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Une présence humaine de longue date

Fréquentée par les rois de France, célébrée par les peintres, exploitée par les carriers... la forêt de Fontainebleau a accumulé, au fil des siècles, un important patrimoine historique et culturel. Plus que toute autre, elle est chargée de symboles et d'histoire.

> Des traces de la préhistoire

Très peu habitée à cause de l'aridité du sol et de l'absence d'eau, la forêt a été néanmoins très fréquentée depuis la préhistoire. En témoignent les éclats de silex datant du paléolithique et les nombreuses traces d'art rupestre attribuées au mésolithique (-8000, - 5500 avant J-C).

La forêt compte ainsi plus de 200 sites répertoriés où sont gravés des motifs le plus souvent géométriques. Leur signification n'est pas connue.

 

 

Le sentier de l'art rupestre retrace les différentes périodes des gravures dans la forêt
Le sentier de l'art rupestre retrace les différentes périodes des gravures dans la forêt © Anne-Marie Granet / ONF

> Une forêt exploitée depuis longtemps

Les chemins étaient aménagés pour l'exploitation des carrières de grès de la forêt
Les chemins étaient aménagés pour l'exploitation des carrières de grès de la forêt © Anne-Marie Granet / ONF

Autrefois appelée forêt de Bière, la forêt de Fontainebleau a fait partie du domaine royal à partir du Xe siècle. A ce titre, elle a été aménagée pour la chasse (routes, site du Grand Parquet pour le tir des faisans...) et pour la production de bois.

  • Des droits d'usage

Les riverains venaient en forêt pour prendre du bois, mettre en pâture les bovins ou mener les porcs à la glandée. En contrepartie, ils devaient payer des droits d'usage.

  • Coupes de bois et plantations

Entre exploitations anarchiques, délits, dégâts de gibier..., la forêt ne couvrait plus au XVIIe siècle que la moitié de sa surface actuelle, le reste étant constitué de landes parsemées de maigres bosquets.

Pour restaurer la forêt, une première "réformation" organise dès 1664 les exploitations de bois et les plantations. Les règlements d'exploitation successifs et les plantations de feuillus et de pins au XIXe siècle donneront progressivement à la forêt sa physionomie actuelle.

 

  • Des carrefours en étoile pour la chasse

Dans certaines zones, les allées forestières se rejoignent et forment des carrefours en étoile caractéristiques, comme le carrefour des Grands feuillards.

Aménagés pour la chasse à courre, ils permettent, depuis le centre de l’étoile, l'observation rapide d’un vaste canton de forêt.

  • Dès le XIVe siècle, les carriers arrivent en forêt

Pendant longtemps, les carriers de Fontainebleau ont exploité les bancs de grès et alimenté notamment Paris en pavés.

Sous Louis-Philippe, on compte environ un millier de carriers installés en forêt, chacun ayant le droit d’extraire un maximum de 12.000 pavés par an. L'activité commença à décliner avec l'augmentation du trafic sur les chaussées parisiennes. Le granit et le macadam étaient alors plus à même de supporter l'intense trafic routier.

Des bornes royales

A l'origine, le domaine royal était ceinturé de murs. Dès le XVe siècle, des bornes sont utilisées à la place du mur. Près de 1.050 bornes sont encore visibles en forêt.

> Les artistes de l'école de Barbizon

A partir du XIXe siècle, des artistes sortent de leur atelier et expriment sur leurs toiles les émotions procurées par les paysages. La forêt de Fontainebleau, à la fois mystique et romantique, mais aussi les alentours plus agricoles, inspirent de nombreux artistes comme François Millet, célèbre pour son Angélus et Les Glaneuses.

Des hommages aux artistes

Le médaillon Millet-Rousseau
Le médaillon Millet-Rousseau se trouve à proximité du village de Barbizon

Situé sur un rocher à proximité de Barbizon, le médaillon Millet-Rousseau rend hommage aux deux maîtres de l’Ecole de Barbizon, qui reposent aujourd'hui dans un cimetière proche du village de Chailly-en-Bière.

Le peintre Paul Merwart venait lui aussi souvent peindre en forêt de Fontainebleau. Au niveau de la caverne d'Augas, une plaque honore cet artiste qui fut le peintre officiel du ministère des Colonies puis de la Marine.

> L'essor du tourisme

Couverture 11ème édition : cette onzième édition paraît en 1855. C’est dire le succès des guides Denecourt
Couverture 11ème édition : cette onzième édition paraît en 1855. C’est dire le succès des guides Denecourt

Dans les années 1830, un ancien sergent napoléonien, Claude-François Denecourt, invente le tourisme vert. Impressionné par les beautés de la forêt, il crée 150 km de sentiers bleus pour faire découvrir la forêt et ses paysages pittoresques. Le premier guide intitulé "Guide du voyageur dans la forêt de Fontainebleau" sort en 1839.

L’arrivée du chemin de fer jusqu’aux portes du massif, dès 1849, accroît la fréquentation touristique de la forêt.

Ressources