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A la découverte Quand le laser dévoile les secrets des sous-bois de la forêt de Haye (Meurthe-et-Moselle)

Forestiers, archéologues et chercheurs ont réuni leurs compétences autour d’un projet d’envergure : la cartographie par Lidar, un outil de détection et de mesure à distance par laser de la forêt de Haye.

Ce projet est le plus important lancé à ce jour dans les forêts françaises !

Vue de la forêt de Haye avec le Scan Laser Lidar
Vue de la forêt de Haye avec le Scan Laser Lidar © IGN

La forêt de Haye est passée au scanner en 2007

L'histoire commence au printemps 2007. Un petit avion, affrété par l'ONF, la Drac de Lorraine et l'Inra, survole lentement et à basse altitude la forêt de Haye. A son bord, un Lidar (LIght Detection And Ranging), outil perfectionné de détection et de mesure à distance par laser. Sa précision horizontale et verticale est de l’ordre du décimètre.

Pendant deux jours, le laser va scanner les 11.000 ha de cette forêt lorraine. Comme avec un scanner médical, il permet d'obtenir une image en trois dimensions et fournit une cartographie très précise de la végétation forestière et des reliefs, même ceux cachés sous le couvert.

On obtient une image du sol similaire à celle que l’on aurait si tous les arbres étaient enlevés. Une révolution en archéologie forestière puisque jusqu’à maintenant la "vision" sous les arbres était impossible !

La première carte micro-topographique d'un grand massif français voit ainsi le jour, qui rend possible une meilleure connaissance d’une forêt péri-urbaine très fréquentée et riche en diversité végétale.

Une technologie révolutionnaire au service de la gestion

Le Lidar aéroporté va révolutionner l'archéologie forestière mais aussi, à terme, changer la gestion forestière.

Le principe en est simple : un émetteur-récepteur mobile de rayons laser balaye l'espace. Au contact d'un élément - sol, arbre - le rayon est renvoyé en direction du Lidar. La position précise de chaque point du sol ou de la végétation rencontré est ainsi calculée et enregistrée.

Les traitements ultérieurs permettent de dresser des cartes et d'estimer les caractéristiques dendrométriques des arbres ou des peuplements : hauteur, surface, volume.

Porteur du projet à l'ONF, Jérôme Bock, responsable du pôle Recherche et Développement, surveille la livraison des derniers résultats avec impatience : « L'intérêt pour le forestier se situe dans trois domaines : l'inventaire, l'aménagement et la mise en valeur du patrimoine. Aujourd'hui nos prestataires Lidar sont submergés par les demandes. L'ONF en demande forcément plus que les autres car non seulement nous attendons le calcul précis de la position des arbres mais mais nous pourrons les inventorier et mesurer leur volume par télédetection. »

Des révélations à la clef

Cette collaboration entre l’Inra, l’ONF et le Service régional d’archéologie de Metz a permis le lever du plus grand cadastre gallo-romain connu en Europe !

La cartographie du terrain a en effet révélé un vaste réseau d’anciens chemins, de parcelles agricoles et d’habitations datant de l’époque gallo-romaine.

Une révolution en archéologie forestière qui pourra être appliquée à l’ensemble des sites forestiers français recèlant des vestiges archéologiques.

 


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