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Zoom Les résultats clefs du bilan patrimonial 2011 des forêts domaniales

Dans le cadre de ses engagements avec l’Etat, l’ONF a réalisé en 2011 le deuxième bilan patrimonial des forêts domaniales métropolitaines.
42 indicateurs permettent de rendre compte et de suivre dans le temps l’état de ces forêts, dans la diversité de leurs fonctions économiques, écologiques et sociales.
Un état des lieux grandeur nature qui couvre plus de 1.702.000 ha répartis en 1.317 forêts, mais aussi un outil de pilotage de la gestion durable des forêts domaniales. Désormais dressé tous les cinq ans, le prochain bilan paraîtra donc en 2016.

> Repères

En 2011, les forêts domaniales couvrent plus de 1.702.000 ha, soit une augmentation de leur surface de près de 3.000 ha en cinq ans.

Cette hausse s’inscrit dans une tendance à long terme qui a vu leur surface augmenter de près de 600.000 ha depuis l’instauration du Code forestier, en 1827.

Evolution de La surface des forêts domaniales depuis 1789
Evolution de La surface des forêts domaniales depuis 1789 © ONF 2011

> Economie et production

Surface par niveau d’enjeu pour la fonction de production
Surface par niveau d’enjeu pour la fonction de production © ONF 2011
  • Le potentiel de production est inégalement réparti sur l'Hexagone : si les surfaces en enjeu moyen et fort (66%) sont concentrées dans une large moitié Nord, les surfaces en enjeu faible ou sans objet pour la fonction de production (34%) se situent principalement dans les 4 régions du Sud

  • La surface consacrée à la production de bois représente 77% de la surface totale des forêts domaniales, soit environ 1.305.000 hectares. Elle est en baisse depuis 2006 
  • Les forêts domaniales sont couvertes à 66% d'essences feuillues et à 34% d'essences résineuses. Les cinq essences majoritaires sont le Hêtre (21%), le Chêne sessile (19%), le Sapin pectiné (9%), le Chêne pédonculé (7%) et le Pin sylvestre (7%)
  • La majorité de la surface en sylviculture de production est gérée en fonction d'essences principales objectif feuillues (68%). Le maintien de la part actuelle à objectif résineux (32%) constitue un enjeu pour répondre à la demande de la filière bois
  • Les diamètres d'exploitabilités prévus par les aménagements forestiers sont conformes aux directives nationales approuvées par le ministère de l’Agriculture
  • Le traitement en futaie régulière concerne plus de trois-quarts de la surface en sylviculture. Toutefois, sur les quinze dernières années, son importance a diminué au profit de la futaie irrégulière et de la futaie par parquets
Evolution des surfaces des traitements sylvicoles - % de la surface gérée
Evolution des surfaces des traitements sylvicoles - % de la surface gérée © ONF 2011

  • Les forêts domaniales présentent des peuplements plus âgés que la moyenne des forêts françaises, notamment en raison de l'importance de l'objectif de production de Chêne. La surface des jeunes peuplements correspond à un âge moyen d'exploitabilité d'environ 120 ans, représentatif de la composition en essences
  • Le volume bois fort tige moyen, stable sur les 25 dernières années, est estimé à 182 m3/ha (soit environ 192 m3/ha de volume de bois fort total). Les feuillus (principalement Chêne sessile et Hêtre) en représentent 61%, contre 39% pour les résineux (Sapin pectiné et Epicéa commun en tête). La répartition en classes de diamètre est stable
Volume de bois sur pied
Volume de bois sur pied © IGN, synthèses 1984, 1996 et 2007, toutes classes de diamètre confondues

  • La surface terrière moyenne est estimée à 22 m²/ha. Elle est supérieure à la valeur cible moyenne préconisée par les guides de sylviculture
  • Une part non négligeable de la ressource (environ 15% en surface et en volume) reste située à plus de 500 m d’une piste de débardage. En combinant ce critère à d’autres critères déterminant l’exploitabilité, la part de la ressource difficilement exploitable est de 29%
  • Les volumes annuels vendus lors de la période 2005-2009 sont comparables à ceux de la période 1995-1999, mais inférieurs à la période intermédiaire (2000-2004), impactée par les volumes supplémentaires dus aux tempêtes de 1999
Volume annuel moyen vendu sur la période 1995-2009
Volume annuel moyen vendu sur la période 1995-2009 © ONF 2011

