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Un remarquable patrimoine écologique et minier proche de Valenciennes

La forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers résulte de la fusion de trois forêts domaniales et d’une ancienne propriété des Houillères. Son patrimoine naturel et historique est exceptionnel et sa situation, aux portes de l’agglomération de Valenciennes, en fait un site particulièrement fréquenté. Un contexte que la gestion forestière doit concilier avec les impératifs de gestion sylvicole et de préservation de la biodiversité.

> La forêt dans son territoire

Illustration
© Bertrand Wimmers / ONF

La forêt domaniale de Raismes-Saint-Amand-Wallers est, après Mormal, la deuxième forêt la plus étendue du département du Nord. Située dans le bassin houiller, elle possède de nombreux témoignages de l’ancienne activité minière : les cônes des terrils (mont des Ermites, Goriaux, Sabatier) s’élèvent au-dessus des bois, alors que plusieurs étangs signalent les zones d’affaissement des anciennes galeries d’exploitation. La forêt fait partie du Parc naturel régional de Scarpe-Escaut.

Ce contexte particulier, où le milieu naturel s’imprègne de l’histoire du site, est à l’origine d’une richesse écologique exceptionnelle. La forêt est classée en zone Natura 2000 au titre de la protection de l’habitat de plusieurs espèces d’oiseaux fréquentant les milieux aquatiques (Sarcelle d’hiver, grèbes, Gorgebleue à miroir...) ou le terril Sabatier (Petit Gravelot). De nombreuses espèces d’amphibiens (tritons, crapauds, grenouilles...) sont aussi présentes.

Quatre réserves biologiques ont été créées. Trois ont une vocation scientifique et leur accès est réglementé. Parmi elles, la réserve biologique intégrale de Cernay a pour objectif de laisser vieillir une chênaie centenaire et d’étudier son évolution lorsque l’homme n’intervient plus. La quatrième a été aménagée autour de la mare à Goriaux dans un but éducatif.

> Les forestiers en action

Plus de la moitié de la forêt est occupée par des peuplements en Chêne pédonculé issus des régénérations qui ont suivi les coupes rases de la Première Guerre mondiale. La sylviculture menée aujourd’hui privilégie le Chêne sessile, plus adapté aux sols et au changement climatique.

Située à proximité immédiate de l’agglomération de Valenciennes et de plusieurs villes (Saint-Amand, Condé-sur-l’Escaut), la forêt accueille près de trois millions de visiteurs chaque année. Un contrat de forêt a été passé avec les collectivités locales et les autres acteurs du territoire (associations, PNR...). Les actions menées cherchent à orienter le public vers des sites aménagés en périphérie (mare à Goriaux, site Sabatier) pour limiter la fréquentation au cœur du massif et ainsi protéger les milieux naturels fragiles.

Les forestiers cherchent aussi à concilier l’exploitation forestière et la préservation des paysages. Une attention particulière est portée au traitement des lisières, notamment le long des allées (les "drèves") et des routes. Les zones d’exploitation sont réparties sur l’ensemble du massif afin d’en réduire l’impact visuel. Les secteurs les plus fréquentés sont traités en futaie irrégulière, comme par exemple autour de la mare à Goriaux.

De nombreuses mesures en faveur de la biodiversité sont associées aux pratiques sylvicoles : maintien d’un sous-bois et d’essences variées, travaux mécanisés interdits durant les périodes de nidification sur certaines parcelles... Des îlots de vieux bois, répartis dans la forêt, sont conservés pour favoriser les oiseaux cavernicoles (pics) et les insectes liés au bois mort.

La pratique de la chasse est nécessaire pour réguler le nombre de chevreuils et de sangliers, et limiter les dommages causés par les animaux sur les parcelles en régénération.

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165 km de sentiers et 60 km de routes et pistes forestières sont accessibles au public, dont l’allée des Hêtres bordée d’arbres bicentenaires, et la tranchée d’Arenberg célèbre pour ses pavés qui voient passer chaque année la course cycliste Paris-Roubaix. Des sites sont aménagés avec parkings, tables de pique-nique, panneaux d’information, sentiers... Un camping est situé au nord de la forêt, près du mont des Bruyères, ainsi qu’une auberge très accueillante, l’auberge du Lièvre.

Plusieurs circuits permettent de découvrir le patrimoine minier (site Sabatier, circuit des Mineurs) et naturel (sentier du Coucou, mare à Goriaux). Si la plupart de ces boucles, de courte distance, sont praticables en famille, certaines ont un profil sportif plus affirmé pour les amateurs de randonnée pédestre, à VTT ou à cheval. La forêt est également traversée par le GR 121 et par le GR de Pays du bassin minier.

Au-delà des vestiges miniers de la forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers, de nombreux sites patrimoniaux sont visibles dans la région (fosses d’extraction, terrils, quartier d’habitation, gares...). Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est inscrit depuis juin 2012 au patrimoine mondial de l’Unesco.

  • Situation : département du Nord (59) sur les communes de Saint-Amand-les-Eaux, Raismes, Hasnon, Escautpont, Odomez, Wallers et Bruay-sur-Escaut
  • Altitude : de 16 à 40 m (103 m pour le terril Sabatier)
  • Surface : 4.977 ha
  • Principales essences : Chêne pédonculé (55%), Pin sylvestre (11%), Bouleau (7%), Chêne rouge (5%), autres feuillus (10%), autres résineux (1%)
  • Aménagement forestier : durée de 20 ans, de 2010 à 2029.
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