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Notre action en faveur de l'environnement

Attaques de parasites et aléas climatiques ont toujours existé, mais leur fréquence ces dernières décennies a conduit à créer des réseaux d’observation qui permettent d’intervenir le plus tôt possible en amont afin de prévenir plutôt que de subir.

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Les Alsaciens se souviennent certainement de leur surprise, il y a quelques années, à la découverte de ces arbres totalement dénudés dès le printemps : les peuplements avaient été victimes de chenilles qui les avaient totalement dépouillés de leurs premiers feuillages.

Si de telles attaques ne sont pas toujours catastrophiques pour les forêts, celles-ci ne peuvent rien cacher des problèmes phytosanitaires ou des épisodes climatiques extrêmes auxquels elles ont été ou sont confrontées. Chaque arbre en porte définitivement la marque et, à ce titre, représente un bio-indicateur très précieux. La dendrochronologie permet de retrouver ces événements au fil de la vie des arbres en lisant les messages enregistrés dans la succession des cernes d'accroissement.

« Les attaques de parasites ou les aléas climatiques ont toujours existé, rappelle Cécile Dubois-Coli, de la direction territoriale de l'ONF Alsace, mais les phénomènes récents n'en frappe pas moins les esprits... et les forêts. » Dans le Nord-Est de la France, 750.000 m3 de bois de résineux ont été atteints en 2004 par des attaques de scolytes, un niveau record depuis 1989, et les conditions climatiques qui se profilent peuvent multiplier les risques.

Une succession d’attaques sanitaires

Si l'on remonte aux seules dernières décennies, les problèmes sanitaires qui ont frappé les forêts alsaciennes ne manquent pas :

  • dépérissement des ormes durant les années 1970/80 par la graphiose, une maladie provoquée par un champignon propagé par un coléoptère
  • phénomène dit des "pluies acides", dans les années 1980, dont les causes, encore présentes, se sont avérées complexes et multiformes : sécheresse de 1976, pollution, dépôts atmosphériques, carence nutritive
  • dépérissement du chêne pédonculé et du charme en plaine d'Alsace dans les années 1990 par la combinaison des sécheresses estivales de 1989 à 1993, de la modification du régime hydrologique des cours d'eau, de l'augmentation des populations de chenilles défoliatrices et de choix d'essences d'arbres inadaptées
  • attaque des chênes par le bombyx disparate dans le massif de Haguenau qui, localement, a fortement ouvert certains peuplements
  • tempête du 26 décembre 1999 qui, outre le très fort cubage de chablis, a été suivi d'attaques de parasites aussi bien sur les épicéas que sur les hêtres, les pins sylvestres ou les chênes
  • sécheresse canicule de 2003 qui a provoqué des dépérissements soit par stress hydrique, soit par la pullulation de parasites.

Tous ces épisodes marquent durablement la forêt avec d'immédiates conséquences environnementales, sociales et paysagères ainsi qu'économiques du fait de la dépréciation des bois au moment de leur exploitation.

Comprendre pour mieux prévenir

Pour comprendre ces phénomènes et, autant que faire se peut, intégrer à la gestion forestière des mesures spécifiques, l'ONF a mis en place en Alsace dès 1983 un système d'observation fondé sur un ensemble de placettes permanentes, le "réseau bleu". En même temps, le programme de recherche Deforpa a mis en évidence l'imbrication des causes dans les phénomènes de dépérissement avec des facteurs prédisposants (sols, dépôts polluants...), déclenchants (sécheresse, alternances brutales de périodes sèches et humides...) et aggravants (champignons et insectes ravageurs).

Dix ans plus tard, le réseau bleu a été remplacé par les réseaux européens de suivi des dommages forestiers : le réseau systématique qui compte une placette tous les 16 km soit 15 placettes en Alsace et le réseau national de suivi à long terme des écosystèmes forestiers (Renecofor) qui comprend 5 placettes sur la région.

En parallèle, le Département de la santé des forêts (DSF) a été créé au ministère de l'Agriculture en 1989. Il assure une veille phytosanitaire et anime un réseau de forestiers spécialisés, les correspondants-observateurs qui réalisent des fiches d'observation à partir des informations qui remontent de tous les personnels techniques de l'ONF. En Alsace, neuf correspondants-observateurs sont en activité, dont sept sont des personnels de l'ONF.

L'ONF Alsace a aussi créé en 1994 l'Observatoire écologique de la Harth pour étudier le dépérissement de la chênaie de plaine, avec un financement européen à travers le programme communautaire Interreg, tant les interrogations sur la santé des forêts sont les mêmes de part et d'autre du Rhin.

Les observations de ces réseaux, comme les recherches menées par l'Inra pour comprendre les phénomènes de dépérissements sont primordiales. Elles permettent d'intervenir si possible en amont afin de prévenir plutôt que de subir les attaques phytosanitaires.

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