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La commercialisation des bois

En Corse, la plupart des forêts productives se situent en altitude et sont gérées par l’ONF. C'est un défi technique et un enjeu économique. En 2006, les 45.000 m3 de bois vendus par l’Office ont rapporté 2 millions d'euros à la Collectivité Territoriale de Corse et aux communes forestières bénéficiant du régime forestier. Un résultat obtenu grâce à une bonne adaptation aux particularités de la filière bois corse.

Les bois commercialisés par l’ONF

Le pin maritime, le pin laricio, le sapin, le hêtre et le chêne vert sont les principales essences commercialisées par l'ONF en Corse.

Le pin laricio demeure l'arbre roi. Il est utilisé comme bois d'œuvre et ses plus belles billes sont exportées vers l'Italie. En 2006, 90% des 25.000 m3 mis en vente ont été achetés, à 60 euros/m3 en moyenne.  Ce qui confère au pin laricio de Corse la place du résineux le mieux vendu en France.

Le pin maritime corse, lui, s'est vendu à 10 euros/m3 à l'automne 2006. 80% de la récolte est demeurée invendue : l'essence est la première à être utilisée dans le fabrication de plaquettes bois énergie.

Depuis quelques années, les cours du sapin sont en progression. En 2006, il s'est vendu à 30 euros/m3. Cette évolution est liée au développement de la charpenterie industrielle, qui utilise le sapin pour faire de la fermette. Actuellement, trois scieurs corses en fabriquent.

Quant aux feuillus, hêtre et chêne vert, ils sont surtout utilisés comme bois de chauffage. Une partie est exportée en Sardaigne à cette fin. La demande en bois de feu est en fort accroissement.

Le contexte corse

Situées dans l'ensemble au dessus de 1.000 m, les forêts productives corses demeurent difficiles d'accès. Les routes les desservant sont rares et souvent interdites aux poids lourds.

A l'intérieur des massifs, les chemins de desserte forestière sont également peu développés. C'est pourquoi, sur les 150.261 ha de forêts publiques, seul un tiers est susceptible d'être exploité.

L'insularité a elle aussi des conséquences majeures sur l'exploitation des bois en Corse. Le coût du transport limite en effet les entreprises au marché intérieur.

Un marché de 260.000 habitants, qui ne permet pas, par exemple, d'amortir l'investissement nécessaire à la création d'une ligne de production de lambris ou de parquet. Ces produits sont donc importés du continent et le pin maritime corse relégué à des utilisations plus ordinaires (palette, bois énergie, etc.).

S'adapter à la filière bois

Compte tenu de la taille du marché et des difficultés d'exploitation, la filière bois est structurée en petites unités de transformations en Corse.

Cinq scieries se répartissent l'essentiel des ventes. La plus grosse, avec 18.000 m3/an, est six fois plus importante que ses concurrents.

Une situation qui laisse peu de marge de manœuvre dans la constitution des lots de bois.
« Pour amortir les coûts d'installation d'un chantier, il faut constituer des lots de plus de 600 m3,  explique Michel Rabier, responsable de la commercialisation de bois à l'ONF Corse. Cela permet à une équipe de bûcherons et à un débardeur de travailler pendant au moins deux semaines continues.

Parallèlement, la taille des scieries ne permet pas de mettre vente des lots de plus de 1.000 m3 : il n'y aurait plus de concurrence lors des enchères. »
L'estimation des volumes et la constitution des lots constituent donc un travail à fort enjeu.

L'expertise apporté par les agents de l'ONF dans ce domaine est déterminante pour l'équilibre de la filière bois corse.

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