaque espèce a ainsi ses "champions" qui se distinguent de leurs congénères par leur morphologie. Certains dépassent les 2 mètres de diamètre, d'autres ont des formes rares résultant de l'action de l'homme ou des facéties de la nature.

Ainsi les célèbres "Faux de Verzy" sont des hêtres tortillards dont l'origine de la courbure des branches, torsadées et enchevêtrées, reste mystérieuse. Ailleurs ce sont deux chênes soudés formant une arche sous laquelle passer porte bonheur aux jeunes mariés...

Des témoins de l’histoire

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© Patrice Delgado / ONF Illustration

En traversant les époques, les arbres rappellent à l'homme son histoire et ses légendes. L'aspect historique mérite parfois de placer un arbre sur le devant de la scène, qu'il s'agisse d'histoire locale ou nationale.

Témoin privilégié des événements, son nom peut évoluer au fil du temps comme c'est le cas du "Chêne de l'Entente" en forêt de Compiègne. Baptisé ainsi pour célébrer l'accord entre Anglais, Français et Russes de 1907, il s'appelait auparavant "Chêne de la Tsarine", en souvenir des souverains russes en visite à Compiègne !

Répertoriés en forêt publique depuis près d’un siècle

S'intéresser aux arbres remarquables n'est pas une préoccupation récente. Dans le premier document officiel qui les concerne en 1899 : le directeur des Eaux et Forêts mentionne déjà l'attachement des populations, l'admiration qu'ils inspirent, et demande « qu'ils soient, de la part du service forestier, l'objet d'une protection constante ».

Un premier inventaire en forêt domaniale est réalisé en 1911, mis à jour et complété en 1935. Entre guerre et reconstitution de la ressource forestière, il n'y a pas eu, au cours des décennies suivantes, d'action d'envergure à leur profit. Ils ne sont pas pour autant tombés dans l'oubli et nombre d'entre eux ont survécu aux vicissitudes du XXe siècle. Mais il a fallu attendre 1996 pour qu'un nouveau recensement soit initié au niveau national par l'ONF.

Des critères variés pour les sélectionner

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© Laurence Dall'o / ONF Illustration

« Remarquable », la notion est vaste... Chacun avec sa sensibilité, son imaginaire, son engagement, donne un sens différent à ce mot. C'est ce qui explique la multiplicité des définitions : aucune n'est « la » bonne, chacune reflète l'approche de celui - individu, association, organisme institutionnel - qui la porte.

L'ONF a privilégié l'implication des "forestiers de terrain". Un protocole de description et une coordination aux niveaux régional et national apportent la cohérence nécessaire au dispositif de recensement des arbres et peuplements remarquables forestiers.

Les arbres sont remarquables pour de nombreuses raisons. Les critères définis pour l'apprécier sont :

  • les dimensions (diamètre, hauteur)
  • l'âge
  • le port
  • la forme du tronc et des frondaisons
  • la rareté de l'essence
  • des curiosités botaniques
  • la situation vis-à-vis de l'environnement extérieur
  • l'existence de coutumes, légendes ou pratiques religieuses associées.

Par ailleurs quatre niveaux d'intérêt sont différenciés : local, départemental, régional et national.

Un nombre limité d’heureux élus

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© Anne-Marie Granet / ONF Illustration

En 1996, les forêts publiques de France métropolitaine comptaient 296 arbres remarquables d'intérêt national dont une majorité de feuillus.

229 sont des arbres à tronc unique, 28 à troncs multiples et 38 des groupes d'arbres, complétés par 21 peuplements et 7 alignements.

Au total, en ajoutant les niveaux locaux, départementaux et régionaux, on parvient au chiffre de 2.048 arbres et groupes d'arbres et 214 peuplements.

L'inventaire compte une dizaine d'arbres de plus de 600 ans d'âge.


Le chêne, seigneur de nos forêts

Parmi la quarantaine d'essences représentées, les chênes sont les plus nombreux.

Vénérés par l'homme dans les temps anciens, ils possèdent une grande longévité et peuplent de nombreuses forêts françaises.

Le doyen des arbres remarquables en forêt publique est d'ailleurs un chêne dont l'âge est estimé à 850 ans. Baptisé "Chêne des sorcières", il se trouve dans la forêt domaniale de Saint-Avold, en Moselle. Son nom est lié à une légende qui raconte que des sorcières s'y réunissaient.

Une gestion attentive

Afin de mieux les préserver, les arbres et groupes d'arbres remarquables sont répertoriés dans l'aménagement forestier (le guide de gestion établi pour chaque forêt) et font l'objet d'une gestion particulière. Ils sont souvent aussi mis en valeur pour le public et les plus renommés constituent parfois un but de promenade apprécié.

Mais malgré leur aspect monumental et leur éternité apparente, ces "anciens" sont fragiles et supportent mal une trop forte fréquentation : barrière ou aménagement de protection les mettent alors à l'abri du piétinement tout en évitant qu'une branche tombe sur la tête des visiteurs.

Régulièrement, de nouveaux individus ou groupes sont découverts et ajoutés à la liste, tandis que d'autres disparaissent. Ils ont par exemple payé un lourd tribut à la tempête de 1999. Les arbres remarquables meurent aussi...

Les sapins présidents du Jura

La tradition du Sapin-Président est née dans le Jura à la fin du XIXe siècle. Le sapin (parfois l'épicéa) le plus majestueux de la forêt est élu officiellement au cours d'une cérémonie festive qui réunit les forestiers, les élus et le public local, venus honorer dignement le nouveau "Président".

Souvent signalé sur les cartes ou les sentiers de promenade, il est un but de promenade apprécié pour de nombreuses années.

Mais lorsque la maladie ou un coup de foudre ont raison de lui, il est abattu et un successeur est désigné. Nouvelle occasion de faire la fête...

 

Longue vie à d’autres « anciens »

Bien sûr, la forêt, et la forêt publique en particulier, n'a pas l'apanage des arbres remarquables, loin de là. La majorité est même plutôt hors forêt, dans la campagne, au bord des chemins, dans les parcs urbains ou les places des villages. Partout où ils ont pu bénéficier d'espace pour leur croissance et d'une attention particulière pour traverser les années.

Nombreux sont ceux qui leur vouent un attachement particulier ; c'est pour cela que de nombreuses associations, des communes, petites ou grandes, aujourd'hui relayées par les régions ou les départements, souhaitent réaliser un inventaire pour mieux connaître, protéger et faire connaître leur patrimoine arboré. L'ONF est partie prenante de certaines de ces actions, par exemple dans le cadre du partenariat avec l'association Arbres (lire l'encadré en tête de page).

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