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Entretien avec... Henri de Pracomtal : « L’ONF et nous, les tonneliers, sommes liés »

La France est leader sur le marché mondial de la tonnellerie. Comment expliquez-vous ce succès ?

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© ONF

La tonnellerie française se porte en effet très bien. Nous n'avons pas encore de statistiques sur l'année 2016, mais nous avons le sentiment que les marchés ont été globalement favorables. Cela s'explique notamment par d'importantes récoltes de qualité, particulièrement de vin, notamment pour les vins en provenance de Bordeaux, d'Italie, d'Espagne et de Californie. Il faut rappeler que la tonnellerie française est issue d'une tradition séculaire. Au cours des siècles, elle a accumulé un savoir-faire qui justifie, aujourd'hui encore, sa place de leader mondial. En outre, depuis près de trois siècles, la royauté française, puis la République, ont géré la forêt de façon à conserver ses réserves et à développer les hautes futaies. Depuis Colbert, notre matière première que sont les chênes à merrain est extrêmement bien gérée.

Que représente l’ONF pour votre activité ?


L'ONF est notre fournisseur majoritaire et s'avère un acteur essentiel si nous voulons obtenir les plus
beaux chênes. Grâce à sa gestion sylvicole à très long terme, l'Office a pu élever et entretenir de hautes futaies de grande qualité, tout comme nous, qui élevons de grands vins. Nous avons donc un intérêt à aller chercher notre matière première dans les grands massifs gérés par l'ONF, où la ressource est permanente et sans cesse renouvelée. Nous recherchons des chênes d'un certain âge, entre 120 et 180 ans, d'un certain diamètre et sans défaut... Nous sommes très exigeants sur la qualité car nos clients le sont également sur celle de nos barriques. L'ONF et nous, les tonneliers, sommes liés. L'ONF, pour valoriser sa ressource et nous, pour sécuriser nos approvisionnements.

Quelles perspectives de partenariat souhaitez-vous développer avec l’ONF ?

L'ONF et les tonneliers raisonnent à très long terme, or, la mise en marché de la ressource chêne se fait à court terme. C'est pourquoi nous pensons que notre partenariat pourrait évoluer vers une plus grande visibilité de la ressource future. Il serait également intéressant d'ouvrir le dialogue sur la nature de cette ressource, son grain, son origine. Cela nous permettrait de mieux répondre à certains besoins spécifiques de nos clients qui par exemple, souhaitent acheter leur bois dans une forêt spécifique. Nous aimerions aussi développer avec l'ONF une plus grande transparence sur la commercialisation du bois, notamment sur les prix de ventes lors des enchères, afin d'avoir une meilleure idée de la réalité du marché. La création récente du syndicat des merrandiers de France est l'occasion de mettre en place ces projets.

 

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