+ de critères
 
 

Interview « Préserver la mémoire et le lien entre la France et les Etats-Unis »

L’ONF, en partenariat avec la Fondation du patrimoine, lance un appel aux dons pour entretenir le souvenir de la Grande Guerre en forêt d’Argonne. Monique Seefried, commissaire à la commission américaine du centenaire, apporte son soutien au projet. Cette franco-américaine se réjouit des liens fraternels qui unissent la France aux États-Unis, réunis autour de la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale.

© Monique Seefried

En 1918, les soldats américains, parmi lesquels le futur président Truman, ont lancé la dernière offensive de guerre. Quel regard et sentiments portez-vous sur cette période historique ?

Meuse-Argonne représente la plus grande opération militaire de l'armée américaine dans l'histoire des États Unis, avant et depuis 1918. La Grande Guerre a placé les États-Unis sur la scène internationale et a réunifié un pays fracturé par la guerre civile. Cette guerre a initié d'importantes découvertes dans les domaines des sciences et des techniques. Elle a servi de prélude au rôle important joué par les États-Unis pendant et après la Seconde Guerre Mondiale.

Au-delà de la commission du centenaire, cette bataille est-elle toujours présente dans la mémoire du peuple américain, y compris des jeunes générations ?

La Première Guerre mondiale est un conflit oublié aux États-Unis, en partie lié au fait que cette guerre n'a pas eu lieu sur leur territoire. Beaucoup d'américains, affaiblis par la crise économique de l'entre-deux-guerres, ont eu le sentiment que l'engagement et les sacrifices des soldats ont été vains. Sur les deux millions de soldats partis combattre en France, 116.000 ont perdu la vie, soit plus de pertes que la guerre du Corée et la guerre du Vietnam réunies. Cent ans plus tard, les États-Unis sont en train de redécouvrir le lourd tribu de cette guerre, les conséquences, mais aussi les causes d'un conflit qui leur étaient jusqu'alors méconnues. À travers le pays, de nombreuses commémorations sont prévues, les mémoriaux de la Première Guerre sont redécouverts et restaurés. Une campagne d'éducation a également été lancée.

Que représente pour vous cet appel aux dons lancé par l'ONF ?

Ce projet de l'ONF est très symbolique. Il est à la fois symbole de mémoire et de lien entre les jeunes français qui ont plantés ces 1700 arbres que représentent les 1700 soldats américains de la première division morts en Argonne. Cet appel aux dons rappelle la générosité du peuple américain qui a organisé une levée de fonds pendant la guerre pour venir en aide aux Français. Une fois la guerre terminée, ils ont joué un très grand rôle dans la reconstruction des régions dévastées, aussi bien d'écoles, d'hôpitaux, de librairies et églises, ainsi qu'une aide envers les familles et les orphelins de la guerre. Il est très beau de voir l'engagement de jeunes qui pourront faire passer le message aux générations suivantes.

Concrètement, comment avez-vous été associée à cette démarche d'appel à souscription ?

Mon rôle a consisté à élargir ce projet originellement conçu pour commémorer la première division américaine. J'ai suggéré d'y inclure les deux autres divisions américaines engagées dans la même offensive, qui avaient pour but de percer la Kriemhilde Stellung à la Côte de Chatillon : la 35e division US, avec le Président Truman et le General Patton - qui a précédé la 1ere division - et la 42e division US, avec le General MacArthur, qui a remplacé la première division à bout de force et exsangue.

Ressources