+ de critères

 

actu Une gestion des lisières favorables aux insectes pollinisateurs
20/07/15 Deux-Sèvres

La forêt de Chizé sert de terrain d’expérience pour le traitement des lisières favorables au développement des insectes pollinisateurs. La forêt est l’un des derniers abris pour ces insectes qui font l’objet de nombreuses mesures de protection car leur rôle est majeur dans le fonctionnement des écosystèmes. Une richesse encore insoupçonnée qui mérite la mise en place d’études approfondies.

  • Décrire le mode de traitement des lisières le plus efficace pour les insectes pollinisateurs

Ce projet doit permettre de tester des modalités de traitement de lisières avec les outils mécaniques courants pour maximiser l'abondance et la diversité des insectes pollinisateurs. Les itinéraires techniques testés doivent permettre d'améliorer la compréhension du fonctionnement des interfaces entre parcelles boisées et annexes forestières pour accroitre l'accueil des insectes pollinisateurs.

Ce projet s'inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale pour la Biodiversité définie par le ministère de l'Ecologie et du Développement durable en contribuant à la mise en œuvre concrète d'actions définies comme prioritaires dans le Plan national d'actions (PNA) en faveur des insectes pollinisateurs sauvages. 

  • Utiliser les bords de piste pour favoriser les zones d'accueil

Généralement, les bords de piste sont travaillés pour assurer la sécurité et assainir les infrastructures. Ils constituent de bonnes opportunités pour favoriser des lisières larges, sans pénaliser les espèces forestières d'intérieur.

  • Deux modes d'intervention d'entretien des lisières sont en cours de test :
  • La mise à ras de certaines parties de la lisière. Il s'agit ici de rétablir des zones de végétation basse (intermédiaire entre la prairie et les buissons) en créant des encoches dans la lisière forestière
  • La diminution du couvert forestier, en abaissant la densité des arbres sur une profondeur de 5 m. L'arrivée de la lumière sur le sol stimulera le tapis herbacé.

Le test est réalisé sur des peuplements denses, a priori les moins favorables aux insectes. Afin d'être complet, les sites ont été choisis pour balayer l'ensemble des expositions : Nord, Sud, Est, Ouest.

  • Une collaboration avec le CNRS

Cette étude réunit forestiers de l'ONF Poitou-Charentes et scientifiques du CNRS de Chizé. Ces derniers ont établi le protocole de l'expérience en définissant le nombre de tests et les conditions scientifiques de réalisation pour que les résultats soient pertinents. Le dispositif va permettre de suivre l'évolution des insectes et de la végétation.

Les équipes locales ONF réalisent les travaux et collectent les insectes. Ils seront ensuite envoyés à Quillan au pôle national d'entomologie forestière de l'ONF pour déterminer les différentes espèces. Enfin, les informations brutes seront adressées au CNRS qui se charge de l'analyse statistique des données.

"Les inventaires vont se dérouler sur 3 périodes : printemps, début d'été, fin d'été. Au vu des résultats, l'ONF et le CNRS décideront de la poursuite de l'étude pour encore deux années. Trois ans permettraient sans doute de mieux appréhender l'évolution des insectes et de la végétation" explique Yann Rolland, responsable du service forêt de l'ONF Poitou-Charentes.

Ressources