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Retour sur... La biodiversité, au cœur des préoccupations de l’ONF

La protection de la biodiversité est l’un des piliers des missions assurées par l’ONF. Comment les forestiers intègrent-ils cette question au quotidien ? Retour sur quelques données et actions phares.

Illustration
© Jean-Jacques Boutteaux / ONF

230 experts naturalistes

© ONF

Conserver au mieux les milieux forestiers requiert d'améliorer ses connaissances en matière de biodiversité. C'est pourquoi l'ONF a développé, depuis dix ans, six réseaux naturalistes dédiés respectivement aux oiseaux, aux insectes, aux amphibiens et reptiles, mammifères, champignons et aux habitats et à la flore.

Au sein de ces réseaux, ces 230 experts forestiers naturalistes s'emploient à observer, mieux connaître et caractériser la biodiversité forestière. Ce travail de recherche et de terrain se traduit notamment par une participation à divers plans nationaux d'actions sur les espèces menacées ou encore la réalisation de nombreux inventaires et suivis écologiques. Il permet aujourd'hui de disposer de 400 000 données de référence portant sur plus de 6 000 espèces. Ces données recueillies constituent un appui essentiel à la gestion forestière. Une gestion qui intègre par exemple la définition de périmètres définis selon des prescriptions environnementales. Ils permettent de préserver la tranquillité, en période de reproduction, et la survie de certaines espèces, comme la Cigogne noire. Dans ce contexte les travaux forestiers sont suspendus temporairement.

Loin d'agir en cercle fermé, ces réseaux naturalistes nouent au quotidien de nombreux partenariats, locaux et nationaux, avec des associations, organismes et acteurs reconnus dans le domaine de la conservation de la nature et de la recherche. Des conventions cadres sont notamment signées chaque année avec la Ligue pour la protection des oiseaux, l'Office pour la protection des insectes, le Museum national d'histoire naturelle, le CNRS...

Mettre en place des îlots de vieux bois pour préserver la biodiversité

Bois mort
© ONF

Afin de garantir la conservation des espèces de faune et de flore dépendant des vieux peuplements, l'ONF met en place progressivement des îlots de vieux bois (îlots de sénescence et/ou de vieillissement). Selon une "instruction biodiversité" nationale, ces îlots doivent représenter dans les forêts domaniales à minima 3 % du peuplement forestier. Une ambition que l'ONF a souhaité dépasser puisque 11,6 % de la surface boisée est constituée de vieux bois, soit 168 790 ha consacrés au maintien de vieux bois.

Autre action majeure inscrite au cœur de la gestion forestière : la conservation d'un arbre mort à l'hectare, qu'il soit à terre ou sur pied. Indispensable à la vie de nombreux insectes, champignons et oiseaux, qui y trouvent logis et nourriture, le bois mort abrite en effet près de 25 % de la biodiversité forestière.

Plus de 150 000 hectares de réserves biologiques en métropole et en Outre-mer

Réserve biologique
© ONF

56 % des surfaces de forêts domaniales présentent un enjeu de biodiversité reconnu ou remarquable. Au-delà de son implication dans la gestion des zones Natura 2000, l'ONF poursuit l'extension de son réseau de réserves biologiques, visant la conservation de milieux et d'espèces remarquables et/ou menacés. On en compte aujourd'hui 254, soit 151 000 hectares d'espaces protégés. En 2016, trois nouvelles réserves biologiques ont été établies. Parmi celles-ci : la réserve biologique intégrale des Fonds de Monvaux en forêt domaniale de Haye, en Lorraine. Ce massif forestier, composé essentiellement de hêtres, a subi la tempête de 1999. Il est aujourd'hui un témoin de reconstitution spontanée après tempête et servira d'objet d'étude aux forestiers et sylviculteurs.

Préservation et gestion des milieux aquatiques

Milieux aquatiques
© Gilles TALLIER / ONF

Etangs, mares, tourbières, marais... les milieux aquatiques en forêt représentent aussi une véritable richesse écologique et sont indispensables à l'équilibre forestier. C'est pourquoi ils sont suivis avec attention par les agents de l'ONF, qui engagent régulièrement des travaux afin de les préserver.

Depuis 2013, l'ONF développe des accords-cadres de coopération avec les agences ou offices de l'eau : Rhône-Méditerranée-Corse ; Seine-Normandie ; Loire-Bretagne ; Rhin-Meuse ; Martinique. Objectif : renforcer le rôle positif de la forêt sur la qualité des milieux.