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Le contexte

Dans les départements du Var et des Bouches-du-Rhône, la montagne de la Sainte-Baume est un symbole fort du paysage méditerranéen. La forêt domaniale riche en biodiversité et au patrimoine culturel et cultuel ancien, fait l'objet de l'attention de tous les partenaires réunis autour du projet Forêt d'Exception®.

La montagne de la Sainte-Baume, symbole dans le paysage

La montagne de la Sainte-Baume
La montagne de la Sainte-Baume © Angélina Blais / ONF

La montagne de la Sainte-Baume est une barre rocheuse de 12 km orientée est-ouest et haute de 300 m qui s'impose dans le paysage local comme un repère incontournable. De son sommet (Signal des Béguines, 1148m), la vue embrasse les Alpes, le Ventoux, la Sainte-Victoire et la Méditerranée.

Les deux versants sont très différents : l'adret en pente assez douce s'inscrit dans le contexte méditerranéen, alors que l'ubac est abrupt et constitue un îlot de fraîcheur montagnard. En contrebas une végétation exceptionnelle à cette altitude et en contexte typiquement méditerranéen se maintient dans l'ombre. Le rempart rocheux constitue un obstacle naturel aux influences thermiques de la mer Méditerranée, auquel s'ajoute l'ombre portée du relief en automne et en hiver. Le tout génère un climat continental favorable à une végétation normalement plus septentrionale (hêtraie, bois d'ifs...).

Au pied de la barre rocheuse s'étend le plateau de Plan-d'Aups-Sainte-Baume, aux pentes très peu marquées entre 600 m et 740 m d'altitude environ. Plus au nord, la topographie dessine, vers Saint-Zacharie et Nans-les-Pins, un ensemble de collines et de dépressions.

Si ce massif s'étend sur les départements du Var et des Bouches-du-Rhône, la forêt domaniale de la Sainte-Baume est située uniquement dans le Var, sur les communes du Plan-d'Aups-Sainte-Baume, Nans-les-Pins, Rougiers et Saint-Zacharie.

Une forêt relique propice au mystère

La forêt méditerranéenne au pied de la montagne de la Sainte-Baume
La forêt méditerranéenne au pied de la montagne de la Sainte-Baume © Christèle Gernigon / ONF

Une vieille hêtraie relique est située au pied de la falaise de la Sainte-Baume. Elle a été de tout temps protégée et mise hors de coupe, sauf durant l'époque révolutionnaire. Son histoire est intimement liée au caractère religieux du massif.

Au pied de la montagne, cette forêt moussue et humide, lumineuse et sombre, apparaît tour à tour mystérieuse et inquiétante. Etroits sentiers qui s'enfoncent dans les sous-bois d'ifs, arbres majestueux, troncs tortueux et moussus, sont propices au mystère.

Les chênes pluri-centenaires situés sur un ancien domaine agricole de la Taurelle et les arbres remarquables par leur dimension, leur histoire, leur âge vénérable et les légendes qui leur sont associées, ponctuent la forêt.

La Sainte-Baume, un des châteaux d’eau du Var

L'eau est omniprésente dans le massif de la Sainte-Baume parcouru par un réseau hydrographique complexe de type karstique.

Les eaux de ruissellement de l'ubac de la Sainte-Baume et du plateau de Plan-d'Aups-Sainte-Baume sont collectées par des ruisselets se dirigeant vers plusieurs « pertes ». Les eaux infiltrées circulent en souterrain et émergent sous forme de sources en piémont de l'ubac des Rocs de la Caïre et dans le Vallon de Castelette.

Les nombreuses grottes, résurgences, gouffre de la Grande Tourne et l'inondation de la plaine agricole lors des fortes pluies, les délicates formations de tufs de la source de l'Huveaune (fleuve côtier méditerranéen) mais aussi la mousse sur les arbres et les pierres en forêt sont autant de signes de la présence de l'eau et de l'humidité en forêt domaniale.

Une inspiration sacrée ancienne

L’entrée de la grotte de la Sainte-Baume
L’entrée de la grotte de la Sainte-Baume © Christèle Gernigon / ONF

L'occupation du massif de la Sainte-Baume est très ancienne, ses traces encore présentes en forêt domaniale. Il s'agit de vestiges gallo-romains de l'ancien domaine agricole de la Taurelle, du tumulus de l'époque de bronze final ou du début de l'âge du fer à vocation funéraire, des emmarchements, murets, calades, charbonnières, glacières encore utilisées au siècle dernier.

Le caractère sacré de la montagne remonte lui aussi à des temps très anciens. Les Ligures, les Grecs et les Romains y voyaient déjà un lieu habité par les déesses de la fécondité Cybèle ou Artémis.

