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Focus Des pins à crochet pour aider le grand tétras

Au cœur des Pyrénées-Atlantiques, des étudiants ont mené un projet visant à favoriser la présence du Grand tétras, un oiseau classé en forte régression.

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© Christian Hudeley / ONF

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Issarbe, Pyrénées-Atlantiques © Christian Hudeley / ONF
Au sud des Pyrénées-Atlantiques, à l'orée de la frontière espagnole, un projet original a vu le jour à Lanne-en-Barétous. A l'automne 2017, 260 pins à crochet ont été plantés afin d'aider le grand tétras à se nourrir, et favoriser ainsi sa survie et son développement. Cet oiseau, classé vulnérable sur la liste rouge de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), est encore présent dans quelques régions françaises. On le trouve dans les Vosges, le Jura, et les Pyrénées. Le secteur d'Issarbe est l'actuelle limite Ouest de l'aire de répartition du Grand Tétras en Pyrénées-Atlantiques.
Le projet, initié par l'ONF en partenariat avec la commune et le lycée Jean Errecart, entre dans le processus de validation du BTSA « Gestion et protection de la nature » des étudiants. Cette opération, ils l'ont menée du début à la fin : de l'analyse des besoins, à la rédaction d'un cahier de clauses techniques, jusqu'à la plantation des arbres sur deux jours.

Alimenter cette espèce en forte régression

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© Christian Hudeley / ONF
Les zones de travaux d'amélioration trophique sont repérées dans un premier temps par le Groupe Tétras 64 qui comprend tous les organismes s'occupant des enjeux Tétras. « Lors des travaux, des indices ont été repérés (déjections et coup de becs sur des aiguilles) ce qui a confirmé aux élèves l'intérêt de leur travail », note Ramuntcho Tellechéa, technicien forestier à l'unité territoriale de Mauléon.
Vulnérable, le Grand Tétras est la cible de rapaces comme l'Aigle, l'Autour des palombes, ou le Grand Duc. Pour survivre, il doit se nourrir, sans trop se fatiguer. Pesant en moyenne 3.5 kilos pour le mâle, ce gallinacé peine à affronter les périodes hivernales s'il n'a pas trouvé assez de calories. D'où la décision de planter des pins à crochet, dont les aiguilles constituent une ressource alimentaire précieuse pour lui. Le pin crochet et le pin sylvestre sont des essences vers lesquelles se tourne facilement le tétras, avant le sapin. L'objectif des plantations est de tout mettre en œuvre pour qu'il reste dans le secteur, en lui fournissant une alimentation pour la période hivernale.

Possible reconduite de l’action

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Plantation et mise en défens des pins par les élèves. © Christian Hudeley / ONF
Afin de protéger les arbres contre les attaques extérieures, notamment celles du gibier, les étudiants se sont appliqués à mettre en défens chaque pin planté. « La mise en défens consiste à protéger chaque arbre individuellement avec des branches et des troncs », explique Christian Hudeley, également technicien forestier.
Une visite sur le site est prévue au printemps, pour évaluer le niveau de reprise. Elle sera l'occasion d'observer le démarrage de la végétation et de renforcer les dispositifs de protection des arbres. L'action devrait être reconduite avec un développement du partenariat. Il est question d'élargir la zone plantée avec 500 plants supplémentaires.

De nombreuses actions pour le Grand tétras

Dans les Vosges également, l'ONF est mobilisé pour la sauvegarde du Grand tétras. Le 12 janvier 2017, l'Office a renouvelé son partenariat avec le Groupe Tétras Vosges (GTV). Avec une centaine d'oiseaux présents dans le massif vosgien, l'espèce reste en danger. Sa tranquillité est menacée par la fréquentation importante du territoire, et sa survie, par la rareté de la nourriture en hiver.
Le partenariat entre l'ONF et GTV vise à zoner et canaliser les fréquentations en forêt. Des mesures sont également prévues pour empêcher la prolifération du gibier là où le grand tétras est présent.

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