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Notre rôle au coeur de la société

L’ONF est devenu un agent engagé pour la préservation, l’entretien et la mise en valeur des sites archéologiques comme des petits monuments ruraux, qui témoignent du riche passé culturel et de l’histoire de l’Alsace.

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Au cours d'une opération de martelage en forêt communale de Goerlingen (Bas-Rhin), en 2006, le regard du chef de triage de l'ONF est attiré par le relief particulier du terrain : il vient de repérer un champ de tumulus inconnu à ce jour.

L'information va circuler rapidement : alertée, une association locale d'archéologie, après un repérage sur le terrain, transmet l'information au Pôle archéologique interdépartemental rhénan (créé par les Conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin). À son tour, celui-ci rendra compte à la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles).

La carte des sites culturels d'Alsace vient de s'enrichir d'une nouvelle implantation.

La rencontre de deux mondes

Les deux mondes - celui des agents de l'ONF et celui des archéologues - travaillent ainsi ensemble depuis une dizaine d'années, depuis qu'une enceinte datant de l'âge du fer a été involontairement endommagée lors d'une exploitation.

Depuis, des formations ont été organisées par grands secteurs archéologiques alsaciens pour aider les personnels ONF à connaître l'histoire de leur région, les types de vestiges archéologiques présents en forêt, mais surtout à interpréter ce qu'ils rencontrent lors de leur travail quotidien. Au contact des archéologues, ils apprennent à lire le terrain afin que leur regard s'exerce à découvrir ce qu'il ne voyait pas auparavant.

De cette coopération entre agents forestiers et archéologues est née toute une démarche de l'ONF pour préserver et mettre en valeur les richesses culturelles que recèlent les forêts alsaciennes: les sites archéologiques, mais aussi les petits monuments ruraux (chemins de croix, calvaires, chapelles, croix de bûcheron commémorant un décès en forêt) ou bien des rochers, fontaines, pierres gravées ou sites particuliers auxquels sont rattachés des légendes qui abondent en forêt alsacienne.

Des richesses réparties sur tout le territoire

Comme celui de Goerlingen, près de 1.200 sites archéologiques sont répertoriés à ce jour en forêt publique alsacienne, auxquels s'ajoutent un nombre indéterminé de sites historiques et légendes.

Les sites archéologiques concernent toutes les époques, de la préhistoire à la Seconde Guerre mondiale :

  1. Préhistoire : tumulus, enceinte de hauteur, grottes, carrières de pierre
  2. Période gallo-romaine : villas, voies romaines, nécropoles, bornes millénaires
  3. Moyen-âge : châteaux, mottes castrales, villages disparus, abbayes...
  4. Anciennes mines, du gallo-romain jusqu'au XIXe siècle
  5. Vestiges de fermes mennonites des XVIIIe et XIXe siècles
  6. Première Guerre mondiale : blockhaus, abris, tranchées, cimetières militaires, lignes de chemin de fer disparues.
  7. Seconde Guerre mondiale : Ligne Maginot.

D'autre part, trois grands sites sont inscrits ou classés au titre du ministère de l'Environnement : le Massif des Vosges et celui du Schlucht Hohneck (sites inscrits) et le Ballon d'Alsace (site classé), auxquels s'ajoutent d'autres sites plus petits.

Entrent aussi dans le domaine des richesses culturelles les 264 arbres remarquables et 20 peuplements remarquables.

Plusieurs types d’action

Pour l'ONF, préserver et mettre en valeur ces lieux de mémoire passe par plusieurs types d'action :

  1. Apprendre à connaître et à reconnaître permet, dans l'aménagement et l'exploitation des forêts publiques, de ne pas détruire des témoignages qui constituent une sorte de bibliothèque dont la lecture pourra n'intervenir que bien des décennies après... et que la forêt contribue elle-même à protéger. Par exemple, lors de la rédaction des aménagements forestiers qui guident la sylviculture (choix des essences et conduite des coupes), le rédacteur peut, à partir de sa connaissance des sites, inclure des recommandations adaptées à la forêt pour en conserver ou en valoriser le patrimoine.
  1. Préserver peut signifier éliminer des arbres qui en se déracinant endommageraient des vestiges, entretenir les abords de monuments, ou bien éradiquer la végétation qui, en se développant, décèlerait des pierres...
  1. La mise en valeur peut prendre différents aspects : couper certains arbres pour dégager visuellement les abords d'un monument, d'une enceinte ou d'un chemin creux ; guider la sylviculture en procédant à des éclaircies ciblées sur certains arbres pour privilégier le développement de la couronne de quelques sujets : arrivés à maturité, ils offriront un cadre majestueux à tel calvaire ou chapelle et conserveront ainsi l'esprit des lieux....
  1. Le choix d'essences ombrageantes comme le Hêtre, le Charme, le Tilleul ou le Sapin, contribue aussi à la préservation et à la mise en valeur de parcelles riches en témoignages culturels. En fermant le couvert forestier par ces essences, on évite le développement d'une végétation arbustive qui masque le micro-relief du sol ou bien, comme avec le Hêtre, on obtient une litière qui « moule » et met en évidence ce relief.

Certaines de ces règles rendent l'exploitation ponctuellement difficile pour les forestiers (on peut citer en exemple le fait de ne pas faire passer une piste d'exploitation sur un site archéologique repéré ou l'abattage directionnel pour éviter un mur d'enceinte). Leur respect est aussi la marque de leur attachement à leur territoire.

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