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Prendre des mesures adaptées

Le stade critique de la régénération

Cette parcelle a du être engrillagée pour permettre le développement de la régénération forestière
Cette parcelle a du être engrillagée pour permettre le développement de la régénération forestière © Patrick Barré / ONF

Le stade de la régénération du peuplement constitue une période particulièrement critique, qu'il s'agisse d'une régénération naturelle ou d'une régénération par semis ou plantation.

C'est en effet le moment où les jeunes semis ou plants, qui ont vocation à constituer les futurs peuplements, présentent dans leurs premières années une hauteur réduite qui les rend particulièrement vulnérables et accessibles à la dent du gibier. Soit environ 1,20 m pour le chevreuil et 1,80 m pour le cerf.

Au-delà d'un certain seuil de dégâts admissibles, la régénération est susceptible d'être compromise. Il est donc nécessaire d'entreprendre des mesures de régulation du gibier (essentiellement les cervidés voire les sangliers) et dans l'attente de leur effet, des mesures palliatives de protection des jeunes arbres qui peuvent durer de 10 à 15 ans.

Les mesures de régulation du gibier

Le cerf et le chevreuil sont des espèces soumises à un plan de chasse qui a été généralisé en France en 1979.

Ce plan de chasse est fixé par l'autorité administrative départementale de façon à encadrer la gestion de ces espèces :

  • un plan de chasse est attribué suite à la demande d'un détenteur de droit de chasse sur un territoire (ONF en forêt domaniale)
  • le plan de chasse individuel est attribué par le préfet suite à l'avis de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage
  • il fixe un nombre maximum et un nombre minimum d'animaux à prélever par espèce, voire par catégorie particulière (sexe, âge...). Le niveau minimum vise à assurer la protection de l'habitat et la limite maximale a pour but la protection de l'espèce
  • le contrôle de son respect est effectué par la mise en place d'un dispositif de marquage unique (bracelet) à apposer sur la patte arrière droite de chaque animal prélevé
  • l'ONF, demandeur et bénéficiaire du plan de chasse individuel, délègue l'exécution de ses plans de chasse aux locataires du droit de chasse
  • le non respect du minimum et le dépassement du maximum constituent des infractions de 5ème classe et donnent lieu à verbalisation.

Cette procédure s'applique également pour les autres espèces soumises à plan de chasse, en particulier le chamois, l'isard et le mouflon.

Pour les autres forêts relevant du régime forestier, l'ONF n'est pas détenteur du droit de chasse, mais il lui appartient de porter un avis sur la demande qui est présentée à l'autorité administrative.

Les bracelets qui sont posés aux pattes des animaux tués sont reliés à un plan de chasse
Les bracelets qui sont posés aux pattes des animaux tués sont reliés à un plan de chasse

Les mesures de protection

Essences d'enrichissement biologique des peuplements, les érables et les mérisiers sont protégés de la dent du chevreuil
Essences d'enrichissement biologique des peuplements, les érables et les mérisiers sont protégés de la dent du chevreuil © Van Meer / ONF

Lorsque la situation est dégradée au point de compromettre la régénération forestière, il peut être nécessaire de procéder à titre transitoire à des mesures de protection de ces régénérations.

Cela consiste à mettre les plants ou semis que l'on veut protéger, à l'abri de la dent du gibier par des protections globales (parcelles clôturées par du grillage ou lattis en bois) ou individuelles lorsque le nombre de plants ou semis est réduit (manchons qui enserrent le jeune plan).

Ces protections ont vocation à être retirées dès que la régénération forestière est considérée comme acquise. Outre les aspects écologiques et paysagers, ces mesures de protection constituent un surcoût important (de l'ordre de 15 € par mètre linéaire et 2 € par plant).

Ces protections ne sont pas retenues comme une solution pérenne à la problématique de l'équilibre forêt gibier.

L’aménagement du milieu

Le forestier agit également au niveau de l'écosystème forestier de façon à ce que celui-ci puisse augmenter sa capacité d'accueil pour les populations d'ongulés (en particulier de cervidés) et diminuer leurs impacts.

Ces actions portent, à travers l'aménagement forestier, principalement sur :

  • la gestion des zones non boisées (accotements, lignes de parcelles, lignes électriques, prairies...) qui permet de favoriser une végétation accessible
  • une plus grande ouverture à la lumière des peuplements forestiers qui permet le développement au sol de ressources alimentaires nouvelles (ronces par exemple)
  • des techniques sylvicoles appropriées visant à réduire l'impact des cervidés sur les régénérations forestières, comme par exemple la gestion fine des semis dans une végétation d'accompagnement censée les protéger.
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