  • 50% du volume de bois d’œuvre feuillu récolté est fourni par des chênes et des hêtres de gros diamètre. Les DT Ile-de-France - Nord-Ouest, Centre Ouest Auvergne Limousin, et Lorraine, en sont les principaux bassins de production. L’analyse particulière des chênaies ligériennes montre une nette augmentation du diamètre moyen des arbres récoltés en fin de cycle sylvicole
  • Les plans et tableaux de chasse pour le grand gibier sont en progression au niveau national, avec quelques disparités régionales selon les espèces
  • Les cours du bois ont fortement chuté après les tempêtes de 1999. Impactés également par la crise économique déclenchée en 2008, ils demeurent inférieurs à leur niveau des années 1990.

> Biodiversité et milieux remarquables

Surface totale des FD répartie par niveau d’enjeu pour la fonction écologique
Surface totale des FD répartie par niveau d’enjeu pour la fonction écologique © ONF 2011
  • La majorité des forêts domaniales (56% en surface) est en enjeu fort ou reconnu pour la fonction écologique, c’est-à-dire qu’elle relève d’un statut de protection réglementaire ou contractuelle ou dispose d’un inventaire naturaliste reconnu

  • Les forêts domaniales représentent environ 9% des espaces boisés métropolitains. Elles sont constitués de massifs élémentaires plus vastes - mais aux formes plus complexes - que la moyenne nationale
  • Plus de 92% des forêts domaniales présentent 2 essences ou plus. Les taux de pureté moyens en surface terrière et en volume sont de, respectivement, 71% et 74%, en conformité avec les objectifs fixés par les directives nationales d’aménagement et de gestion
  • Le volume de bois mort sur pied, en augmentation, est estimé à environ 5 m3/ha. La quantité de bois mort au sol est comparable à la moyenne des forêts françaises, avec environ 17 m3/ha
Volume de bois mort à l’hectare
Volume de bois mort à l’hectare © IGN, Synthèse 2007

  • L’enjeu reconnu de la conservation des ressources génétiques forestières est concrétisé par une stratégie de conservation dynamique in situ reposant sur un réseau d’unités conservatoires, dont les forêts domaniales sont le principal contributeur. Elles contribuent également pour une part importante à l’alimentation de la filière en matériel forestier de reproduction par un réseau de peuplements porte-graines sélectionnés et de vergers à graines
  • Les données issues du programme d’observation de l’avifaune (STOC) supervisé par le Muséum national d’histoire naturelle montrent, sur la période 2002-2010, une abondance moyenne plus forte des oiseaux "forestiers" en forêt domaniale que dans les autres forêts françaises, avec une stabilité dans le temps
Indicateurs annuels d’abondance
Indicateurs annuels d’abondance © MNHN 2011

  • Si les populations de Cigogne noire et de Balbuzard pêcheur affichent des dynamiques positives au niveau national, avec notamment de nombreuses nichées régulières en forêt domaniale, la situation du Milan royal a en revanche justifié la mise en place d’un second plan national de sauvegarde
  • Les milieux remarquables inventoriés couvrent près de trois quarts des forêts domaniales
  • Depuis 2005, le réseau d’aires protégées en FD a fortement progressé. En 2011, le pourcentage de forêt sous statut de protection forte avoisine les 7%, soit un niveau bien supérieur à l’objectif national de 2% fixé par la stratégie nationale de création des aires protégées (SCAP)
  • Les surfaces consacrées au maintien de vieux bois ou hors sylviculture sur le long terme représentent environ 10% de la surface boisée des FD.

