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Une forêt emblématique par son histoire, son patrimoine naturel et paysager

La forêt domaniale de Mormal est le plus grand massif forestier du département du Nord. Epargnée par les grands défrichements du VIIe siècle, elle a été intégrée au domaine royal par les Francs, puis réservée aux chasses de la Couronne. Elle devient ensuite le fief des comtes de Hainaut qui installent en son centre un lieu de résidence (aujourd’hui le village de Locquignol) et y chassent. En parallèle se développent la vente de bois et l'élevage. A compter de 1678, l'Administration forestière réorganise la gestion des coupes de bois. Souvent réalisées sur de grandes surfaces, elles permettent d’alimenter les usines sidérurgiques de la région. De par son histoire, sa capacité de production et son patrimoine naturel et paysager, ce massif occupe aujourd’hui encore une place emblématique dans le patrimoine forestier régional.

> La forêt dans son territoire

Illustration
© ONF

Couvrant une superficie de 9.136 hectares, la forêt domaniale de Mormal est la troisième plus grande au nord de Paris, après les forêts domaniales de Compiègne et de Retz (Villers-Cotterêts). Paradoxalement, le taux de boisement du département du Nord n'est que de 9%, l'un des plus faibles de France.

Excentré des pôles urbains, ce massif à fréquentation de proximité s'inscrit dans un grand paysage composé essentiellement de pâtures, bocages et vergers, spécifiques de l'Avesnois et plus particulièrement du "Pays de Mormal", au sein du Parc naturel régional de l'Avesnois.

Bien que faiblement marqué, le relief est à l'origine d'un chevelu de petits ruisseaux qui s'écoulent vers la périphérie du massif depuis la ligne de crêtes centrale. La forêt est de ce fait un véritable château d'eau pour les communes de la plaine. Le sol est recouvert d'une épaisse couche de limons favorable aux chênes et aux hêtres.

Refuge naturel pour la biodiversité, la forêt de Mormal abrite de nombreuses espèces emblématiques : pics et rapaces diurnes ou nocturnes, chauve-souris, papillons forestiers, libellules, Grand Corbeau, Salamandre tachetée, tritons et grenouilles, Chat sauvage, Martre des pins... Les ruisseaux qui la traversent accueillent des truites, chabots, lamproies, indicateurs d'une qualité écologique de premier plan qui lui ont valu son inscription au réseau de protection des habitats européens Natura 2000.

> Les forestiers en action

Durant les deux dernières guerres, la forêt a beaucoup souffert, subissant des prélèvements brutaux et anarchiques, notamment entre 1914 et 1918, les Allemands allant jusqu'à déplacer des éléphants du zoo de Hambourg pour sortir les bois plus rapidement. En conséquence, les peuplements actuels issus de plantations réalisées après-guerre, majoritairement des chênes pédonculés, ont globalement tous le même âge.

Ces chênes, arbres de pleine lumière, doivent désormais être éclaircis pour les libérer de la concurrence, notamment des charmes et des hêtres. Et certains peuplements doivent être renouvelés compte tenu de leur âge et de leur sensibilité accrue au changement climatique.

Les régénérations naturelles sont privilégiées. En cas d'échec ou d'impossibilité, des plantations de chênes sessiles, plus résistants à la sécheresse, viennent compléter les semis naturels.

Malgré la régulation de la grande faune (cerfs, chevreuils et sangliers) réalisée par les chasseurs, les plantations doivent être clôturées pour les préserver de la dent des cervidés.

Depuis 2015, l'ONF travaille en partenariat étroit avec la Communauté de communes du Pays de Mormal et le Parc naturel de l'Avesnois pour améliorer les conditions et équipements d'accueil du public en forêt, préserver les ressources naturelles et sensibiliser les populations à la gestion forestière et à l'utilisation du bois local et durable dans le cadre d'une filière qui emploie 42.000 personnes en Région Hauts-de-France.

> Les forestiers vous recommandent

Ce vaste massif forestier offre aux amateurs de randonnée près de 250 km à parcourir à pied, en VTT ou à cheval. Le GR 122 et le GR de Pays de l'Avesnois traversent la forêt du nord au sud. Les cavaliers trouvent ici un terrain de prédilection, avec plusieurs circuits balisés. Il leur est demandé de rester sur ces itinéraires afin de limiter la pression sur le milieu naturel.

Plusieurs itinéraires familiaux sont balisés, tels que le sentier des Nerviens, au départ du carrefour du Blanc Cheval, ou le circuit des Pâtures, avec sa variante des Forestiers en herbe, autour du village de Locquignol.

Au sud, l'arboretum créé par l'ONF en 1969 abrite une soixantaine d'essences d'arbres de tous les continents. Sur place, un kiosque donne des informations pour préparer sa visite et une aire de détente et de pique-nique est aménagée au bord de l'étang David.

D'autres carrefours sont aménagés, comme le carrefour de la Grande carrière, avec l'auberge du Godelot, ou celui de la Touraille. De là, les pistes forestières vous conduiront inévitablement vers l'un de ces lieux au nom mystérieux (l'Homme de pierre, l'Homme pendu, le Chêne la Guerre, sentiers de la Sorcière et du Garde perdu...) qui témoignent de la longue histoire de la forêt.

Amateurs de champignons, la cueillette en forêt est réglementée et réservée à un usage uniquement familial !

  • Situation : département du Nord, sur les communes de Locquignol, Hargnies, Landrecies, Pont-sur-Sambre, Preux-au-Bois et Sassegnies
  • Altitude : 155 m
  • Surface : 9.141 ha
  • Principales essences : chêne pédonculé (54%), hêtre (17%), charme (15%), frêne (3%), autres feuillus (11%)
  • Aménagement forestier : durée de 20 ans, de 2014 à 2033.
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