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La pression du gibier sur les peuplements

L’augmentation, localement importante, des populations de grands animaux (cerfs, chevreuils, mouflons, chamois ou isards) se traduit par un impact sur les peuplements forestiers qui leur est préjudiciable.

En cas de surpopulation des cervidés, il y a des risques d'écorcage
En cas de surpopulation des cervidés, il y a des risques d'écorcage © Philippe Ballon / Irstea

Parmi les espèces de gibier qui participent à l'écosystème forestier, certaines exercent, selon leur abondance, une pression plus ou moins forte sur le milieu qui les accueille. Il s'agit, en plaine, des cervidés (cerf élaphe, cerf sika, chevreuil, daim) et en montagne, du chamois, de l'isard et du mouflon.

Les dégâts causés au milieu forestier sont variés :

  • consommation intense des jeunes pousses ou des rameaux : cet abroutissement des régénérations naturelles ou des plantations peut rendre impossible la phase de régénération des peuplements forestiers adultes, compromettant ainsi leur renouvellement et donc la gestion durable de la forêt. C'est l'impact le plus significatif et le plus répandu
  • frottis de jeunes tiges : les cerfs ou chevreuils mâles causent des blessures aux arbres en frottant leurs bois pour les débarrasser de leur velours une fois leur croissance achevée. Or, ces bois se renouvèlent chaque année...
  • écorçage des arbres : le cerf détache avec ses dents des parties d'écorce pour les consommer. Sont victimes de ces morsures et arrachements certaines essences forestières à écorce fine (épicéa, hêtre) sur des peuplements au stade perchis (de l'ordre de 40 à 60 ans). S'ensuit le développement de pourriture ou de coloration du bois qui peuvent déprécier la totalité de la valeur du peuplement
  • de façon plus générale, les cervidés consomment en priorité certaines espèces végétales qui ont leur préférence, ce qui conduit à réduire fortement la présence de ces espèces, voire à les faire disparaître du cortège floristique de la forêt.

Une trop grande pression des cervidés sur le milieu forestier a un double effet négatif à la fois sur le renouvellement de la forêt et sur sa diversité floristique, deux paramètres de base pour assurer une gestion durable. Les dégâts qui résultent de cette pression ont des conséquences sur le plan écologique (perte de biodiversité) et économique (surcoût des régénérations et perte de valeur du matériau bois).

Il est à noter les populations de sanglier, vu leur fort accroissement récent, arrivent également à présent à impacter défavorablement l'habitat forestier, en particulier les milieux rares et fragiles, ce qui n'était pas le cas jusqu'alors. Lorsque les densités de sanglier sont particulièrement importantes, on peut noter un impact fort de ces animaux : consommation des fruits forestiers et champignons, l'arrachage des plants ou semis naturels pour la consommation du collet (partie riche en minéraux qui fait le lien entre la tige aérienne et les racines), labour du sol sur des surfaces importantes qui détruit les végétaux à enracinement de surface (en particulier sur les zones humides).

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