> Enjeux socio-culturels et d’accueil du public

Surface totale des FD répartie par niveau d’enjeu pour la fonction sociale
Surface totale des FD répartie par niveau d’enjeu pour la fonction sociale © ONF 2011
  • 44% des FD sont classés en enjeu moyen ou fort pour la fonction sociale, avec de fortes disparités entre régions et directions territoriales

Surface de FD répartie selon la densité de population résidente des communes de situation
Surface de FD répartie selon la densité de population résidente des communes de situation © Insee 2008, ONF 2011
  • Environ un cinquième des forêts domaniales est sous influence urbaine. 5% d’entre elles se situent sur le territoire communal d’unités urbaines de plus de 50.000 habitants et 14% dans leur zone d’influence

  • Environ 100.000 ha de forêts domaniales sont situés sur le territoire de communes touristiques ou à forte capacité d’hébergement touristique
  • 21% des massifs domaniaux (34% en surface) connaissent une fréquentation par le public importante. Celle-ci est particulièrement forte à proximité des zones densément peuplées ou touristiques, notamment les zones littorales. Même si la fréquentation des forêts françaises semble légèrement en baisse depuis 2004, il est probable que les forêts domaniales continuent d’accueillir, de par leur ouverture au public et leur situation, une part importante des 500 millions de visites annuelles
  • L’offre d’accueil en forêt domaniale est cohérente avec la répartition des enjeux sociaux et des niveaux de fréquentation. Les infrastructures lourdes d’accueil sont situées principalement dans des FD à enjeu fort ou reconnu pour la fonction sociale, en particulier dans les FD littorales ou à fort niveau de fréquentation. Le linéaire d’accueil est en augmentation
Itinéraires balisés pour l’ensemble des FD de l’Hexagone
Itinéraires balisés pour l’ensemble des FD de l’Hexagone © ONF 2005 et 2010

  • Les forêts domaniales sont impliquées dans de nombreuses démarches territoriales, illustrant leur rôle important dans les dynamiques forestières locales
  • Les informations disponibles sur les captages montrent que les FD sont couvertes à au moins 2% par des périmètres de protection rapproché ou immédiat de captage, illustrant leur rôle essentiel dans la protection de la ressource en eau.

> Risques et santé des forêts

  • Si, globalement, l’augmentation des problèmes phytosanitaires constatée entre les périodes 1998-2004 et 2005-2010 est modérée, elle ne doit néanmoins pas occulter certains phénomènes locaux qui mobilisent l’attention des gestionnaires, comme l’extension récente de Chalara fraxinea sur le Frêne ou des défoliations réitérées par la Processionnaire du Chêne. Le Pin maritime et l’Epicéa commun sont particulièrement touchés par des problèmes à fort impact économique
Problèmes sanitaires majeurs et évolution pour 8 essences majeures des forêts publiques
Problèmes sanitaires majeurs et évolution pour 8 essences majeures des forêts publiques © MAAPRAT 2011

  • Les déficits foliaires observés sur la période 1998-2009 restent globalement limités
  • Les DT Ile-de-France - Nord-Ouest, Centre Ouest Auvergne Limousin, Sud-Ouest et Méditerranée ont connu des fréquences de départ de feux équivalentes sur la période 2005-2010. Les surfaces incendiées les plus importantes concernent les DT Sud-Ouest et Méditerranée
Nombre d’éclosions de feux (à gauche) et surfaces incendiées (à droite) par classe de taille de sinistre, pour les forêts domaniales métropolitaines
Nombre d’éclosions de feux (à gauche) et surfaces incendiées (à droite) par classe de taille de sinistre, pour les forêts domaniales métropolitaines © ONF 2011

Surface par niveau d’enjeu pour la fonction de protection contre les risques naturels
Surface par niveau d’enjeu pour la fonction de protection contre les risques naturels © ONF 2011
  • 12% des FD présentent un niveau d’enjeu moyen ou fort pour la fonction de protection contre les risques naturels. Elles sont situées essentiellement en zones de haute montagne et en zone dunaire

  • Le volume moyen annuel de produits accidentels récoltés a été d’environ 339.400 m3 sur la période 2007-2010. Les bois issus des tempêtes Klaus (2009) et Xynthia (2010) et de leurs conséquences sanitaires (épidémies de scolytes) en représentent une part importante
Volumes de produits accidentels récoltés
Volumes de produits accidentels récoltés © ONF 2011

  • L’appréciation de l’avenir des régénérations, au regard des dégâts dus au grand gibier, permet d’évaluer le maintien d’un équilibre faune/flore. En Alsace, cet équilibre est rompu, ou en passe de l’être dans, respectivement, 16% et 47% des forêts domaniales.