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3 questions à... Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables (SER)

Afin de répondre aux exigences européennes en matière énergétique à l’horizon 2020/2030, l’Office national des forêts s’emploie à développer la production de bois énergie. Une énergie renouvelable principalement utilisée pour le chauffage domestique et qui se renouvelle 1 million de fois plus vite que les énergies fossiles comme le charbon ou le pétrole.

Jean-Louis Bal
© Christiane Baroche / ONF

Que représente aujourd'hui la part de la biomasse et plus particulièrement du bois énergie dans le bouquet énergétique français ? Quelle projection d’ici à 2030 ?

Les énergies renouvelables représentent 15% du bouquet énergétique français. Parmi ces 15%, on retrouve 40% de bois énergie. Il est utilisé pour les grandes installations, dans les logements collectifs, le tertiaire et l'industrie, ainsi qu'en chauffage au bois pour les habitats individuels. D'ici à 2030, l'objectif est d'augmenter la part des énergies renouvelables à 32% de la consommation finale d'énergie. Ce qui implique d'augmenter la part de bois énergie. Pour y parvenir, une programmation pluriannuelle a été mise en place par la loi de transition énergétique. En 2018 par exemple, l'objectif est d'aboutir à 12 millions de tonne équivalent pétrole (tep), contre 9.2 millions en 2015. Pour 2023, une fourchette de 13 à 14 millions tep a été établie. Il faut donc s'attendre à voir cette énergie se développer considérablement dans les prochaines années.

Quel sera le rôle de l’amont forestier dans cette évolution ?

La mobilisation de la filière bois est essentielle. Selon les estimations, 12 millions de m3 de bois supplémentaires devront être récoltés pour atteindre les objectifs fixés. C'est tout à fait réalisable puisque la ressource existe, mais cela nécessite un investissement en forêt, que ce soit pour développer des équipements plus performants de traitement du bois, ou pour renouveler les plantations. Le marché du bois d'œuvre et du bois d'industrie doit également être stimulé car les forêts ne seront pas exploitées uniquement pour la production de chaleur. Il est par ailleurs intéressant de souligner le rôle très bénéfique du fond chaleur (Ademe) qui, outre le fait de développer des chaufferies, a aussi, depuis deux ans, mis en place des financements pour la mobilisation du bois en forêt.

Quel rôle ou responsabilité pour l’ONF identifiez-vous dans les objectifs à atteindre ?

Le rôle de l'ONF est primordial pour assurer, via sa filiale ONF Energie, la fourniture de bois et de plaquettes forestières pour les chaufferies collectives et industrielles développées depuis 2009 avec le fond chaleur. Il faut d'ailleurs souligner que la forêt publique ne représente que 25% de la surface forestière française. Pourtant, l'ONF parvient à assurer 40% de la production en bois. La forêt privée, qui représente 75% du territoire français, participe à l'évolution du marché du bois-énergie. Les coopératives forestières sont les premiers récoltants de plaquettes forestières avec une production de 900 000 tonnes en 2016. L'ONF reste exemplaire avec une production de 400 000 tonnes. Les relations commerciales d'ONF Energie avec les coopératives forestières permettent d'approvisionner les chaufferies biomasse avec un maximum de services.

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