Selon la légende, Marie-Madeleine, disciple de Jésus, vint s'y retirer après avoir évangélisé la Provence. Elle s'installa dans la grotte située au pied de la falaise. Ce récit serait à l'origine de l'appellation "Sainte Baume", littéralement la "sainte grotte". Située à 900 m d'altitude, juste au-dessus de la forêt, elle est devenue un sanctuaire chrétien. Depuis le XIe siècle, le site de la Sainte-Baume est un haut lieu de pèlerinage. Aujourd'hui encore, la grotte suscite l'intérêt et accueille de nombreux visiteurs.

En forêt domaniale ou limitrophe, les marques du sacré sont nombreuses : la chapelle des Parisiens, la chapelle du Saint-Pilon, le Chemin des Roys et les oratoires et enfin, nichée au milieu de plateau agricole et au cœur de la forêt domaniale, l'enclave de l'Hôtellerie, propriété des Frères Dominicains, qui y accueillent toute l'année pèlerins et visiteurs.

Ces monuments font pour la plupart l'objet d‘une protection des Monuments historiques.

La Sainte-Baume, haut lieu de la diversité écologique

Les chênes centenaires de la Sainte-Baume
Les hêtres de la Sainte-Baume © ONF

Comme une oasis dans le paysage méditerranéen local, cette forêt abrite une diversité écologique exceptionnelle.

Les peuplements forestiers et la flore associée, sont des souvenirs de la végétation préalpine au cœur même de la Provence. C'est le site le plus méridional de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur où l'on rencontre le Hêtre.

Les bois morts ou dépérissants constituent un refuge pour certaines espèces remarquables et protégées telles que le Grand Capricorne, la Rosalie des Alpes, le Lucane cerf-volant, le Taupin violacé et le Pique-prune, coléoptères saproxyliques.

Les arbres creux de la hêtraie relictuelle sont nécessaires à l'alimentation et à la nidification d'oiseaux comme le Pic noir, et des rapaces nocturnes et passereaux. Ces arbres sont aussi le gîte de certaines espèces de chauve-souris (toutes protégées) telles que le Murin de Beschtein présent dans le vallon de la Castelette.

A côté de la hêtraie mature, la forêt domaniale abrite également des bois d'If provençal, des habitats travertin et dépôts de tufs (vallon de Castellette), de nombreuses grottes, des pelouses steppiques, une des stations les plus septentrionales de la Sabline de Provence. De nombreuses espèces végétales et animales protégées ou patrimoniales et onze habitats d'intérêt communautaire (directive Habitats européenne) sont présents.

Un site apprécié du public

Lieu de légende, site de pèlerinage de la tradition chrétienne, monument naturel d'une grande beauté et riche en biodiversité, le massif de la Sainte-Baume est l'un des sites les plus attractifs et les plus fréquentés de la région PACA.

Entre le Var et les Bouches-du-Rhône, la forêt domaniale accueille des visiteurs des villes proches comme Marseille ou Aix-en-Provence, mais aussi des pèlerins venus du monde entier pour se recueillir dans la grotte de Sainte-Marie-Madeleine.

La fréquentation du public est importante, à titre individuel ou collectif, en promenades pédestres, cyclistes ou équestres, pour découvrir le patrimoine naturel et culturel.

Cette notoriété entraîne ponctuellement des soucis de surfréquentation. La gestion du public doit permettre de préserver le site et sa biodiversité.

Les différents statuts de reconnaissance du patrimoine

Outre le régime forestier, qui constitue à lui-seul un statut de protection important, la forêt domaniale est concernée par plusieurs statuts particuliers :

  •  espaces boisés classés pour la grande majorité - seules la zone agricole proche de l'Hôtellerie, ainsi qu'une partie du domaine de la Taurelle, ne bénéficient pas de cette protection
  • un site inscrit pour partie au titre des paysages depuis 1945
  • une réserve biologique dirigée depuis 1982
  • les oratoires et chapelles inscrits sur la liste des monuments historiques
  • un site Natura 2000 Massif de la Sainte-Baume (2.169 ha) doté d'un document d‘objectifs (dont l'animateur est le futur Parc naturel régional de la Sainte-Baume)
  • trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF).

Au-delà de la forêt domaniale et à l'échelle d'un territoire plus vaste, afin de concilier la diversité de ces enjeux et attentes, le Parc naturel régional de la Sainte-Baume a vu le jour le 20 décembre 2017, concrétisant ainsi la volonté des élus et associations de travailler ensemble.

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